dimanche 26 mai 2019 15:23:41

Le Chef de l’état reçoit le Vice-président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’Union nationale de Libye

L’Algérie continuera d’apporter « tout son appui » pour un retour « rapide » à la paix

PUBLIE LE : 20-04-2019 | 0:00
D.R
Le chef de l'État, Abdelkader Bensalah, a reçu, jeudi dernier à Alger, le vice-président du Conseil présidentiel du gouvernement d'Union nationale de l'État de Libye, Ahmed Miitig. 
 
Dans une déclaration à la presse à l'issue de cette audience, M. Miitig a indiqué que la rencontre a permis à M. Bensalah de s'enquérir «de la situation à Tripoli, qui s'est améliorée après que le groupe militaire qui avait tenté de prendre la capitale par la force eut été repoussé». «Nous savons, très bien, que l'Algérie soutient le peuple libyen et les choix d'édification d'un Etat civil et d'élaboration d'une Constitution libyenne pour se diriger vers des élections pour que le peuple libyen choisisse lui-même ses dirigeants», a-t-il dit. «La sécurité de l'Algérie est tributaire de celle de la Libye et les deux pays sont liés par de longues frontières et des relations historiques très importantes», a soutenu M. Miitig. 
Le responsable libyen a affirmé que son pays «compte sur l'Algérie pour transmettre des messages à toute la communauté internationale, et affirmer que la légitimité en Libye est forte et réelle et la communauté internationale doit condamner clairement et sans équivoque l'agression contre Tripoli». L'audience s'est déroulée au siège de la Présidence de la République, en présence du ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum.
Le chef de l'Etat a indiqué que l'Algérie continuera d'apporter «tout son appui» pour un retour «rapide» à la paix et à la stabilité en Libye, indique un communiqué de la Présidence de la République. M. Bensalah a exprimé «la solidarité de l'Algérie avec l'ensemble du peuple libyen frère et la conviction que cesse le langage des armes, parce qu'il n'y a de solution que politique», souligne la même source. Le chef de l'Etat a réaffirmé, à cette occasion, que l'Algérie «continuera d'apporter tout son appui pour un retour rapide à la paix, à la stabilité et à l'entente entre tous les Libyens». L'entretien entre les deux parties a permis de «passer en revue la situation préoccupante que connaît la Libye, notamment les développements connus depuis le 4 avril 2019», précise le communiqué.
Ahmed Miitig a mis en avant le rôle de l'Algérie dans le règlement de la crise en Libye, la qualifiant de «pays pivot dans la région». «Nous espérons, à la faveur de cette visite, un retour en force de l'Algérie dans le dossier libyen, car c'est un pays sur lequel nous comptons énormément pour parvenir à un règlement», a déclaré M. Miitig à son arrivée à Alger. Il a indiqué que le gouvernement d'Union nationale libyenne «effectuait des consultations avec toutes les parties, les Etats voisins et les pays qui soutiennent le processus démocratique et le caractère civil de l'Etat libyen», et ce dans le cadre du processus de règlement politique de la crise qui secoue la Libye depuis 2011. Affirmant que «le gouvernement d'Union nationale de Libye est présent et qu'il est en mesure de travailler efficacement», M. Ahmed Miitig a tenu à rassurer le peuple et les responsables algériens quant aux évènements que connaît Tripoli». Par ailleurs, le vice-président du Conseil présidentiel du gouvernement d'Union nationale de Libye a salué les relations qui lient les deux pays, «se félicitant» de sa présence en Algérie, «pays voisin et ami qui partage avec la Libye l'histoire commune et des relations connues de tous». La visite de M. Miitig en Algérie intervient suite aux derniers développements enregistrés à Tripoli, cible depuis deux semaines d'agression par les troupes du maréchal Haftar.
 
