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Le politologue, Abdelaziz Djerad : « Il y a urgence à prendre des mesures pour contenir le mécontentement populaire »

Plaidant pour une solution qui ne sorte pas du cadre constitutionnel, l’expert et politologue, Abdelaziz Djerad, qui était convié à s’exprimer sur les ondes de la Chaîne III, de la radio nationale, a recommandé de «mettre en veilleuse, pour un moment précis, l’article 102», et de «donner la priorité aux articles 7 et 8».

PUBLIE LE : 15-04-2019 | 23:00
D.R

Plaidant pour une solution qui ne sorte pas du cadre constitutionnel, l’expert et politologue, Abdelaziz Djerad, qui était convié à s’exprimer sur les ondes de la Chaîne III, de la radio nationale,  a recommandé de «mettre en veilleuse, pour un moment précis,  l’article 102»,  et  de «donner la priorité aux articles 7 et 8».

Poursuivant ses propos, il relève que par cette démarche, il n’est nullement question de sortir du cadre légaliste. «Bien au contraire, il s’agit de répondre à une revendication légitime du peuple algérien», a-t-il expliqué.
Mais, concrètement, comment y arriver ? Et est-ce que le fait de «mettre en veilleuse l’article 102, pour faire valoir les articles 7 ou  8 de la Constitution, ne pourrait pas nous mener, éventuellement, à des critiques au niveau international ?» Pour répondre à cette question, l’invité de la rédaction rappelle un autre article de la Loi fondamentale du pays sur lequel il appuiera d’ailleurs ses propos. Il s’agit,  en l’occurrence, de l’article 12, lequel stipule que «l’État puise sa légitimité et sa raison d’être dans la volonté du peuple». Ce même article souligne que la devise de l’État est «par le Peuple et pour le Peuple», et qu’il est «au service exclusif du peuple», comme il tiendra à le rappeler.
Ainsi donc, et au regard de ce qui précède, «l’article 12 répond exactement à cette problématique de l’article 102, étant donné que c’est l’État, à travers ses institutions, qui doit répondre à la revendication du peuple», a estimé l’expert.
S’exprimant sur les défis auxquels l’Algérie fait face sur le plan international, l’enseignant universitaire estime que la nouvelle génération est dotée d’une maturité politique indéniable. «Les gens sont conscients. Ils sont en train  de suivre l’évolution de notre pays, et, justement, cette réponse intelligente, avec la mise en veilleuse de l’article 102 et la mise en place des instruments des articles 7, 8 et 12, nous permettra de dépasser cette contradiction, donner une réponse sereine et permettre au peuple de faire face à de nouveaux challenges», soutient le politologue.
En des termes plus clairs,  le politologue croit dur comme fer que «les articles 7 et 8 de la Constitution sont deux articles fondamentaux des principes généraux qui surpassent l’article 102». M. Djerad s’interroge d’ailleurs sur toutes les tergiversations dont font preuve les hautes  autorités du pays.  «Qu’est-ce qu’on attend pour les appliquer ?» a-t-il dit. Ceci, sachant que la mobilisation populaire appelant à des changements profonds du système politique actuel se poursuit pour la huitième semaine consécutive.
Pour ce qui concerne la situation qui prévaut actuellement, M. Abdelaziz Djerad affirme qu’il y a en fait une «rupture de confiance» entre le peuple et ses gouvernants, et ce en raison, dit-il, «de son refus d’accepter la présence de personnes installées à la tête de l’État dont il juge qu’il faut les remplacer par d’autres plus crédibles, afin de dépasser la crise».
Dans ce contexte, le politologue rejette, dans le fond et dans la forme, l’idée reçue selon laquelle «la population rejette tout». Cela est faux ! a-t-il clamé.
«La population rejette», nuance-t-il, les résidus du régime actuel pouvant être remplacés par des compétences nationales, des intellectuels, des universitaires, des magistrats et des avocats honnêtes et patriotes pouvant aider à dépasser la période difficile dans laquelle se trouve enfoncé le pays.»   «Seulement voilà, il ne faut surtout pas que les choses tardent», estime-t-il, affirmant qu’«il est même devenu urgent de prendre des mesures à même de contenir le mécontentement populaire grandissant».
C’est pourquoi, et «pour éviter au pays une  crise majeure», ce politologue appelle à prendre «rapidement les mesures propres à démettre les trois ou quatre personnes posant problème», à «mettre en place les mécanismes et instruments de remise en cause des lois électorales» et  à  «proposer une commission indépendante pour organiser et surveiller la prochaine élection présidentielle».  
Soraya Guemmouri
 

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