jeudi 18 avril 2019 12:21:58

Impressionnante manifestation pour le 8e vendredi

POUR UN CHANGEMENT RADICAL

PUBLIE LE : 13-04-2019 | 0:00
Ph. A. Asselah
Les Algériens sont sortis en masse à travers les wilayas du pays, pour réclamer un changement «radical» du système et le départ de ses anciennes figures encore aux commandes du pays, ont constaté les correspondants de l'APS. Des marches imposantes et pacifiques ont été organisées pour le 8e vendredi consécutif dans les wilayas du Centre, pour réclamer un changement radical du système et le «respect» de la souveraineté du peuple. Dans les wilayas de Blida, Chlef, Djelfa et Aïn Defla, Tipasa et Médéa, des milliers de manifestants ont demandé le départ de personnalités composant le système et exprimé leur engagement à poursuivre le mouvement de protestation jusqu'à la consécration de la souveraineté populaire. Ils ont aussi réaffirmé le lien de fraternité qui lie le peuple à l’Institution militaire en scandant «Djeich Chaâb Khawa Khawa». À Tizi Ouzou, Boumerdès, Bouira et Béjaïa, les manifestants, qui étaient des centaines de milliers, ont déployé l’emblème national. 
Ils ont sillonné les artères principales de ces villes en brandissant des banderoles et des pancartes réclamant une phase de transition qui sera gérée par des personnalités «civiles, crédibles, non impliquées dans des affaires de corruption et qui n’ont pas soutenu le régime». À Béjaïa, la marche, qui a visiblement mobilisé plus que ses effectifs antérieurs, a fait une boucle de plusieurs kilomètres, et en milieu d’après-midi, de nouveau renforts affluaient encore vers le centre-ville, venant autant de l’intérieur de la wilaya que de l’extérieur, notamment de Jijel, de Sétif et de Bordj Bou-Arréridj.  
Pour le premier vendredi après la désignation de M. Bensalah comme chef de l'État, les marches populaires et pacifiques dans les wilayas de l’Est ont été reconduites, avec comme mot d’ordre : «Le respect de la volonté du peuple». À Annaba, Constantine, Skikda, El-Tarf et Mila, des petits groupes de citoyens ont convergé, sous des pluies incessantes, vers les centres de ces villes, juste après la prière, et arpenté les artères principales, au fur et à mesure que d’autres groupes se sont joints à la marche. Depuis Guelma, Tébessa, Souk Ahras, Biskra, Batna et Sétif, des milliers de citoyens, jeunes et des moins jeunes, des familles et des personnes âgées, déployant l'emblème national et entonnant comme à l'accoutumée «Djeich-chaâb khaoua khaoua» (Armée et peuple sont frères), ont également appelé au départ «des figures apparentés au système». À Oum El-Bouaghi et Khenchela, les manifestants ont exprimé, à travers des slogans et en brandissant des banderoles et des pancartes, leur attachement à l'unité nationale. Dans l'Ouest, la marche oranaise réclamant le changement «radical» du système a drainé une foule immense de citoyens qui a, notamment appelé au «respect de la voix du peuple». La prière du vendredi accomplie, de nombreux groupes de manifestants ont entamé la marche à partir de différents quartiers de la capitale de l'Ouest. Les premiers mouvements étaient visibles à travers, entre autres artères, les boulevards «Mâata El-Habib» et «Emir Abdelkader», la rue de «Tlemcen» et l'avenue «Max Marchand». Disparates au départ, ces groupes de citoyens, dont des femmes et des enfants, arboraient l'emblème national et scandaient des slogans hostiles au régime en place. «Respectez la voix du peuple», «Dégagez tous», «Oui à l'Algérie des Chouhada», figurent parmi les slogans récurrents clamés par la vague de manifestants qui marchaient également au rythme de chansons patriotes. 
Des marches aux revendications similaires ont été observées dans les wilayas de Tlemcen, Mascara, Aïn Témouchent, Mostaganem, Tiaret et El-Bayadh, a-t-on constaté. Dans le Sud, enfin, ils étaient des milliers de personnes à sortir dans la rue afin de réitérer leur appel au changement «profond» et réaffirmer la cohésion entre le peuple et son armée (Djeich-Chaâb, khawa-khawa). Issus de différentes couches de la société, ils ont tenu des rassemblements et arpenté les principales artères des grandes villes du Sud, à l’instar d’Ouargla, Ghardaïa, El-Oued, Touggourt, Laghouat, Adrar, Tindouf et Tamanrasset, pour réclamer un changement «radical» et appeler au «respect de la Constitution». Arborant l’emblème national, des manifestants ont réclamé l’application de l’article 102 de la Constitution, mais «appuyé» par ses articles 7 et 8, tandis que d’autres ont appelé à la mise en place d’une instance de transition gérée par des «hommes intègres et nationalistes». 
Les manifestants ont scandé aussi des slogans appelant à la lutte contre la corruption, tout en rappelant le caractère pacifique de leurs manifestations et en appelant à la préservation de l’unité nationale. Encadrées par un dispositif de sécurité imposant, déployé aux points névralgiques pour éviter tout dérapage, ces marches se sont déroulées dans le calme. 
 

