dimanche 26 mai 2019 15:21:09

Forte mobilisation des syndicalistes : Plusieurs sections de l’UGTA réclament le départ du SG

«Pour une UGTA des travailleurs», «Rendre la Centrale syndicale à ses affiliés», «Sidi Saïd dégage», «L’UGTA n’est pas une propriété privée», «La Centrale syndicale n’est pas à vendre».

PUBLIE LE : 18-04-2019 | 0:00
Ph. A. Asselah

«Pour une UGTA  des travailleurs», «Rendre la Centrale syndicale à ses affiliés», «Sidi Saïd dégage», «L’UGTA n’est pas une propriété privée», «La Centrale syndicale n’est pas à vendre». Ce sont les slogans brandis par des centaines de travailleurs et fonctionnaires, affiliés aux sections syndicales de l'UGTA, qui se sont donné rendez-vous, hier, devant le siège de la Centrale syndicale, mitoyenne avec la place du 1er-Mai. Cette action décidée depuis la semaine dernière, suite à plusieurs réunions de sections syndicales relevant de cette instance, se veut un appui au mouvement populaire né le 22 février dernier, réclamant le «départ du système» et de toutes les personnalités qui en étaient la figure. Devant un impressionnant dispositif policier déployé sur place, les contestataires ont été empêchés d’accéder à l’intérieur de la maison du Peuple, ce qui s’est répercuté sur la circulation, puisque tout le boulevard Aïssat-Idir a été bloqué plusieurs heures durant. Les manifestants, qui se sont scindés en plusieurs groupes, portaient les uniformes de leur entreprise. On pouvait, ainsi, distinguer facilement les travailleurs de l’Entreprise de transport urbain et suburbain d’Alger (Etusa), ceux de la  Compagnie algérienne d'assurances et de réassurance (Caar),  d’Air Algérie, la zone industrielle de Rouiba, de la SNVI, de l’Algérienne des eaux ou du secteur de l’Enseignement supérieur et plein d’autres représentants d’entreprises publiques . Les manifestants ont scandé et brandi des slogans hostiles au SG  exigeant son «départ immédiat». Il faut dire que depuis un certain temps, la persistance de M. Sidi Saïd de se maintenir à la tête de la Centrale syndicale est fortement critiquée par beaucoup de travailleurs. D’ailleurs, sur leurs pancartes, les manifestants  ont dénoncé des affaires de corruption où «des responsables de l’UGTA sont impliqués». «On réclame l’intervention de la justice», ont scandé ainsi les protestataires. D’autres manifestants ont affirmé devant les journalistes que les «vrais syndicalistes» veulent récupérer l’UGTA et la mettre au service des travailleurs, en la remettant sur la voie tracée par les défunts Aïssat Idir et Abdelhak Benhamouda. À cet effet, certains ont déploré le fait que «depuis l'arrivée de Sidi Saïd à la tête de l’UGTA, la Centrale syndicale est au service du patronat. Il a fini par être toujours aux côtés des grands hommes d’affaires». Le SG est ainsi accusé de s'être «allié à l’ex-président du Forum des chefs d'entreprise (FCE), Ali Haddad, dont les intérêts sont contradictoires avec ceux des travailleurs». M. Brahimi,  travailleur au sein de l’ETUSA, a dénoncé le fait que l’actuel SG a instauré une véritable monarchie syndicale, au détriment des travailleuses et travailleurs algériens. «Il nous tient au défi,  n'hésite pas à brader le patrimoine public algérien. Il se croit intouchable et s’enfonce dans l’erreur», a-t-il vociféré. «Nous allons poursuivre ce mouvement jusqu'à son départ !» Force est de constater que les manifestants ont fait preuve d’une grande détermination, pour obtenir  une réponse positive à leurs revendications. Ils envisagent, d’ailleurs, de hausser le ton d’un cran, à travers l’organisation de grèves cycliques, jusqu’au «départ de Sidi Saïd». «On a réclamé, aujourd’hui, sa démission de manière réglementaire. En cas d’échec, on va  passer aux grèves générales cycliques qui vont certainement paralyser toutes les entreprises publiques», a déclaré M. Kaddour Brahim, représentant des travailleurs de l’ADE. Ce mouvement de contestation intervient quelques jours après l'annonce par M. Sidi Saïd d'avancer la date de la tenue du 13e congrès de l'UGTA (le mandat actuel devait initialement prendre fin le 10 janvier 2020), et de sa décision de ne pas se présenter pour un nouveau mandat. D’ailleurs, une commission nationale de préparation de ce congrès sera créée, et tiendra, le 27 avril, une réunion pour mettre les mécanismes et les mesures préparatifs du congrès, ainsi que la date de sa tenue. Outre ces revendications, d’autres syndicalistes et travailleurs, issus des différentes entreprises publiques, ont saisi l’occasion pour réitérer leurs revendications sociales, telles que la suppression de l’Impôt sur le revenu global (IRG), notamment pour les retraités. Les forces de l’ordre, présentes en force sur les lieux, se sont contentées d’encadrer cette action de protestation. À 13h, ce sit-in s’est achevé dans le calme et sans aucun incident.
Sarah A. Benali Chérif

 

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