Grand angle : Impatience légitime

Au Soudan, comme dans la majorité des pays, les militaires sont victimes de leur «réputation» et des ambitions de pouvoir qu’on leur prête, à tort ou à raison. Plus à raison qu’à tort faut-il peut-être le souligner.
PUBLIE LE : 16-04-2019 | 0:00

Au Soudan, comme dans la majorité des pays, les militaires sont victimes de leur «réputation» et des ambitions de pouvoir qu’on leur prête, à tort ou à raison. Plus à raison qu’à tort faut-il peut-être le souligner. Mais alors que le peuple fait appel à eux pour arbitrer, voire pour se tenir à ses côtés et le soutenir dans tout conflit qui l’oppose au pouvoir dictatorial ou despotique en place, ils redeviennent, juste après avoir satisfait la demande ou la revendication du peuple, «infréquentables» et font l’objet de toutes les suspicions. L’une d’elle consiste à dire que les militaires, après avoir écarté par voie constitutionnelle ou anticonstitutionnelle le président en place, ne vont pas lâcher le pouvoir pris ou repris. Il est vrai aussi que des exemples, certains sont récents, nourrissent les craintes des peuples dont les aspirations sont, quelle que soit la contrée où ils se trouvent, identiques. A savoir plus de démocratie ou tout bonnement son instauration et la mise en place de tout ce qui va avec. En premier, les libertés individuelles et collectives. Les militaires auront beau se défendre de telles accusations ou préjugés, qu’ils auront du mal à faire croire de leurs bonnes intentions, dont celle de céder le pouvoir à l’issue de la phase de transition mise en place. Aujourd’hui, c’est à cela que les militaires soudanais sont confrontés. Alors que le Comité militaire de transition mis en place après la destitution du président El Béchir a assuré vouloir passer la main au terme de la période de transition d’une durée de deux ans, il lui est exigé par les manifestants de transférer «immédiatement» le pouvoir à un gouvernement civil. L’appel lancé par les généraux aux partis politiques pour s'entendre sur une figure «indépendante» comme Premier ministre d'un exécutif civil n’a, semble-t-il, pas constitué un gage suffisant quant à la sincérité de la démarche des militaires. Il est certain que l’impatience des soudanais est légitime, d’autant qu’ils viennent, grâce à leur mobilisation, de pousser au départ un président qui aura régné trente ans. «Chat échaudé craint eau froide» affirme l’adage. Un autre affirme pour sa part  qu’«il faut battre le fer tant qu’il est chaud». Reste à se demander comment le conseil militaire de transition va gérer cette impatience.
Nadia K.


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