à  Alger
Une mosaïque humaine
 
En ce huitième vendredi de contestation pour un changement démocratique, le mouvement de protestation populaire est confronté à plusieurs défis. L’un d’entre eux était de donner une réponse aux multiples événements qui se sont succédé à la vitesse de la lumière, cette semaine, notamment l’installation de M. Abdelkader Bensalah comme président intérimaire pour assurer une période de transition de 90 jours, conformément à l’article 102 de la Constitution, ainsi que l’annonce de la tenue de la présidentielle pour le 4 juillet prochain.Le dispositif de sécurité était très dense dans toutes les rues d’Alger, s’assurant même de la fluidité de la circulation sur les grands boulevards. A la place du 1er-Mai, la foule a commencé à affluer dès midi. L’impressionnant dispositif de sécurité mis en place essaye de contenir la foule, scandant des slogans contre le président intérimaire, autour du rond-point. 
L’opération se passe dans la bonne entente, au point que des membres du service d’ordre de la manifestation s’occupaient de réguler eux-mêmes la circulation. La rue Hassiba-Ben-Bouali commence également à grouiller de monde drapé du drapeau national. De jeunes vendeurs ambulants, espérant attirer des manifestants pour leur vendre des sodas, improvisent un slogan : «Silmiya, silmiya, bssah techriw aâlina» (Pacifique, pacifique, mais vous sortez votre monnaie»), provoquant le fou rire parmi un groupe de femmes vêtues aux couleurs nationales. Les gens commencent à affluer vers la Grande-Poste, lieu emblématique du «Hirak». À la rue Didouche-Mourad, le décor n’est point différent. Des centaines de manifestants descendent jusqu’à la place Audin, mais sans oublier de faire une halte au niveau du quartier Ferhat-Boussaâd, devenu, au fil des vendredis de contestation, le lieu de rencontre des créateurs de slogans servant à donner du souffle et de la voix aux milliers de manifestants. Les balcons et les façades sont couverts de banderoles portant des slogans d'une étonnante créativité.
L’une d’elles a volé, toutefois, la vedette à toutes les autres. Tout en rendant hommage aux handicapés, elle réclame une augmentation de leur maigre pension.
Un peu plus bas, à côté d’un groupe de manifestants qui se fait interviewer par une chaîne de télévision, un restaurant affiche, à la place du menu, un slogan : «Menu du jour : Espoir, respect et unité dans la diversité». Le tenancier de l’établissement ne croyait pas si bien dire, car, à la place Audin, des milliers de manifestants, tenant un drapeau géant de l’Algérie couvrant une bonne partie des manifestants, criaient à l’unisson : «Leblad, bladna, ouendirou rayna» (le pays nous appartient, c’est à nous d’en faire ce que nous voulons !). Sous le drapeau, des dizaines de jeunes, drapeaux amazighs et algériens mêlés, scandent : «Oulach smah oulach !» (Pas de pardon !) La mosaïque n’en finit pas pour autant. À quelques mètres de là, une tribune est improvisée. À côté d’un escabeau, des manifestants attendaient leur tour pour prendre la parole devant des manifestants qui en redemandaient. Chacun y allait de sa préoccupation, les uns demandant une assemblée constituante, les autres à ne pas dévier du caractère pacifique de ce mouvement. Soudain, une femme âgée vêtue d’un haïk et muni d’un balai enflamma la foule. Il s’avère que c’est la coqueluche de ce mouvement, car des dizaines de jeunes se bousculent pour prendre un selfie avec elle. 
Devant le portail de la Fac d’Alger, le carré féministe reste fidèle à son engagement. Il est même plus dense que le vendredi dernier, arborant, cette fois, une banderole en hommage aux militantes mortes pour que les femmes arrachent leurs droits dans une Algérie ouverte à tous, dont Nabila Djehnine, en premier plan, assassinée par des terroristes islamistes dans les année 1990. À ce moment, des cris stridents détournent l’attention des manifestants vers un balcon. À la Grande-Poste, rien ne semblait dévier la foule, imposante, de sa trajectoire. Des grappes de manifestants occupent le parvis, ainsi que la devanture de l’immense immeuble de l’ancienne poste. Des banderoles colorées et aux mots d'ordre variés ornent les lieux. Pour la plupart, elles exigent «le départ des trois B». La foule scande même, en guise de slogan : «Bensalah, dégage !»
Toutefois, un petit mouvement de panique a été constaté vers 14h30, au niveau de la place Audin, à cause d’un départ de feu, mais sans suite, car les choses ont repris leur cours normal.    
Youcef Kaced

