mardi 23 juillet 2019 11:50:46

Pièces archéologiques : Halte au trafic !

Boussaâda, mise en exergue à Tlemcen

PUBLIE LE : 25-04-2019 | 0:00
D.R

Une affluence considérable de visiteurs a marqué, lundi, l’ouverture des activités du mois du patrimoine, au musée public Abdelmadjid-Meziane de Chlef, sous le signe «sécuriser le patrimoine culturel». Dans son intervention à l’occasion, la directrice de la culture de la wilaya, Fatima Bekara, s’est félicitée de l’«affluence nombreuse des citoyens», reflet, pour elle, de leur «intérêt pour leur patrimoine culturel».  L’opportunité a donné lieu à la tenue, au niveau du hall du musée, d’une exposition de produits de l’artisanat local, ainsi que de vestiges historiques, mis à jour dans la région avec l’aide des services de sécurité, outre des outils utilisés dans différentes fouilles archéologiques. Elle a souligné le rôle dévolu au citoyen dans la «sauvegarde du patrimoine culturel», notamment contre la contrebande d’objets ou de vestiges archéologiques, «classée à la 3e place mondiale, en terme de revenus, après le trafic d’armes et des drogues», a-t-elle informé. Mme Bekara s’est félicitée, à cet effet, du développement d’une «certaine prise de conscience chez les citoyens quant à la valeur du patrimoine archéologique».
Elle a cité, pour preuve, une découverte archéologique mise à jour, dernièrement, au lieu dit «Skassik», dans la commune de Oued Fodda, grâce à un citoyen, qui a signalé avoir trouvé une jarre de l’ère romaine dans sa ferme. Suite à quoi une première inspection des lieux a démontré qu’il s’agit du premier atelier de poterie romaine découvert en Algérie, dans l’attente de la réalisation d’autres fouilles plus poussées.   De nombreux citoyens rencontrés, sur place, par l’APS, ont salué l’organisation de cette manifestation, devenue une tradition annuelle visant la «valorisation du patrimoine culturel et sa promotion auprès des nouvelles générations». Outre l’animation de communications sur la sauvegarde du patrimoine culturel et la lutte contre le trafic de pièces archéologiques, la première journée de la manifestation a, aussi, donné lieu à la tenue d’une exposition mettant en exergue les moyens mobilisés par le commandement de la Gendarmerie nationale, comptant huit unités régionales et deux brigades spéciales à Djanet et Guerarra, dans sa lutte contre ce trafic.  Selon les données fournies, sur place, par le commandant Brahim Bensifi, les services de la gendarmerie nationale, à l’échelle nationale, ont traité 44 affaires liées au trafic de pièces archéologiques, en 2018, ayant abouti à l’arrestation de 53 personnes et la récupération de 963 biens culturels.  Il a, également, fait part du signalement de la découverte de 15 sites archéologiques. A noter la programmation, au titre de ce mois du patrimoine, d’un stage de formation, début mai prochain, au profit des agents de sécurité affectés à la surveillance de sites archéologiques classés.

Boussaâda, mise en exergue à Tlemcen    

Ailleurs, les traditions du mariage de Boussaâda, les habits traditionnels féminins et masculins des Ouled Nail, ainsi que des copies d’œuvres du célèbre peintre Nasreddine Dinet ont été mis en exergue lors d'une exposition organisée au palais royal d'El Mechouar, à Tlemcen, dans le cadre du mois du patrimoine qui s’étale du 18 avril au 18 mai. Le centre national d’interprétation du costume traditionnel algérien a abrité une exposition d’œuvres d’arts présentée par le musée national   Etienne-Dinet de Boussaâda. «Le jeu de fillettes», «le départ à la Mecque»,   «les guetteurs», «les fils du saint Mrabet», «le Mehari» et d’autres œuvres du célèbre peintre orientaliste. Ces œuvres qui reflètent l’authenticité de la ville de Boussâada ont subjugué le public tlemcenien dont beaucoup découvrent, pour la première fois, les œuvres de ce grand artiste qui a passé une longue partie de sa vie à Boussâada. La délégation de Boussâada a, à cette occasion, offert gracieusement de nombreuses copies reproduites des œuvres de Nasreddine Dinet au public   présent au palais royal. Les habits traditionnels nailis, dont les fameuses blouses portées dans diverses occasions par les femmes de cette région, ainsi que les produits de beauté naturels tels que le k'houl, le misk et des bijoux ont été également mis en avant devant le nombre de visiteurs qui n’ont pas tari d’éloges sur l’authenticité des traditions nailies de Boussâada.  La grande tente nailie, dressée à cette occasion au centre du palais d’El Mechouar, a abrité, quant à elle, un mariage de Boussâada avec tous ses rituels, notamment celui du henné pour la mariée et le marié. La cérémonie du henné, qui est souvent accompagnée d’un chant medih interprété par des femmes âgées, reflète l’aspect conservateur de la région qui reste très attachée aux valeurs et aux traditions ancestrales. Ce mariage a également gratifié le public d’une danse sous une musique nailie qui a permis aux visiteurs de découvrir la beauté du son et du geste   et toutes les traditions de cette région.

Patrimoine matériel et immatériel de Tissemsilt    

Enfin, la célébration du mois du patrimoine a débuté à la maison de la culture Mouloud-Kacim-Nait-Belkacem de Tissemsilt avec des expositions sur le patrimoine matériel et immatériel de la wilaya. Initiées par la direction et la maison de la culture, ces expositions comportent des affiches géantes et des photos de sites archéologiques que recèle la wilaya dont le fort de Taza, qui fut le bastion de la résistance de l’Emir Abdelkader contre l’occupant français, les sépultures romaines d'Ain Tekria et les gravures rupestres de Boukhirane. Cette manifestation, qui dure trois semaines, comporte aussi des publications de la maison de la culture de Tissemsilt pour valoriser le legs culturel, dont «El Mourchid El Anis histoire et monuments de la capitale de l’Ouarsenis» du chercheur Abdelkader Dahdouh, «Résumé de l’histoire de Tissemsilt par ses sites archéologiques» du chercheur Hadj Labib, outre l’exposition d’anciens manuscrits des zaouias de la wilaya. Le programme des festivités prévoit la projection d'un documentaire sur le patrimoine immatériel de la wilaya de Tissemsilt, notamment le «Marboua féminin», du chant bédoui et de la cavalerie. La direction de la culture a concocté un riche programme de célébration du mois du patrimoine placé cette année sous le slogan «Protection des biens culturels».
Il comporte aussi des visités à des sites archéologiques au profit des adhérents des ateliers de la maison de la culture, des soirées musicales en genres andalou et bédoui et des récitals poétiques, de madihs et en melhoun ainsi que des spectacles folkloriques de l’association Ouled Sidi El Houari de Tissemsilt. En outre, une journée d’étude sur la protection sécuritaire des biens culturels sera animée par des universitaires en archéologie.  Plusieurs autres wilayas ont eu à célébrer cet événement majeur qui rehausse l’intérêt du public pour la chose culturelle.                 
R. C.
 

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