Banderoles et affiches : Des slogans qui changent au fil des situations

Les Algériens qui sortis très nombreux, ce vendredi, manifester demeurent attachés à leur principale revendication ; celle du «départ de tous les symboles du système».
PUBLIE LE : 13-04-2019 | 23:00

Les Algériens qui sortis très nombreux, ce  vendredi, manifester demeurent attachés à leur principale revendication ; celle du «départ de tous les symboles du système». Les citoyens  ont également souligné, par la même occasion, la relation, très forte, qui lie le peuple à l’armée.
A cet effet, l’on remarquera qu’au fil des semaines, les slogans évoluant au gré des développements que connaît le pays. Pour cette fois, les derniers jours ont été marqués par l’installation d’un nouveau chef de l’Etat, la programmation d’élections présidentielles dans trois mois et la convocation du corps électoral pour se faire. Aussi, en plus des slogans habituels «Système dégage», «Algérie libre et démocratique», la floraison de pancartes brandies ce vendredi, contenait d’innombrables slogans  appelant au départ des plusieurs personnalités politiques, celles nommées récemment. «Non aux 3 B» (référence faite à Bedoui, Bensalah et Belaïz), a-t-on pu ainsi lire un peu partout. D’autres sont même allés jusqu’à «4 B», ajoutant le président de l’APN, Mouad Bouchareb, au lot des personnes rejetées par l’opinion publique. «Dégagez, l’Algérie appartient au peuple», Vive l’Algérie belle et rebelle», «Non au coup d’Etat institutionnel qui ne reconnaît pas la souveraineté du peuple», est-il également réclamé un peu partout à travers le pays. Il en est de même  pour ce qui est de l’application des articles de la constitution. En effet, alors que la rue avait réclamé plusieurs semaines de suite, l’application de l’article 102, celui de la vacance du pouvoir, voila que maintenant tout le monde en appelle exclusivement aux articles 7 et 8 qui indiquent que «la souveraineté nationale appartient au peuple». Un droit réclamé à travers des slogans du 12 avril.
Aussi, la capitale du pays, a vu des marées humaines plus importantes qui scandaient notamment «Lebled bladna ou ndirou rayna» (C'est notre pays nous faisons comme bon nous semble). Les citoyens, sortis en familles et entre amis, drapés de l’emblème national, ont brandi des pancartes et des banderoles exprimant toutes leurs aspirations. Ils ont, aussi, rejeté «une élection présidentielle supervisée par Bedoui». D’autres pancartes exigeaient «le départ immédiat » de tous ceux qui ont représenté le pouvoir jusque là. Les manifestants clamant haut et fort, le slogan habituel «Djeich, chaab khaoua khaoua» (Armée et peuple sont frères, Ndlr), ont également revendiqué la mise en place d'une période de transition devant être assurée, disent-ils, par des «personnalités nationales non impliquées dans la gestion du pays ». Le sourire aux lèvres, beaucoup d’entre eux, ont redoublé d’ingéniosité dans leurs messages. L’on remarquera, à titre d’exemple, une illustration formant quatre dents alignées dont l’une est arrachée alors que les trois autres sont restées. En bas de cette image, il était écrit «Tetnahaw guaâ». Une femme enceinte, visiblement déterminée à prendre part à cette marche mais en même temps ayant peur d’être bousculée, marchait avec l’écriteau au dos : «Bébé à bord». Bref, les Algériens ont démontré, encore une fois, que même dans les situations de crise, ils restent attachés à leur humour inégalable. Mais comme la bonne humeur n’est pas contraire à la maturité, les manifestants ont également scandé des slogans faisant part de leur attachement à l'unité nationale et réaffirmant que «la souveraineté   appartient exclusivement au peuple». Pour rappel, les marches de ce vendredi interviennent au lendemain de la désignation de M. Bensalah au poste de Chef d'Etat, conformément à l'article 102 de la Constitution. Il a aussitôt convoqué le corps électoral pour le 4 juillet 2019, en vue de l'élection d'un nouveau président de la République. Tout comme les précédents vendredis, les premiers groupes des manifestants ont commencé à affluer vers l'esplanade de la Grande-Poste et la Place Maurice-Audin, lieux de regroupement par excellence des manifestants depuis les premières marches du 22 février dernier.   
Soraya Guemmouri

 


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