Relance des principales revendications 
 
Contre toute attente, l’ambiance de la manifestation d’hier à Alger était calme. Cela dit, il y a certes une ambiance pacifique mais quelque peu surchauffée. La foule compacte, rassemblée à la Grande-Poste est infranchissable, de nombreux manifestants se contentent de suivre à distance sur un bout de trottoir les cris enflammés de cette marée humaine inhabituelle. 
 
Les alarmistes se sont trompés sur toute la ligne. 
 
A aucun moment la marche ne  s’est transformée en heurts et échauffourées avec la police, à la Grande-Poste, place mythique de cette révolution pacifique inédite, dans l’Histoire. 
Aucun blessé, aucun désordre ni aucune violence n’ont été enregistrés mis à part des incidents signalés place Audin, sans se propager dans d’autres lieux de rassemblements. 
Les édifices publics étaient entourés par un important dispositif policier, mais la marche s'est  tenue dans le calme, sans qu’elle ne s'électrise. Pas de présence de casseurs dans les rangs des manifestants, où l’on comptait des familles accompagnées de leurs enfants. Aucun commerce n’a été saccagé, alors que des hélicoptères de la police tournoyaient dans le ciel. Cela fait près de deux mois que les Algériens dans tout le pays, sortent dans la rue et se rassemblent dans le calme absolu.   Les estimations sur le nombre de manifestants sont difficiles à établir, mais tout le monde s’accorde à dire que la manifestation de ce vendredi est beaucoup plus importante que les précédentes, du moins à Alger. L’acte 8 aura été singulier donc par son caractère pacifique qui est la marque du mouvement depuis le 22 février. Pas de tensions ni heurts avec la police, laquelle même si elle a essayé par moment de bloquer certains passages, n’a pas fait usage de grenades lacrymogènes. Au contraire, les forces de l'ordre avec tact et sérénité ont laissé faire et n’ont pas tenté de disperser la foule.  Les citoyens tous âges et catégories sociales confondus sont sortis pour protester contre la feuille de route proposée jusque-là pour juguler la crise, c’est ce qui ressort des slogans criés à tue-tête  par les citoyens. Les mêmes revendications sont relancées avec plus de véhémence et de délectation, à l’instar du fameux «système dégage» ou encore «tatnahaw ga3». Haut en couleurs, l’événement s’est transformé pour de nombreux citoyens en des moments festifs en se donnant à cœur joie au selfies et autres vidéos, alors que d’autres étaient émus de croiser des parents ou des amis qu’ils n’ont pas vu depuis longtemps. Les citoyens ont scandé les mêmes slogans, en agitant des pancartes aux revendications multiples. Ils accusent, en substance, de brader les acquis du hirak. Tout porte à croire que cette épreuve de force  ne vient qu’ajouter un nouvel élément d’incertitude à une transition démocratique qui tarde à voir le jour et de plus en plus grevée par les hypothèques socio-économiques. Bref, l'intérim assuré actuellement par le président du Sénat est complètement rejeté par la population. Les manifestants contestent les choix du recours à l’article 102 de la Constitution. En effet, les premières réactions, venant des étudiants mardi passé, suivies du rassemblement des syndicalistes mercredi, ont donné le tempo à ce que devait être la manifestation d’hier.  Nous l’avons vu ils ont scandé des slogans contre cette feuille de route et ont clamé haut et fort «un changement politique du régime et non dans le régime». Ils sont nombreux à estimer que cela ne veut pas dire que les choses vont changer et s’améliorer, en dehors de ce qui a changé précisément. La plupart des jeunes interrogés pensent qu’en dehors de cette opération de désignation de Bensalah à la tête de l’Etat, comme président, la situation reste tout de même ce qu’elle est depuis toujours. «Cela veut simplement dire que le régime se recompose et se régénère à partir de lui-même», indiquent-ils. Ainsi aux yeux de la majorité des manifestants, qui défilent sans renoncer à aucun moment à leurs revendications principales, il ne s’agit pas de remplacer le régime de manière restreinte, dans la mesure où cela produira une continuité politique, mais un changement radical qui puisse permettre l’émergence d’une nouvelle clase politique.  Les slogans brandis ne sont pas un cliché, d’où l’importance qu’ils devraient être entendus au sens fort. Il s’agit pour eux d’une aspiration à un changement réel qui puisse permettre un passage serein à une deuxième République dans laquelle l’Etat de droit serait le pilier central. Le mouvement populaire soutient mordicus que tous les responsables politiques devraient partir, c’est sur cela que le mouvement de protestation s’est focalisé. Pour de nombreux citoyens que nous avons interrogés, l’argument avancé jusqu’à présent est irrecevable, «nous demandons seulement que les responsables qui nous ont conduit à cette situation de crise se retirent définitivement. C’est notre principale revendication. Autre chose, cette mobilisation citoyenne n’est pas anodine et les gens ne sont pas prêts de retrouver le chemin des urnes, le 4 juillet 2019» assène un quinquagénaire. Plus d’un mois après les premières manifestations, les acquis se sont accompagnés d’une stagnation, voire d’une régression, et la fronde attisée par les tergiversations des tenants de la décision, exprime un désenchantement largement partagé dans la population. La rue continue de s’imposer comme le canal naturel d’expression des doléances populaires, pourtant les responsables sont conscients qu’une contestation durable peut être exploitée par ceux qui veulent se greffer au hirak.  
Farid Bouyahia

 

SÉTIF : Ambiance festive

C’est dans une ambiance de fête populaire, que Sétif a vécu une fois encore hier au rythme du «Harak», qui a drainé, sur cette vaste place de la wilaya, de nombreux participants de la cité d’Aïn El-Fouara, mais aussi de contrées environnantes.
Des nombreux jeunes et moins jeunes, des enfants même, la tête drapée de l’emblème national qui sont venus accompagnés de leur parents pour découvrir et vivre comme les vendredis précédents cette belle mosaïque de l’Algérie une et unie autour de ses valeurs, son identité, affirmant une fois encore leur attachement à la patrie et ce lien fort qui unit chaque jour davantage encore le peuple à l’Armée nationale populaire, digne héritière de l’Armée de libérations nationale.
Dans ce mouvement pacifique qui prévalait et grandissait davantage une fois la prière du vendredi terminée, chacun tentait de retrouver sa place, ses retrouvailles du vendredi précédent pour vivre en symbiose ces moments, appeler comme d’habitude à la mise en œuvre de profondes réformes et la construction d’une Algérie nouvelle, libre et démocratique. «Nous sommes là pour continuer à revendiquer autant d’idéaux auxquels nous aspirons pour l’édification de l’Algérie que nous voulons, Une Algérie où nous aspirons nous frayer une place dans l’espace des idées et même des décisions. Une Algérie où nous devons prendre en main notre destin plutôt que de la subir», souligne Madjid, un des ces nombreux jeunes qui animent ce mouvement. Non loin de là, juste derrière les barrières du tramway qui passe au cœur de cette foule sans qu’aucune égratignure soit relevée, des personnes âgées, visiblement au fait des affres de cette décennie noire qu’a connue le pays et de l’impact qu’elle a produit à bien des niveaux, scrutent d’un œil averti ce mouvement. «C’est formidable de voir un tel mouvement de nos jeunes qui ont ébloui le monde par leur comportement et les symboles très fort qu’ils ont arboré, sauf qu’il faudra faire attention à tous ceux que la stabilité de l’Algérie dérange par les temps qui courent et qui n’ont d’objectif que de semer la pagaille et faire que nous basculions encore dans un bain de sang, dans cette fitna infernale que nous avons connue», poursuit Hadj Rabie, avant que Mokhtar ne le reprennent : «À tous ceux-là qui n’ont appris à nager que dans les eaux troubles, nous disons que nous avons déjà mis le pied sur la braise et le peuple plus que jamais uni autour de l’Armée nationale populaire ne tolèrera aucune ingérence d’où qu’elle vienne !»
Entre-temps, et alors que le service d’ordre est impeccablement assuré par les services de police, les amateurs de derbouka, tambours et klaxons multiples de voitures et ronflant à plein régime, agrémentent cette ambiance festive que des marchands de casse-croûte, d’emblèmes et d’écharpes, de trompettes et autres gadgets mettent aussi à profit dans ce décors tout de sons, de rythmes et de couleurs.
F. Zoghbi 
 
