mardi 17 septembre 2019 03:27:17

Montage de véhicules : « Inutile pour l’économie »

Quel est l’apport des activités de montage de véhicules à l’économie nationale ? Aucun, répond, sentencieux, Abderrahmane Achaïbou, membre fondateur de l’Association des constructeurs et concessionnaires automobiles, lors de son intervention, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale.

PUBLIE LE : 08-04-2019 | 23:00
D.R

Quel est l’apport des activités de montage de véhicules à l’économie nationale ? Aucun, répond, sentencieux, Abderrahmane Achaïbou, membre fondateur de l’Association des constructeurs et concessionnaires automobiles, lors de son intervention, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale. Argumentant ses propos, le même responsable relève «le manque à gagner pour le Trésor public» causé par ces types d’opérations, en même temps que les prix excessifs auxquels sont cédés ces véhicules. Pour appuyer son constat, M. Achaïbou avance des chiffres qui donnent le tournis, affirmant que 3,7 milliards de dollars sont dépensés pour 180.000 voitures importés». Et d’ajouter : «Si nous avions fait en sorte d’utiliser rationnellement les 3,7 milliards de dollars consentis auparavant pour 180.000 voitures importés, nous aurions pu importer 300.000 automobiles et protéger, en même temps, les 100.000 emplois, perdus depuis», enchaîne le même responsable. Compte tenu de cette situation alambiquée, une question se pose : pourquoi sommes-nous arrivés là ? A ce sujet, M. Achaïbou évoque une «gabegie» à «l’ère de Bouchouareb», l’ex-ministre de l’Industrie, qui en son temps, rappelle-t-il, n’avait fait bénéficier les activités de montage qu’à une seule entreprise, en l’occurrence l'entreprise Renault. D’autre part, expliquant la non rentabilité des montages de véhicules, l’invité de la radio précise que ces voitures sont montées puis démontées par leurs fabricants pour être ensuite remontées en Algérie. Corollaire : des surcoûts à la pelle. Dans son intervention, M. Achaïbou a rebondi sur le cahier des charges, datant de 2015 et relatif à l’importation de véhicules neufs. Amendé deux mois plus tard, ce texte permet, sous des prétextes de sécurité, de «rajouter pour environ 1.500 dollars d’équipements, pas nécessairement indispensables» augmentant, au final, d’environ 40% leurs coûts. A l’avenir, l’invité de la radio explique — qu’avec la crise économique à laquelle est confrontée l’Algérie — qu’il faut stopper l’importation et le montage de véhicules de grosses cylindrées et autres 4x4, en échange de chacun d'entre eux, il est possible, selon lui, de ramener trois automobiles.
D’autre part, il y a lieu de rappeler que la liste des constructeurs s’élargit. L’usine du constructeur japonais Nissan en partenariat avec son représentant historique le Groupe Hasnaoui, ont rapporté des médias nationaux, devrait entrer en activité en 2020. «L’installation des usines de montage des voitures en Algérie est un choix irréversible de l’Etat, qui est venu après l’interdiction des opérations d’importation qui drainaient des milliards de dollars des caisses de l’Etat», avait déclaré l’ex-ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi.
En réponse à la question de hausse des prix des véhicules locaux, Yousfi a souligné avec insistance que «le choix de poursuivre l’importation des véhicules durant cent ans n’est pas celui du gouvernement», précisant que «l’Algérie souhaite passer à une véritable industrie de voitures, ce qui demande beaucoup de temps et de patience, précisant l’évolution progressive du pourcentage d’intégration dans ce domaine d’une année à une autre».
    Fouad Irnatene
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions