mercredi 22 mai 2019 06:57:11
D.R
La déferlante populaire sortie en masse, hier à Alger, a été sans nul doute des plus imposantes depuis le début des manifestations, le 22 février dernier, pour un changement radical. Hier encore, et pour le cinquième vendredi consécutif, plusieurs artères de la capitale se sont avérées exigües pour contenir une marrée humaine, des femmes et des hommes et même des enfants, tous venus scander, une fois de plus, leur aspiration pour le renouveau du mode de gouvernance. A gorge déployée ou par des pancartes sur lesquels étaient écrits des slogans hostiles aux représentants du régime, les manifestants, pour la plupart drapés des couleurs nationales, ont tenu d’emblée à réagir aux récentes déclarations faites notamment par le FLN qui, rappelle-t-on, avait apporté son soutien, la semaine dernière, au mouvement populaire. «FLN dégage», rétorquent à l’unisson les jeunes protestataires. «Il ne faudrait pas confondre avec le FLN qui a libéré  le pays du colonialisme», indique un septuagénaire brandissant fièrement une photo du martyr Mustapha Ben-Boulaïd, un des héros de la Révolution. Les manifestants approuvent tout en continuant à exprimer leur rejet à la dernière décision du FLN. Plus loin, en contrebas de la Grande Poste, d’autres manifestants louent l’unité entre l’Armée et le peuple. Ici, un jeune militaire invalide est porté sur leurs épaules par des citoyens, en signe de reconnaissance aux services rendus à la patrie. Au niveau de l’avenue Pasteur, les slogans et  les sons  des vuvuzelas s’étaient brusquement amoindris, le temps du passage devant l’établissement de santé Pierre-et-Claudine-Chaulet. Une manière comme une autre de ne pas importuner les malades hospitalisés et qui démontre, si besoin est, le civisme des  manifestants. Autre signe de bonne conduite et de maturité des citoyens, le respect réservé aux femmes, nombreuses elles aussi à investir la rue, en ce 5e vendredi de manifestations. Le chemin menant vers le Palais du gouvernement rendu par ailleurs inaccessible du fait de la présence d’un dispositif des services d’ordre, les manifestants empruntent alors le tunnel des facultés pour rejoindre la Place Audin.  En face, le  boulevard Mohamed-V paraissait bondé de monde et l’on ne pouvait distinguer que les centaines de drapeaux aux couleurs nationales qui flottaient. A relever que ces manifestations pour le «changement radical» sont aussi une aubaine pour des vendeurs, dont beaucoup n’ont pas manqué le rendez-vous d’hier à Alger. Différents formats de l’emblème national ont été ainsi proposés à des prix variables. C’était aussi une occasion à ne pas rater pour les fast-foods et autres cafétérias longeant l’avenue Didouche-Mourad aux environs de la Fac centrale, qui ne désemplissaient plus à partir de 15 h.   Postées aux alentours des institutions, à l’exemple de l’APN et du Conseil de la Nation, les forces de l’ordre ont fait valoir, comme de  coutume, un professionnalisme exemplaire à travers l’encadrement assuré lors de la manifestation d’hier. Celle-ci s’est déroulée dans la joie et a été marquée par des airs festifs, de communion entre l’ensemble des citoyens réunis dans l’espoir d’un  lendemain meilleur. En fin d’après-midi, vers  17h, les manifestants se dispersent dans le calme. Aucun dérapage n’a été signalé.
 Karim Aoudia   
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