Bordj Bou-Arréridj 
Ces manifestations qui ont remplacé « Chaw Rbiaa »
 
Les habitants de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj sont sortis pour le 8e vendredi consécutif pour réclamer des changements politiques profonds. Ces habitants, qui sont sortis d’abord pour réclamer le renoncement du président sortant à un 5e mandat, sont passés à une autre étape dans leurs revendications en exigeant le départ de tous les responsables de la situation actuelle du pays. 
Ils ont exprimé hier leur refus de la feuille de route actuelle. Fidèles à leur nouvelle habitude depuis bientôt deux mois, ils sillonnent les rues du chef-lieu de wilaya pour porter leur voix au monde entier. Drapés de l’emblème national et entonnant des chants patriotiques, ils manifestent leur attachement à l’unité nationale, insistant particulièrement sur la fraternité qui existe entre le peuple et son armée. Ils ont oublié leurs anciennes habitudes comme celle de fêter la venue du printemps qu’ils appellent affectueusement chaw Rbiaa. Depuis la nuit des temps, les Bordjiens célèbrent cet événement par des sorties en dehors des villes et villages. Munis de gâteaux et plus particulièrement de leur préparation fétiche la «mbardja», ils se rendent dans les champs pour exprimer leur joie pour les changements que la nature connaît en ces moments comme l’apparition de l’herbe, des fleurs et le ciel bleu. Des jeux sont organisés à l’occasion qui permettent même des rencontres entre les familles. Depuis le 1er mars jusqu’à la fin du printemps, les sorties des villes et villages sont prises d’assaut par les citoyens désireux de prendre l’air. À pied ou à bord de voitures, ils quittent leur maison pour savourer d’autres plaisirs, à savoir vivre en plein air l’espace d’une journée et fuir les obligations habituelles. Mais, depuis le 22 février, ils cherchent un autre air. Celui de la liberté et du changement. Ils ont sacrifié leurs traditions, pour faire aboutir leurs revendications. Au lieu de quitter les villes, principalement le chef-lieu, ils affluent vers le centre de ce dernier pour manifester leur désir d’une nouvelle Algérie.  À Bordj Bou-Arréridj, le vendredi a une nouvelle connotation. Ce jour qui était celui de la piété, ainsi que de la joie, est devenu celui de la révolution et de l’expression populaire, en plus de la prière.
F. D.

BéJAïA
La mobilisation  s’amplifie
Pour le huitième vendredi, la mobilisation des citoyens  n’a pas baissé d’un cran pour réclamer le départ du système en place comme demandé dans les précédentes marches. Après une semaine de grève où toutes les administrations étaient paralysées, suivies de marches quotidiennes des différentes couches sociales, hier, la mobilisation s’est nettement amplifiée, lors d’une marche pacifique et grandiose qui a sillonné les différentes artères de la ville pour réclamer le départ inconditionnel du système en place, à travers les banderoles et pancartes portant les inscriptions : «Nous marcherons jusqu’à ce que le  système dégage», «Le peuple source du pouvoir», «Pas de transition ni gouvernement avec la même façade». Arborant des drapeaux algériens aux côtés des drapeaux amazighs, les milliers de marcheurs hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, ainsi que des familles entières scandaient des slogans «Djazaïr Horra dimoqratia» (Algérie libre et démocratique), «Y’en a marre de ce système» demandant  que le message de la rue soit écouté et que seul le peuple décide de son avenir à travers les articles 7 et 8 de la Constitution. La marche pacifique a débuté à la place de la maison de la Culture. Les manifestants ont salué a leur façon les services de sécurité «Chaâb- Chorta, khawa-khawa»  (le  peuple et la police sont frères), ainsi que «Djeich - Chaâb – khawa». Les manifestants ont observé plusieurs haltes le long du parcours, devant le siège de la wilaya, la place Saïd-Mekbel, la rue de la Liberté et la Grande- Poste de la haute ville. Ainsi, à travers cette marche, les manifestants dénoncent le mutisme du système en place qui veut gérer cette transition avec les mêmes personnes après le départ du président de la République. Ce père de famille accompagné de ses enfants, venu de Sidi Aïch, déclare que «notre mobilisation se poursuivra jusqu’à ce que le message des citoyens soit appliqué. Nous avons demandé le changement radical du système, et non le départ uniquement du président de la République. Aujourd’hui, c’est le même système qui gère le pays. Ni Bensalah, ni Bedoui, ni le FLN, RND, TAJ. Seule la voix du peuple est la source du pouvoir. C’est la seule revendication de la rue, et nous serons dans la rue chaque jour jusqu’à la satisfaction totale de notre revendication. Certes, la rue grogne toujours à travers les différentes marches pour exiger le changement du système et le mode de gestion pour sauvegarder l’intérêt du pays et la stabilité de l’Algérie en respect à nos martyrs qui l’ont libéré».
M. Laouer 
 
