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Ce matin au palais des Nations : dialogue ouvert

Des formations politiques déclinent l’invitation

PUBLIE LE : 21-04-2019 | 23:00
D.R

C’est ce matin que s’ouvre au Palais des Nations, Club des Pins, à Alger les concertations initiées par la présidence de la République avec les responsables des partis politiques, personnalité de la société civile et spécialistes du droit constitutionnel. Elles interviennent dans un contexte caractérisé par une mobilisation citoyenne restée intacte depuis le 22 février dernier, un contexte qui se distingue aussi par l’absence d’une solution consensuelle qui tarde à voir le jour.
Ainsi, pour chercher un consensus, une centaine d’invitations ont été adressées la semaine dernière à de nombreuses parties par la présidence de la République, en prévision de la rencontre d’aujourd’hui à laquelle a appelé le Chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah. La spécificité de cet événement réside dans le fait qu’il consacre une opportunité d’amorcer un dialogue de façon inclusive, en vue d’aboutir à une solution acceptée par tous et en parfaite adéquation avec les aspirations du peuple exprimées et réitérées durant 9 vendredis consécutifs de manifestations pacifiques. Pour beaucoup d’observateurs, le succès de cette initiative demeure donc tributaire de la capacité des uns et des autres parmi les responsables politiques, les personnalités nationales, la classe politique et la société civile à s’écouter mutuellement, puis à s’engager ensemble pour la mise en œuvre d’une «feuille de route» consacrant la volonté du peuple pour un changement radical. Pour y parvenir, il serait utile, indiquent certains, de s’écarter, voire de bannir toute réflexion improductive lors des concertations d’aujourd’hui.  Il est également recommandé de s’éloigner des visions restreintes de l’évolution du contexte national dans lequel «toutes les perspectives sont possibles» comme l’avait indiqué le vice- ministre de la Défense nationale, chef d’Etats major de l’ANP Ahmed Gaid Salah qui s’est exprimé ainsi lors de sa récente allocution à partir de Ouargla.
Des perspectives en vue, disait-il de «surpasser la crise actuelle dans les plus brefs délais» et qui s’inscrivent, à l’évidence, au diapason de la volonté populaire d’aller vers l’avènement d’une 2e République avec des représentants démocratiquement élus, à la faveur d’un scrutin présidentiel où toutes les conditions garantissant sa crédibilité, sa transparence seront réunies.
Qu’en sera-t-il des élections projetées le 4 juillet ? La question est posée avec acuité. Le processus d’une élection présidentielle a été mis en branle, rappelle-t-on depuis le 10 avril dernier correspondant à la convocation du corps électoral par le Chef de l’Etat.
Ce processus se heurte toutefois au rejet exprimé par nombre de partis de l’opposition, notamment au refus de plusieurs APC, quant à assurer son encadrement. Globalement, c’est pratiquement les mêmes formations de l’opposition qui n’adhèrent pas au principe de la présidentielle du 4 juillet qui ont décliné l’invitation du Chef de l’Etat refusant, de ce fait de prendre part aux concertations qu’abritera ce matin le Palais des Nations. Leur prise de position est surtout motivée par «l’attachement du peuple à sa principale revendication, celle mettant en avant une rupture radicale avec le système incluant le départ de toute ses figures emblématiques». Le Chef de l’Etat a déjà reçu de nombreuses personnalités dont l’ancien président de l’APN, Abdelaziz Ziari, le président du Front El-Moustakbal, Abdelaziz Belaid et l’avocat et militant des droits de l’homme, Miloud Brahimi. Dans ses déclarations à la presse, ce dernier a fait savoir qu’il a signifié au Chef de l’Etat que «le contexte actuel du pays ne permet pas d’organiser une élection présidentielle, le 4 juillet prochain, qui sera au niveau des attentes du peuple». Il a ainsi plaidé pour la mise en place d’une «commission souveraine chargé de gérer la transition et l’organisation de l’élection présidentielle, sans hésiter à mettre la Constitution de côté».
Une commission qui sera créée en accord avec la clase politique et les représentants de la société civile et qui sera en mesure de différer la date de la présidentielle et de préparer le terrain au départ définitif du système.
De son côté, le président du Front El Moustakbal a proposé lors de sa rencontre avec le Chef de l’Etat la création «d’une commission indépendante dotée de toutes les prérogatives du contrôle et d’organisation du déroulement de toutes les phases du processus électoral» indique le parti, dans un communiqué rendu public.
 La présidentielle du 4 juillet sera donc un des thèmes phares qui sera débattu lors des concertations d’aujourd’hui avec les partis et les personnalités.
Ce qui n’exclut pas de voir les débat s’élargir à d’autres questions tout aussi importantes les unes que les autres à l’exemple de l’élaboration d’une nouvelle Constitution, la révision du code électoral, les mécanismes liés à la mise en place d’une commission souveraine garantissant l’organisation d’une élection transparente, le toute dans la respect de la volonté populaire de consacrer une transition vers une Algérie meilleure et une démocratie majeure.
Karim Aoudia

 

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