Stress hydrique : quel impact sur le rendement agricole ?

Les pluies enregistrées, ces derniers jours, arrivent au bon moment, estime Brahim Mouhouche, enseignant à l’École supérieure d’agronomie, qui souligne toutefois que le stress hydrique qui a affecté jusque-là notre agriculture occasionnera sans doute un recul du rendement.
PUBLIE LE : 23-03-2019 | 0:00

Les pluies enregistrées, ces derniers jours, arrivent au bon moment, estime Brahim Mouhouche, enseignant à l’École supérieure d’agronomie, qui souligne toutefois que le stress hydrique qui a affecté jusque-là notre agriculture occasionnera sans doute un recul du rendement. 
 
De passage ce jeudi à l’émission ‘‘L’Invité de la rédaction’’ de la radio chaîne 3, le chercheur de l’INA souligne que ce stress hydrique et son impact dépendront des taux de précipitations durant les deux prochains mois et indiquera  néanmoins que ce stress hydrique est « bien réel ». « Le déficit en pluviométrie a fortement sanctionné nos cultures. Normalement, à cette date, on devait avoir depuis le début de la campagne agricole entre 400 et 450 mm de pluie, alors qu’il n’est tombé que 200 mm, ce qui représente 50% de déficit en chutes de pluie », a-t-il déploré, soulignant au passage que les fortes chutes enregistrées avant janvier n’étaient pas vraiment bénéfiques pour la culture, dans la mesure où le sol ne peut pas retenir toute cette quantité d’eau, une partie étant perdue. Il estime que grâce aux pluies d’avant janvier, on a évité une catastrophe hydrique. A la question de l’évolution du système d’irrigation, M. Mouhouche indiquera que depuis la mise en place du PNDA (Plan national de développement agricole), en 2000, il a été constaté une progression « sensible » des surfaces irriguées avec des systèmes économiseurs d’eau. Il regrette en revanche que, depuis 2006, l’élan de cette utilisation a été malheureusement « fortement diminué », car pour certains agriculteurs, le système du goutte-à- goutte ne peut être employé pour toutes les cultures, notamment en arboriculture. Il a souligné que parmi les surfaces les plus cultivées, il y a celles des céréales. 
« Toutefois, on ne diminue pas l’importance du maraichage dans deux wilayas du Sud du pays qui seront, au futur, un réservoir en matière de produits agricoles pour le pays », a-t-il expliqué. Evoquant le système de déminéralisation des eaux souterraines et des nappes phréatiques, l’enseignant à l’Ecole supérieure d’agronomie a affirmé que la déminéralisation est utilisée aujourd’hui beaucoup plus pour l’AEP et noté que l’Algérie a fait un bond « énorme » dans le domaine du dessalement. « On arrivera selon le programme mis en place à 800 millions de m3 par an, soit pratiquement le plus grand barrage d’Algérie qui avoisine une capacité de stockage d’un milliard m3 », a-t-il fait remarquer, insistant sur les efforts « louables » consentis par les responsables du secteur des ressources en eau. « Il faut reconnaître qu’il n’existe pas beaucoup de pays qui ont pu réaliser des efforts aussi importants que ceux réalisés en Algérie ces 20 dernières années », a concédé M. Mouhouche, qui a rappelé à cette occasion que notre pays est semi-aride et ne dispose pas de ressources hydriques « suffisantes » pour « atteindre » une autosuffisance céréalière en particulier et agricole en général. 
« C’est très difficile pour que l’Algérie soit autonome à 100% avec une agriculture qui consomme entre 70 et 85% des ressources hydriques du pays », a-t-il considéré.
Dans ce sillage, l’invité de la rédaction recommande l’utilisation rationnelle et durable de cette ressource en  évitant les gaspillages, et la généralisation des nouveaux systèmes d’irrigation pour économiser cette eau. Il dira que si on énumère tous les secteurs gros utilisateurs d’eau, on atteindra facilement les 50% d’eau gaspillée. « Pour éviter cela, a-t-il ajouté, il faut absolument utiliser au maximum les méthodes d’économie de cette source vitale».   
Selon lui, la culture des céréales, qui représente plus de 3,5 d’hectares, a été faite dans de « bonnes » conditions avant janvier, malheureusement, depuis le mois de référence, les cultures ont été fortement affectées vu le stress hydrique qui caractérise notre pays ces derniers mois.   
Mohamed Mendaci
 

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