mardi 25 juin 2019 05:47:43

Devant le ministère de la Justice : Sit-in hier des avocats et magistrats

Des juges regroupés au sein de «Club de magistrats libres» des avocats, des défenseurs et activistes des droits de l’homme ont observé, hier, un sit-in devant le siège du ministère de la Justice, à Alger, ont exprimé leur «refus catégorique» de la supervision des présidentielles devant se tenir le 4 juillet prochain.

PUBLIE LE : 14-04-2019 | 0:00
Ph. : Billal

Des juges regroupés au sein de «Club de magistrats libres» des avocats, des défenseurs  et activistes des droits de l’homme ont observé, hier, un sit-in devant le siège du ministère de la Justice, à Alger, ont exprimé leur «refus catégorique» de la supervision des présidentielles devant se tenir le 4 juillet prochain.

Le porte-parole du Club des magistrats algérien, en voie de création, Merzougui Saâd Eddine, a lu à ce sujet une déclaration à  l’occasion de ce rassemblement, organisé conjointement avec l’Union nationale des ordres des avocats, et annoncé le boycott de la supervision des prochaines élections. « Nous refusons de faire un faux témoignage pour des élections dont les résultats sont connus d’avance », a-t-il déclaré.
Les magistrats et les avocats ont scandé  longuement «Libérez la justice» et réclamé «l’indépendance réelle» de la justice pour pouvoir «ouvrir» des enquêtes sur les affaires de corruption qui rongent le pays. Ils ont exigé des pouvoirs publics de leur «accorder» les moyens pour qu’ils puissent exercer leurs fonctions judiciaires d'une manière «indépendante» et « ipartiale». Le juge Merzougui a demandé d’engager l’ensemble des citoyens à dénoncer les actes de corruption et la levée de l’approbation préalable du ministère de la Justice pour engager la procédure judicaire dans les affaires de corruption.
Il  a rappelé que les magistrats sont les «premiers» cadres supérieurs qui ont soutenu le mouvement populaire, déclenché le 22 février dernier, et aussi, les premiers qui ont demandé à l’ancien président de la République de démissionner. «Nous refusons toutes les surenchères visant à mettre en doute la position des magistrats, nous avons été parmi les premiers  hauts fonctionnaires de l’Etat à refuser de superviser les élections du 5e mandat et les seuls qui avons demandé la démission de Bouteflika de la République» a-t-il ajouté, assurant au passage que «la corporation restera toujours aux côtés du peuple et son mouvement pour la démocratie et le changement en dépit de tous les obstacles».
Pour le porte-parole du Club de magistrats libres,  les magistrats sont les «victimes» de dépassements, de pratiques méprisantes et vindicatives. Des pratiques qui ne peuvent en aucun cas, selon lui, décourager les magistrats pour la revendication d’une justice libre et indépendante.
Ces avocats et magistrats, rejoints par des notaires et des huissiers de  justice, ont affirmé  que leur combat «pour le changement est  animée par une volonté et une détermination qui ne s’essoufflera pas, en dépit de la pression, et les mesures vexatoires à l’encontre des juristes et magistrats pour les dissuader à porter leur voix et à soutenir le peuple qui manifeste partout en Algérie».
Les robes noires ont exprimé leur engagement à rester «mobilisés» jusqu'à la satisfaction de leurs revendications, à savoir «l'indépendance totale de la  justice qui garantit l'Etat de droit» et la consécration de la démocratie. «Avec l’écho qu’il a eu, le mouvement populaire est une réaction légitime et un cri contre l’injustice, la corruption, la marginalisation, et l’exclusion, dont le peuple algérien à tant souffert» ajoutent les magistrats qui  ont dénoncé fermement «l’abus de pouvoir au service des intérêts personnels».  Les juges, avocats et huissiers, ont appelé par ailleurs à soutenir le mouvement populaire qui est «un appel pacifique au changement».
 Présents lors de ce sit-in, l’avocat et défenseur des droits de l’homme, Me Mustapha Bouchachi, a déclaré que  le rôle des magistrats et des procureurs de la République est déterminant «dans ce contexte révolutionnaire que connaît le pays». De son côté, Me  Noureddine Benissad, président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), a déclaré que le sursaut populaire, contre «les figures du système» a confirmé encore qu’«une période de transition démocratique est inévitable pour une transition démocratique pour la deuxième  République».
Tahar Kaidi
 

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