mardi 23 juillet 2019 11:51:02

Nouvelles de Sidi Bel Abbès : L’hydraulique au cœur des priorités

M. Menad Charef : « Cap sur l’assainissement »

PUBLIE LE : 22-04-2019 | 0:00
D.R

Le secteur de l’hydraulique s’est assurément taillé la part du lion dans le programme d’équipement et de développement en général de la wilaya de Sidi Bel-Abbès, au vu, a priori, de la problématique de l’eau qui caractérise justement cette région, s’appuyant jadis sur l’exploitation de la  nappe phréatique pour l’alimentation des populations.

Une abondance souvent au gré des inondations provoquées par les crues cycliques d’Oued Mekkerra et une rareté paradoxalement par la faiblesse et l’irrégularité d’une pluviométrie, l’équation fut en somme résolue dans une grande mesure à la suite de l’initiation de projets structurants ayant favorisé la protection de la ville de Sidi-Bel-Abbès et des agglomérations riveraines de ce cours d’eau contre les inondations en se permettant de réaliser même un barrage ecreteur et le renforcement de l’alimentation en eau potable par des opérations de forages de puits, d’exploitation des nappes Chott Chergui  ET Gherbi et d’adduction à partir des  ouvrages hydrauliques situés dans les régions limitrophes.
C’est dire tout l'effort consenti au niveau de ce secteur pour assurer régulièrement l’alimentation en eau potable de toutes les zones de la wilaya et dégager des excédents au profit de l’agriculture pour augmenter la superficie des terres irriguées et des zones industrielles pour les besoins des opérateurs. Cet effort demeure, d’ailleurs, soutenu par l’inscription de nouvelles opérations au titre du programme d'urgence attribué à la wilaya où un montant de un milliard 560 millions de dinars a été fixé pour cinq opérations d’AEP, 3 autres forages et autres actes de raccordement pour le renfoncement des réseaux de quelques localités. La même cadence est observée pour le réseau d’assainissement, même si des défaillances et insuffisances sont à signaler en l’absence d’une approche globale et rationnelle de gestion  engendrant au vu de ces rejets anarchiques constatés ça et là, une pollution de la nature. L’exemple de la situation d’Oued Mekkerra illustre parfaitement un tel constat. Au cœur des priorités donc, le secteur de l’hydraulique a occupé une place de choix dans l’action d’équipement de la wilaya car considéré comme étant un facteur essentiel de développement et de relance de l’économie et de consolidation de l’infrastructure de base instaurée et suscitant l’investissement productif. La modernisation de l’infrastructure routière à travers le passage de l’autoroute sur 71 km ou  ferroviaire pour l’ouverture sur les régions du grand Sud et des Hauts-plateaux et favoriser une communication et des échanges ont valorisé la position géographique de cette wilaya et lui ont attribué une  dimension stratégique.
Perfectionner aujourd’hui les équipements, rationnaliser une distribution de ce précieux liquide et perfectionner un réseau d’assainissement pour la préservation d’un environnement restent les objectifs à atteindre dans la démarche des gestionnaires du secteur, soucieux de la matérialisation des notions de rentabilité et d’efficacité. Une mention particulière pour l’aménagement de oued Mekkerra, devenu un canal d’eaux usées à ciel ouvert pour causer des désagréments aux riverains et dévaloriser un effort d’équipement et de promotion de la ville du chef-lieu.
«Effectivement, c’est une véritable plaie qui dénature le paysage de la cité qui a connu une grande mutation. Nous avons commencé par l’élimination des rejets déversant sur ce cours d’eau pour ensuite procéder par étape à l’opération d’aménagement », précise le wali, M. Ahmed Abdelhafidh Sassi, qui a pris en charge le dossier en question dont les premières études ont été déjà réalisées, il y a plus de quatre ans, par une société coréenne. Bref, cette opération d’aménagement constitue une revendication formulée par toute une population…

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M. Menad Charef : « Cap sur l’assainissement »