Paris et Le Caire ne doivent plus compter sur M. Haftar 
 
M. Ahmed Omar Miitig a condamné hier l'offensive armée menée par le général contre la capitale Tripoli, rassurant que les forces du gouvernement font face à l'agression en vue du maintien de la sécurité et la sauvegarde des vies humaines. S’exprimant lors d’une conférence de presse à l’issue de sa visite de deux jours en Algérie, M. Miitig a dénoncé «vigoureusement» l’agression menée par les troupes de Khalifa Haftar contre la capitale du pays depuis le 4 avril dernier, soulignant que «les forces du GNA sont déterminées à repousser avec fermeté cette agression inattendue», et ce au moment où la Libye se préparait à tenir la première conférence de réconciliation nationale à Ghedamès sous l’égide de l’ONU. «Depuis quelques jours, les forces du gouvernement ont réussi à stopper l’avancée des troupes de Khalifa Haftar et les repousser en dehors de la capitale. Nous sommes déterminés à les chasser, dans les prochains jours, des territoires qu’ils ont conquis», a affirmé M. Miitig. Il a, dans ce sens, ajouté que «certains pays et parties qui avaient misé, au départ, sur la prise de Tripoli en quelques heures par les forces de Haftar commencent à revoir leurs positions eu égard à la riposte actionnée par les forces du GNA». 
Assurant que le gouvernement d’Union nationale compte notamment sur le soutien des pays de la région particulièrement l’Algérie qui appuie, a-t-il relevé, «la légalité et l'unité de la Libye», M. Miitig a confirmé l’émission d'un mandat d'arrêt contre le général en retraite Khalifa Haftar, pour sa «responsabilité directe dans les bombardements contre des sites civils et des quartiers résidentiels dans la capitale», ayant causé la mort de plus de 200 personnes et plus de 900 blessés depuis deux semaines. Répondant à une question sur le «soutien» de la France et de l’Egypte apportés à Khalifa Haftar, le vice-président du gouvernement libyen a invité ces deux pays à «revoir» leur position, précisant que «Paris et Le Caire ne doivent plus compter sur M. Haftar en tant que partenaire dynamique capable de contribuer à l’édification d’un Etat démocratique où les élections détermineront les futurs représentants du pays». M. Miitig a notamment déclaré que Khalifa Haftar ne peut plus être «un partenaire dans le processus politique en cours en Libye», invitant tous les Etats qu’ils le soutiennent à revoir leur position à son égard, le qualifiant également de «criminel de guerre». S’adressant toujours aux dirigeants des pays qui ont soutenu le commandant des forces de l’Est libyen, M. Miitig à rassurer que les Libyens seront capables de relever les défis et de trouver des solutions à leurs problèmes sans trop compter sur le rôle de la communauté internationale. 
«Celle-ci reste divisée non seulement sur le dossier libyen, mais sur de nombreuses autres questions internationales », a-t-il fait remarquer. Au sujet de l’absence d’une réaction ferme de la part du Conseil de sécurité sur la situation en Libye, le vice-président du gouvernement libyen a déploré la position de certains membres de cette instance onusienne, affirmant que les Libyens ont été déçus par le fait qu’il n’y avait pas eu d’entente qui pouvait contribuer à restaurer la paix dans le pays.
 
L’Algérie demeure un acteur dynamique 
 
Ahmed Omar Miitig, a indiqué que sa visite à Alger constitue «un message clair» destiné à affirmer que l'Algérie demeurait un «acteur dynamique» dans le règlement de la crise en Libye. «Ma présence ici, à Alger, est justement un message clair et net pour réaffirmer que l'Algérie demeure ‘‘un acteur dynamique’’ en mesure d’émettre un avis différent sur la situation en Libye», a souligné M. Miitig. Il a ajouté que «certains pays pensaient que l’Algérie ne pouvait pas être présente sur la scène internationale et que la situation interne actuelle du pays ne lui permettait pas d’assumer un rôle dynamique en Libye, notamment après l’agression des troupes de Khalifa Haftar contre Tripoli». 
Le vice-président du GNA s’est félicité de la position officielle algérienne qui a exprimé, a-t-il rappelé, son «plein soutien à l’édification d’un Etat démocratique et civil en Libye, ainsi qu’à l’unité de son territoire». Soulignant à l’occasion que les peuples et gouvernements des deux pays sont solidaires et entretiennent des relations «historiques», M. Miitig a ajouté que le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, lui a réitéré «la position de l’Algérie quant au règlement des différends entre les parties libyennes, qui ne peut être réalisé que par la voie politique dans le cadre du dialogue national inter-libyen inclusif». 
Dans ce contexte, M. Miitig a confié que son gouvernement a sollicité l’Algérie pour «soutenir et défendre la cause libyenne sur la scène internationale et régionale». «L’Algérie est présente et reste une force diplomatique sur la scène internationale. Personnellement, j’ai constaté durant ma visite la disponibilité des autorités algériennes et de son peuple à soutenir la Libye», a conclu M. Miitig.
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