M. Benkhalfa, expert financier, à propos des transferts en devises vers l’étranger : « La vigilance commence à l’intérieur de la banque »

Un comité de veille et de suivi, chargé de suivre l’évolution des transferts en devises vers l’étranger, a été mis en place dans le souci de renforcer la vigilance en matière de transactions financières avec le reste du monde, a annoncé, samedi, le ministère des Finances, dans un communiqué.
PUBLIE LE : 15-04-2019 | 0:00

Un comité de veille et de suivi, chargé de suivre l’évolution des transferts en devises vers l’étranger, a été mis en place dans le souci de renforcer la vigilance en matière de transactions financières avec le reste du monde, a annoncé, samedi, le ministère des Finances, dans un communiqué.

Composé de hauts fonctionnaires du ministère, de représentants de la Banque d’Algérie (BA) et de la Communauté bancaire (ABEF), cet outil compte «s’assurer que les opérations de transferts en devises par les banques, en tant qu’intermédiaires agréés, sont exécutées dans le strict respect de la réglementation des changes édictée par la Banque d’Algérie». Joint hier au téléphone, Abderrahmane Benkhalfa, expert financier, relève que l’idée est bonne, mais «la formulation est inappropriée», car «elle donne l’impression de l’existence, outre celles relevant du secteur bancaire, de structures parallèles qui nous mènent vers une doublure». Ce comité, ajoute-t-il, «devra suivre le niveau des flux sortants et s’assurer qu’ils ne soient pas élevés par rapport aux mêmes périodes des années antérieures». Pour l’expert, la vigilance, qui s’étalera jusqu’aux Douanes pour les flux physiques, doit commencer à l’intérieur des banques, pour, entre autres, faire face à tout genre de rumeurs. Dans cette optique, il y a lieu de rappeler les récentes assertions faisant état d’un prétendu emballement des transferts de capitaux, par le canal bancaire. La Banque d’Algérie y a apporté un démenti formel. La BA explique que «l’octroi de crédits bancaires aux opérateurs relève des seules prérogatives des banques commerciales, et obéit à des procédures et règles établies par ces banques, conformément aux lois et réglementations en vigueur». Aussi, précisait la Banque d’Algérie, «le dinar étant l’unique monnaie qui a cours légal en Algérie, aucune banque, et en aucun cas, ne peut octroyer et n’a octroyé un crédit en dollars ou en toute autre monnaie que le dinar. C’est le cadre légal», et que «toute autre assertion est infondée». Par ailleurs, il convient de préciser que les opérations sont classées en trois catégories. La première concerne le règlement des opérations d’importation de biens et services, conformément à la législation et à la règlementation régissant le commerce extérieur et des changes en vigueur. La seconde catégorie concerne, poursuit la même source, les transferts dans le cadre d’investissements à l’étranger effectués par un opérateur résident en Algérie. Celles-ci ne peuvent être effectuées qu’après autorisation du Conseil de la monnaie et du crédit (CMC). Quant à la troisième catégorie, elle porte sur les transferts des dividendes liés à des investissements directs en Algérie. Ces transferts sont exécutés conformément aux dispositions légales et réglementaires, sur la base d’un dossier constitué dans le strict respect de la règlementation des changes, régissant ce volet.
Fouad Irnatene
 


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