Fraîchement nommé à la tête du secteur au niveau de la wilaya de Sidi-Bel-Abbès, le nouveau directeur de l’hydraulique, M. Menad Charef, qui comptabilise un capital d’expérience appréciable, s’est vite adapté à son environnement pour relever l’importance de ses missions dans le parachèvement du programme et la perfection de l’œuvre. Naturellement, elles ne sont guère de tout repos, notamment dans le volet assainissement où tout un chantier est à lancer pour la remise à niveau d’un réseau, l’amélioration d’un cadre de vie et la protection d’un environnement. Dans cet entretien, il fait toute une rétrospective pour situer l’impact d’un programme d’équipement et ses incidences socio-économiques sur la région.

  De l’analyse du programme de développement de la wilaya, le secteur de l’hydraulique s'est taillé certainement la part du lion. Peut-on connaître aujourd’hui son impact sur la vie de la population ?
Le directeur de l'hydraulique : Dois-je vous rappeler d’abord que la wilaya de Sidi-Bel-Abbès reste faible en ressources en eau pour qu’elle soit alimentée aujourd’hui à partir des régions limitrophes telles Mascara, Tlemcen, Naâma et El Bayedh, au gré d’opérations de transfert dans le cadre du schéma national pour situer l’effort si exceptionnel fourni durant  les quinze dernières années. Des projets d’adduction à partir du barrage Sidi Abdelli (Tlemcen) pour desservir 18 communes, du barrage Cheurfa (Mascara) pour alimenter quatre circonscriptions, du barrage Sarno (Sidi-Bel-Abbès), du chott Chergui et gherbi, sans compter l’exploitation d’une partie de l’unité de dessalement de Honaine, la réalisation d’autres ouvrages de stockage et la réhabilitation des réseaux d’AEP de plusieurs agglomérations pour augmenter un débit et lutter contre les déperditions. Pour l’année 2019, par exemple, la wilaya et toutes ses communes seront alimentées régulièrement et au quotidien. C’est dire tout l'impact du programme initié et traduit par une satisfaction totale des besoins de la population locale…

 Et au plan économique pour augmenter les superficies irriguées et la prise en charge des besoins du secteur industriel ?
 Actuellement, la wilaya dispose dune superficie irriguée de l’ordre de 10.400 hectares, ce qui reste insignifiant par rapport à la superficie agricole utile dépassant les 350.000 hectares au vu de la rareté des sources superficielles et souterraines. A la faveur d'un séminaire tenu récemment, sous l’égide du wali, qui fait de la promotion des potentialités agricoles de la région une priorité, un plan d’action a été élaboré dans la perspective d’irriguer plus de terres, des centaines d’hectares suite à des actions de captage et de pompage… Ainsi, il est prévu le transfert d’un volume de 28.000 M3/jour à partir de la nappe de chott El gharbi pour l’irrigation d’une superficie de 2400  hectares pour laquelle des études ont été proposées dans la cadre du programme centralisé délégué à l’ONID. Une superficie de 700 hectares à irriguer à partir de Chott Chergui. Un autre transfert de chott chergui de 100.000 ms/Jour à partir des stations de dessalement de Honaine et de Souk Tlata permettant la réaffectation d'une partie des eaux du barrage Sidi Abdelli vers l’irrigation de 3000 hectares au niveau de la plaine de Sidi-Bel-Abbès. Aussi, l’exploitation de la station d’épuration du chef-lieu est de nature à irriguer une superficie de1.450 hectares. Un totale donc de 7.550 hectares à irriguer pour la valorisation d’un secteur, première vocation de la région.
Au plan industriel, des zones industrielles sont suffisamment dotées pour répondre aux besoins exprimés et faciliter la tache des opérateurs. 