Tizi Ouzou 
« Laissez le peuple décider de son destin »
 
Une marée humaine a submergé hier, huitième vendredi de la dynamique populaire du 22 février dernier, les principales artères de la ville, pour dire aux tenants du système politique en place, d’une seule voix et pacifiquement, «partez et laissez le peuple décider de son destin. À partir du portail principal du campus universitaire Hasnaoua, ils étaient plusieurs milliers d’hommes, de femmes, jeunes et moins jeunes, tous agitant des drapeaux nationaux et des emblèmes culturels amazighs. Au fur et à mesure que la procession avançait, ses rangs grossissaient pour devenir, quelques instants après, tous simplement gigantesques. De l’avis des observateurs, cette manifestation de l’acte VIII de la dynamique populaire pour le changement est beaucoup plus importante que les sept précédentes, par le nombre impressionnant de personnes et son caractère pacifique et festif de bout en bout. Tout au long de cette grandiose manifestation, les dizaines de milliers de marcheurs ont crié à gorges déployées leur soif de justice, de démocratie, de liberté, mais aussi et surtout du changement radical du système politique en place par le départ immédiat de tous ses tenants. «Système maffieux, dégage», «Y en marre de ce pouvoir», «Selmia selmia», «Ulac Shah ulac», «Libérez l’Algérie», «Dégage houkoumat saboutage», «Non au recyclage», «Pour une assemblée constituante souveraine», «Système dégage, la parole au peuple» et «Nul ne peut arrêter un peuple sur le chemin de son destin», tels étaient entre autres slogans ceux transcrits sur des milliers de banderoles et pancartes, aussi virulents les uns que les autres, à l’égard des tenants actuels du pouvoir, brandis fièrement par les manifestants animés d’une détermination inébranlable à faire aboutir pacifiquement toute les revendications du mouvement populaire. «Selmia» (pacifique) a été, par ailleurs, le mot d’ordre le plus fortement scandé du début de cette grandiose mobilisation populaire jusqu’à sa dispersion pacifique à hauteur du mémorial des Martyrs à la placette de l’Olivier.
Bel. Adrar
Annaba
 Forte mobilisation
 
Le huitième vendredi depuis le déclenchement du Hirak (mouvement populaire) le 22 février dernier pour un changement politique radical a vu une forte mobilisation de citoyens de différents âges à Annaba, en dépit des chutes de pluie par intermittence. Dès le début de l’après-midi, le Cours de la révolution, principale place publique, a commencé à être investi par la foule enthousiaste venue des quatre coins de la wilaya. Brandissant entre les mains le drapeau national sous différentes formes, les manifestants scandaient des slogans : «Le peuple veut des dirigeants honnêtes et crédibles», «FLN dégage», «Klitou lebled ya sarakine», «Djeich-chaâb khaoua-khaoua », criaient sans interruption les manifestants appelant à un changement politique radical et le départ du système politique en place. La pluie n’a pas découragé les marcheurs qui ont continué à battre le pavé avec la même détermination sous l’œil attentif des policiers postés autour du Cours de la Révolution. 
 B. G.
 

