jeudi 18 avril 2019 12:19:18

Abdelghani Raoui, réalisateur d’Intérieur ville : « Alger est le personnage principal de mon film »

Rencontré jeudi dernier, lors du premier tour de manivelle de son film Intérieur ville, Abdelghani Raoui, réalisateur, scénariste et producteur du film, revient dans cet entretien sur son drame surréaliste qu’il classe dans le genre d’ expressionnisme allemand.

PUBLIE LE : 14-04-2019 | 0:00
Ph : Nacéra

Rencontré jeudi dernier, lors du premier tour de manivelle de son film Intérieur ville, Abdelghani Raoui, réalisateur, scénariste et producteur du film, revient dans cet entretien sur son drame surréaliste qu’il classe dans le genre d’ expressionnisme allemand.

Quand avez-vous eu l’idée de réaliser ce film ?
«C’est une fiction que j’ai écrit il y a très longtemps, j’ai récemment réécrit une partie du scénario pour faire ce long-métrage de fiction.»

Quelles sont les grandes lignes de l’histoire de ce film ?
«La ville est très importante dans l’histoire du film ; il y a 90% de décor extérieur, pratiquement pas d’intérieur. C’est l’histoire d’un petit garçon qui arrive en ville pour fuir un massacre personnel. Il se retrouve livré à lui-même face à l’indifférence des citadins, il se réfugie dans un carton de réfrigérateur. L’intérieur du carton est mille fois plus grand que l’extérieur. Il y a tout un monde onirique, alors qu’il agonise ; on croit qu’il est mort, mais il est sauvé par une bande d’orphelin. Alors qu’il devient le chef de cette bande et il va devoir affronter une espèce de monstre que la ville va faire naître. Tout ça est exprimé d’une façon très surréaliste, quasiment à la manière d’expressionnisme allemand. Je pense que ça va être trépident et intense».

Pouvez-vous nous situer les unités lieu et temps de l’histoire ?
«Le film étant complètement libre, on croirait que ça se passe pendant les années 1990 mais en réalité toutes les époques sont confondues dans le film, mais disons que ça se passe principalement à Alger, qui est le personnage principal du film ; c’est la star, on va la voir filmée comme jamais elle ne l’a été.»

Est-ce une exploration de la vie sociale à Alger ? Un hommage à cette ville ?
«Un hommage oui, mais c’est surtout une représentation de la ville comme moi je l’aperçois. Une ville qui peut être parfois dantesque, infernale, tortueuse, où la pression est énorme, surtout où les gens sont cruels. Le film est une sorte de « survival urbain ».

Comment pouvez-vous définir le tissage urbain entre les principaux protagonistes du film ?
C’est la survie qui lie principalement les protagonistes du film. C’est un film basé essentiellement sur l’enfance, au point où ce sont les enfants, à un moment donné, qui vengent les adultes, mais c’est aussi un film sur le clivage social, sur le clivage pauvre/riche. Alger est une ville en pente, j’ai mis en exergue la représentation sociale où les pauvres sont en bas et les riches en haut, représenté dans le film de façon surréaliste, quasiment expressionniste avec énormément de métaphores et de paraboles.
Entretien réalisé par :
Kader Bentounès

 

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