  La wilaya de Sidi-Bel-Abbès a souvent connu la problématique des inondations provoquées par les crue s cycliques d’Oued Mekkerra. Un traitement a été prescrit pour l’éradication de ce fléau et la protection des agglomérations riveraines.  toutefois, beaucoup reste à faire en matière d’environnement ?
 La wilaya de Sidi-Bel-Abbès a été souvent menacée par le phénomène des inondations provoquées par les crues cycliques, notamment d’Oued Mekkerra d’où sa classification en une région à haut risque. Un programme d’une rare consistance a été mis en œuvre et traduit par la réalisation d’un certain nombre d’ouvrages, particulièrement la construction d’un barrage écrêteur, de canaux de déviations et de digues et autres opérations de réhabilitation et de renforcement de ce long et sinueux cours d’eau. A ce sujet, il faut préciser qu’une étude de la stratégie nationale de lutte contre les inondations en appui du secteur de l’eau et de l'assainissement a été financée par l’union Européenne pour permettre le recensement de 689 sites exposés à ce phonème dont la région de Sidi-bel-abbès. La stratégie conçue a abouti à la définition d’un plan d’action multisectoriel à mettre en exécution sur le court, moyen et le long termes.
Je dois dire que la wilaya a bénéficié dune enveloppe de 340 millions de dinars au titre du programme prioritaire du FCCL pour le curage, l’entretien et l'aménagement des oueds. Dix entreprises sont à pied d’œuvre  pour l'acquittement de cette tache d’utilité publique.

 La situation d’Oued Mekerra, ce canal d’eaux usées à ciel ouvert, particulièrement dans cette partie traversant le chef-lieu, préoccupe toute une population au vu des désagréments causés. Qu’en est-il du projet d’aménagement, sachant qu’une étude a été déjà finalisée par une société coréenne  ?
 Effectivement, le constat est réel pour que la direction de l'hydraulique se penche sur la question et ce, à la suite également des instructions fermes du wali. L’urgence aujourd’hui est d’éradiquer l'ensemble des rejets illicites sur la partie traversant la ville. Un travail de pointe est en cours d’exécution pour l’identification en dépit de toutes les contraintes observées par les services techniques. Un premier bilan laisse apparaitre 5 rejets collectifs et 35 autres individuels que nous allons traiter après avoir bénéficié d'une enveloppe de 200 millions de dinars au titre du programme FNE. Cette opération a connu déjà un début d’exécution et sera relayée par d’autres liées à l’aménagement et à la réhabilitation. Toujours est-il que l’objectif principal de cette action d’aménagement est d’intégrer ce cours d’eau dans le tissu urbain pour en constituer un mobilier.

De grandes perspectives, alors ?
Autant d’opérations sont en fait programmées pour renforcer davantage l’alimentation de la population en eau potable grâce à la réalisation d'ouvrages de stockage et consolider davantage le dispositif de protection des agglomérations riveraines d’Oued Mekkerra contre les inondations. Notre préoccupation désormais réside au niveau  du volet de l’assainissement pour développer les réseaux des communes et centres secondaires, éradiquer les fausses septiques avant de mettre en place un mécanisme efficace pour lutter conte les MTH et actualiser les dispositions du plan ORSEC. Il n’empêche également de se concentrer sur la matérialisation des études d’aménagement des périmètres d’irrigation à l’effet de soutenir le secteur de l’agriculture et d’exploiter au mieux ses filières. ….
 

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L’équation à résoudre

La création de l’office national d’assainissement, appelé communément ONA, est intervenu pour répondre à des exigences nées d’un développement du secteur de l’hydraulique dans tous ses compartiments. La mission première de cet organisme en général  est de veiller à la maintenance des installations et ouvrages et l’entretien d’un réseau d’assainissement dans toute sa configuration. L’introduction de cet outil dans le fonctionnement et la gestion de la collectivité ou de la commune plus précisément a amené cette dernière à se délester totalement d’une activité de salubrité publique. On songe au curage et à l’entretien des avaloirs pour que le problème surgisse lors des intempéries notamment. Pour la commune, cette mission incombe à l’ONA alors que cette dernière rejette la balle à la première cellule de base du développement généralement dépourvue de tout moyen d’intervention depuis. Et conformément au statut définissant les prorogatives de cet organisme, la mission du curage est occultée d’une certaine manière. Une équation à résoudre surement au vu de la difficulté rencontrée par les communes dans la prise en charge du volet de l’entretien.
 

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