Constantine
La rue ne désarme pas
 
Malgré la pluie et le froid, le huitième vendredi de manifestations a connu une très forte mobilisation, avec la présence notable de femmes et d’enfants, sortis en parfaite communion pour exprimer leur désir d’un changement radical et d’une rupture totale avec tout ce qui symbolise le système. Ils étaient des dizaines de milliers de citoyens à prendre d’assaut, dès le début de l’après-midi, le boulevard Belouizdad (ex-Saint-Jean) et l’avenue Abane-Ramdane, pour se regrouper sur la place des Martyrs, haut-lieu de la protestation depuis le 22 février. Scandant les slogans habituels «Klitou leblad ya serrakine »,» Silmiya silmiya», « FLN dégage», « Djeïch chaâb khawa khawa», les marcheurs n’ont pas épargné certaines figures politiques, responsables selon eux de la crise dans laquelle se trouve plongé actuellement le pays, et dont le départ, même s’il n’est pas considéré comme une panacée, n’en sera pas moins un gage de bonne volonté de la part des décideurs. Il convient de saluer l’esprit de solidarité qui a prévalu lors de la journée d’hier, avec les campagnes de nettoyage entamées la veille par des associations de quartier, de même que la mise à la disposition des manifestants de biscuits secs, de fruits, de boissons et d’eau minérale, de même que le calme et l’efficacité du dispositif sécuritaire mis en place dès les premières heures de la matinée. 
I. B.

Oran 
« Nous marchons pour que vous partiez tous »
 
La mobilisation des Oranais pour faire aboutir les revendications portées par le mouvement du 22 février n’a pas baissé d’un cran. Pour le 8e vendredi consécutif depuis le déclenchement du Hirak, les Oranais sont sortis par milliers, adultes, enfants, hommes, femmes et familles pour réclamer «le départ du système». Eu égard à l’évolution et de la situation et aux développements survenus durant la semaine, les manifestants ont mis à jour leur slogans de revendications. De manière générale, ces derniers ont exprimé un rejet massif et sans appel de la feuille de route proposée en guise de solution à une sortie de crise. Ainsi, on pouvait lire sur les pancartes déployées par les manifestants : «Nous marchons pour que partiez tous « « El chaâb yourid tatnahaou ga3», «une vraie transitions pour la fin du système est impossible avec la même constitution» ou bien encore «le système n’a rien à envier à Machiavel». Durant toute la marche, les manifestants ont scandé de nombreux slogans réitérant la principale revendication du départ des «symboles de la continuité du système». Le rejet en bloc d’une solution d’ordre constitutionnel à la crise actuelle a été repris dans de nombreux slogans « pas d’élection présidentielle» ont scandé les manifestants durant toute la marche. Le retour sur la scène politique des leaders et des partis de l’ex alliance présidentielle ayant appelé et soutenu un 5e mandat, a été décrié par les manifestants à travers de nombreux slogans «vous avez déshonoré le FLN, ne parlez pas en son nom», «partis d’alibis du système, FLN, RND, TAJ, HAMAS, MPA». Les Oranais et à l’instar des millions de leur compatriotes à travers les quatre coins du pays ont démontré encore une fois leur attachement au caractère pacifique de leurs marches.
Amel S.

SIDI BEL-ABBES
Un même élan
 
Dans son huitième acte, la marche populaire organisée hier à Sidi Bel-Abbès a été pacifique. Le même itinéraire a été emprunté depuis la place du 1er Novembre, lieu habituel de rencontre avant de sillonner les artères et les boulevards de la cité et scander des slogans hostiles aux responsables en charge de quelques institutions.
«Le changement doit être profond et radical» ne cessaient de répéter ces jeunes qui réitèrent leur engagement à poursuivre le combat et rappellent en outre leur soutien à l'Armée nationale populaire et leur attachement à l’union nationale. Banderoles et chants patriotiques pour animer la manifestation, le décor mis en place durant tout le long du cortège a donné de la couleur et de la sonorité à la ville. 
Hommes, femmes et adolescents, toutes les couches de la société étaient représentées dans cette manifestation qui se voulait une forme d’appel pour engager des reformes profondes, mener à bien une transition et assurer le succès à la future échéance électorale. 
A l’actif de quelques manifestants plus avertis, il y a lieu de préciser ou de relever leur crainte quant à la récupération de ce mouvement citoyen déclenché pour une Algérie libre et prospère. Ces manifestants redoutent d'ailleurs les infiltrations des uns et des autres de nature à lui attribuer une couleur politique et porter atteinte par conséquent à l’image de marque d’une manifestation si singulière par son caractère pacifique et guidée par les notions d’union et de solidarité d’une nation sans aucun exclusion, ni autre forme de marginalisation. Des notions découlant de l’esprit de novembre et se conformant au serment prêté par nos glorieux martyrs.… Autant d’enseignement à tirer surement.
A. B.
MASCARA
Profonde aspiration au changement 
 
