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indépendance de la justice : Les avocats ne veulent pas en démordre

Des centaines d’avocats à travers le pays sont sortis en cette fin de semaine dans la rue, pour appeler à «l’indépendance de la justice» et au «respect de la souveraineté du peuple», rapporte l’agence presse service.

PUBLIE LE : 19-04-2019 | 23:00
Ph. : Billal
Des centaines d’avocats à travers le pays sont sortis en cette fin de semaine dans la rue,  pour appeler à «l’indépendance de la justice» et au «respect de la souveraineté du peuple», rapporte l’agence presse service.
 
Dans plusieurs wilayas du centre, les robes noires ont tenu des rassemblements, des marches et des sit-in. Des manifestations dont le dénominateur commun était l’exigence  du «changement du système de gouvernance». Au lendemain de nouveaux et longs cortèges qui se sont formés à travers le pays par les étudiants des différentes universités, les avocats de plusieurs wilayas, notamment Blida, Bejaia et Chlef se sont rassemblés devant les sièges des cours de justice de leurs villes respectives, brandissant des banderoles et des pancartes pour «le départ de toutes les personnalités qui représentent le système de gouvernance actuel», contesté par le mouvement populaire depuis le 22 février dernier.
Les avocats ont aussi exigé «l’application des articles 7 et 8 de la Constitution qui consacrent la souveraineté populaire». A Bejaia encore, les avocats ont demandé à ce qu’on «privilégie une solution politique, au détriment d’une fixation sur l’application stricte de la Constitution, pour le règlement de la crise». Pour eux la solution est politique et ne se limite pas suggérant la mise en place des mécanismes pour une période de transition, qui sera dirigée par des «personnalités compétentes et intègres à même de réunir les conditions idoines pour l’organisation d’élections propres et honnêtes». Dans les wilayas de Tizi-Ouzou et de Bouira, les rassemblements des robes noires, ont été suivis de marches durant lesquelles les avocats, portant l’emblème national, ont sillonné les artères principales de ces deux villes en scandant les mêmes slogans. Les greffiers de Tizi-Ouzou ont rejoint les avocats pour demander le changement du système également. Une marche a eu lieu à partir du tribunal administratif vers la cour de justice, alors qu’à Bejaia, des employés communaux, animés de motivations identiques, ont pris part à une marche pacifique sur le «boulevard de la liberté».
Ils ont appelé à un «changement profond et à une rupture radicale pour la construction d’un Etat de droit respectueux des libertés individuelles et collective». Ce mouvement de protestation des avocats est marqué, faut-il le rappeler, par une grève de quatre jours qui se poursuivra, dimanche et lundi prochains.
Par ailleurs, les avocats des wilayas du Sud ont observé des sit-in de protestation, à l’appel de l’Union nationale des ordres des avocats en appui aux revendications du mouvement populaire.  A Adrar, ils ont tenu un rassemblement pacifique devant la Cour de justice et ont scandé des slogans dénonçant les «réactions violentes opposées à des manifestants pacifiques», annonçant par la même occasion leur boycott des audiences.
 
Les étudiants et les fonctionnaires s’associent aux robes noires 
 
Même ambiance dans les wilayas de Ghardaïa et d’El-Oued, où les avocats ont également fait part de leur intention de boycotter les audiences, en soutien au mouvement populaire. Dans le même sillage, des manifestations populaires pour un changement politique «profond» et la réclamation du départ des figures du système, les étudiants ont poursuivi leur action de protestation à l’université Kasdi-Merbah de Ouargla.
Les travailleurs de la Caisse nationale des assurances sociales ont, de leur côté, tenu une action de protestation devant le siège de la Caisse brandissant des slogans appelant au changement. A Biskra, les avocats affiliés à la Cour de justice ont organisé un sit-in pour exprimer leur soutien aux revendications du mouvement populaire. Les protestataires qui ont insisté sur le respect de la liberté d’expression et la volonté populaire pour le changement, ont considéré que la justice était appelée à «protéger ces droits d’autant que ses jugements sont prononcés au nom du peuple». L’instance de défense dont la position vis-à-vis du mouvement populaire était claire, à «le devoir de défendre la volonté populaire pour l’application des articles 8 et 8 de la Constitution» ont rappelé les avocats.
Dans l’Ouest du pays, des dizaines d’avocats, affiliés au bâtonnat de la région de Mostaganem (Mostaganem, Relizane, Tiaret et Tissemsilt), ont organisé un sit-in devant la cour pour réaffirmer leur soutien indéfectible au mouvement populaire et à ses revendications légitimes.Les avocats, vêtus de leurs robes noires, brandissant les couleurs nationales et des banderoles, ont manifesté pour appeler l’autorité judiciaire à ouvrir des dossiers concernant les affaires de corruption et poursuivre les personnes impliquées. Ils ont également exprimé leur attachement aux revendications du mouvement populaire portant notamment sur un changement radical, la   promotion des libertés collectives et individuelles, et l’instauration de la justice sociale. Hier encore, les Algériens sont descendus en masse dans la quasi-totalité des régions du pays pour réclamer le départ du chef de l’Etat, des personnalités impliqués et du «système» au pouvoir. Une foule monstre a, notamment manifesté durant plusieurs heures dans le centre d’Alger, et dans les autres wilayas du pays.
Tahar Kaidi
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