dimanche 26 mai 2019 07:29:12

Mourad Preure, expert international en énergie : « Il est impossible que l’on donne du Gaz gratuitement »

Convié à s’exprimer au sujet des «contrats gaziers avec la France», l’expert international en énergie Mourad Preure s’est montré on ne peut plus catégorique : « On ne donne pas gratuitement le gaz. Ce n’est pas possible. »

PUBLIE LE : 21-03-2019 | 0:00
D.R
Convié à s’exprimer au sujet des «contrats gaziers avec la France»,  l’expert international en énergie Mourad Preure s’est montré on ne peut plus catégorique : « On ne donne pas gratuitement le gaz. Ce n’est pas possible. » 
 
Pour étayer ses dires,  il souligne que « le gaz doit passer par les services des douanes avant son passage aux frontières », notant, dans ce même contexte, la traçabilité obligatoire dans toute opération d’acheminement de gaz.
M. Preure, qui s’exprimait sur les ondes de la  chaîne III de la radio nationale, a ainsi catégoriquement démenti les rumeurs qui courent sur les contrats gaziers signés avec la France. 
Se voulant plus explicite, il dira que « si on exporte un conteneur de dattes, il faut que les services des douanes mettent leur cachet, sinon il ne sort pas. De la même manière, un méthanier qui transporte du gaz ne sortira pas sans l’autorisation des douanes».
L’expert a également relevé l’existence des  points de comptage, précisant que «  la comptabilité en la matière, au niveau de Sonatrach, est très stricte ». 
« Je me permets d’aller un peu plus loin dans les explications, en précisant que lorsqu’un bateau quitte l’Algérie avec du pétrole, la Banque d’Algérie exige à ce que l’argent rentre dans un délai très court », a-t-il souligné, avant d’ajouter que « c’est extrêmement précis ».
L’hôte de la chaîne III a, dans ce sillage,  précisé que  la Banque d’Algérie « est très vigilante » sur le volume qui sort et exige à ce que les recettes soient rapatriées dans un délai très court  à la Banque extérieure d’Algérie.
 «Je le dis clairement, la France ne va pas aller se chauffer au bois parce qu’il n’y a pas de gaz venant d’Algérie. Et pour cause, il y a une grande concurrence dans ce domaine,  les fournisseurs se bousculent pour l’alimenter, dont le Qatar, les Etats-Unis et la Russie», a-t-il clarifié, soulignant la nécessité de «défendre les parts de marché algériennes».
Poursuivant ses propos, M. Preure dira que «l’Algérie a toujours réussi dans des moments sensibles à rassurer ses partenaires», notamment  sur sa fiabilité et le respect de ses engagements. «Durant la décennie noire, il n’y a pas eu de rupture d’approvisionnement», a-t-il expliqué, soulignant le fait que «nous avons réussi à maintenir le système pétrolier et gazier en fonctionnement malgré les risques qu’il y avait. C’était une image forte et un message pour l’industrie pétrolière et gazière mondiale».  
Pour le spécialiste des questions énergétiques, les moments cruciaux que vit actuellement  notre pays ne sauraient le dévier de sa trajectoire. «C’est un signal très fort et une image importante de l’Algérie qu’il faut préserver» a-t-il dit, avant d’ajouter que «les gisements ont besoin aujourd’hui de beaucoup d’efforts et de technologies pour retrouver le rythme de production normal». 
«Nous avons un potentiel qui est indiscutable», a-t-il également noté, soulignant que «si notre production traverse un trou d’air, ce n’est pas par manque de potentiel, mais par manque d’investissements».
 
«Il faut faire confiance à cette nouvelle génération de jeunes qui a démontré sa maturité au cours de ces marches.» 
 
Partant de là, M. Preure mettra l’accent sur la nécessité d’un traitement très particulier des gisements, notamment pour le gaz, relevant qu’en termes d’approvisionnement, l’Algérie est un partenaire stratégique. «Nous représentions 16% de la demande gazière européenne en 2010, alors qu’actuellement elle est de 8%», a-t-il fait observer, ajoutant que «notre part a baissé. Nous avons des concurrents qui sont très agressifs, à l’image des Américains et du Qatar qui ont une capacité de liquéfaction de 77 millions de tonnes, et qui sera portée à 100 millions de tonnes ; je vous laisse deviner la suite ». 
M. Preure a, dans ce contexte, indiqué que l’Algérie dispose d’un atout non négligeable. Elle constitue la source la plus proche des marchés européens avec 24 millions de tonnes de capacité de liquéfaction et un volume des  exportations à hauteur de 55 milliards de m3 annuellement.  
L’expert précise, en outre, que l’Algérie dispose de trois gazoducs transcontinentaux, ce qui, selon ses termes, «constitue une assurance pour le marché européen. Un marché qui devient compétitif et qui est orienté par des logiques de courts termes et des logiques boursières». 
Selon lui, dans l’industrie gazière, «la confiance est particulièrement importante», insistant sur le fait que «c’est un marché très compétitif et il faut se battre très dur pour garder nos parts de marché».
A cet effet, il affirmera que «tout fléchissement de la production algérienne sera immédiatement compensé par des volumes concurrents». Toutefois, celui-ci estimera que «l’Algérie ne peut pas permettre que l’on touche à son système pétrolier et gazier».   
 Evoquant avec la journaliste les autres faits de l’actualité, l’expert dira avec une note de fierté que « l’Algérie est en train d’impressionner le monde, comme elle l’a fait plusieurs fois dans son histoire, par la maturité de son peuple et son patriotisme qui ont marqué les marches. Des marches qu’il faut saluer». 
L’hôte de la radio relèvera également les points forts de  ces marches qui ont clairsemé le paysage de la plupart des localités algériennes. «Je crois qu’avec cet esprit de citoyenneté qui est en train d’éclore de ces journées de manifestations, il faut faire confiance à cette nouvelle génération de jeunes qui a démontré sa maturité au cours de ces marches », a-t-il soutenu, précisant que «c’est spectaculaire et c’est tout simplement émouvant».
Apparemment fort optimiste quant à l’avenir qui est réservé au pays, l’expert relèvera  l’intérêt de mettre en place des dispositifs pour que les jeunes puissent accéder aux postes de responsabilité, sans restriction et dans toutes les régions du pays. 
Kamélia Hadjib 
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