Les citoyens sont sortis aussi nombreux en sillonnant les principales artères du chef-lieu juste après la grande prière du vendredi, venus des quatre coins de la cité de Beni Chougrane pour revendiquer haut et fort leurs revendications pour un changement politique répondant aux aspirations des masses populaires, les pancartes drapées du drapeau national soulevées au cours de cette marche vont dans ce sens. ils étaient nombreux dans cette foule compacte à nous déclarer qu’un mouvement démocratique doit souffler dans cet élan populaire pour faire émerger un système qui compte des attentes du peuple dans tous les domaines de la vie quotidienne, une Algérie prospère, libre et démocratique. 
Les manifestants ont tenu à clamer ce droit inaliénable à une vie meilleure à tout point de vue toutefois certains ont tenu à nous dire qu’il va falloir se méfier des informations tendancieuses, des «fake news» et des rumeurs fallacieuses diligentées sur les réseaux sociaux du net et les avis sont partagés quant à la convocation du corps électoral prévu pour le 04 juillet de l’année en cours en ce sens que les mécanismes de ce processus ne sont pas encore élucidées, nous diront d’autres personnes interrogées mais toujours est-il que la sécurité et la stabilité de l’Algérie priment avant toute autre considération, en préservant les acquis du peuple et les constantes de la nation . La es marche de ce vendredi ont été marquées par une présence remarqué de toutes les couches sociales et professionnels et de militants du mouvement associatif. Des jeunes et moins jeunes, en familles ou entre amis, les Mascaréens ont tenu à participer à ces marches, certains étant accompagnés de leurs enfants, ce qui a créé une ambiance bon enfant et conviviale dans les rues. 
Ils étaient des milliers à répondre favorablement pour un changement radical du système. Il faut dire que cette marche, organisée hier dans les rues de la cite de l’émir s’est déroulée dans un climat de sérénité et d’organisation. 
Les manifestants, qui ont afflué de toutes les communes pour converger vers la place publique de l’émir Abdelkader eu centre-ville de Mascara, point de départ de la procession, organisée en groupes. Et tout au long de leur itinéraire, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au système en l’invitant à partir. 
«Non au régime qui renie la nation algérienne», «Pour un changement radical du régime». Une foule compacte qui affiche sa profonde aspiration à un changement démocratique au cours de cette mobilisation pacifique de la population qui ne faiblit pas au fil des semaines.
A. Ghomchi

 Bechar
une foule mpressionnante
 
C’est une foule plus impressionnante que celle qui était au rendez-vous les vendredis précédents, qui est sortie ce 8e vendredi consécutif, pour exprimer encore une fois ses attentes, que l’on pouvait explicitement lire sur des banderoles, en l’occurrence le mécontentement des habitants de la capitale de la Saoura, quant au déroulement actuel des événements politiques, suite à la vacance présidentielle et dont les décisions qui ont suivi ne répondent point à leurs revendications. 
On aura également pu entendre des slogans exhortant l’Armée à accompagner la voix du peuple dans cette demande réitérée de changement politique tous azimuts, aux cris de «khawa-khawa». 
Un leitmotiv réitéré pour rappeler le cadre solidaire dans lequel doivent demeurer tout ces changements. La foule qui s’est d’abord donné rendez-vous sur la place de la République, a arpenté plusieurs artères de la ville, dans une marche pacifique irréprochable et pleinement confortée par la forte présence de la jeunesse et de la frange féminine. 
Il faut dire que depuis une semaine aussi, des petites rencontres de jeunes sont organisées çà et là, pour un échange d’idées au centre même de la place en engageant des débats de plein-air où chacun prend la parole pour exprimer son point de vue sur la situation actuelle du pays, alors que toutes les propositions convergent vers une solution, à la fois constitutionnelle et politique, loin de toute dérive. 
Les étudiants également, en arrêt de cours cette semaine, n’auront pas manqué d’exprimer leurs avis à l’endroit même de leur sit-in, devant l’entrée principale de l’université. 
Ramdane Bezza
 
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