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Selon Lakhdar Brahimi : « Il y a urgence d’amorcer le dialogue »

Expérimenté et spécialiste de renom dans la gestion des crises internationales, M. Lakhdar Brahimi n’est pas sans ignorer toute la complexité de la transition vers la deuxième République que le pays s’apprête à accueillir.

PUBLIE LE : 18-03-2019 | 23:00
D.R
Expérimenté et spécialiste de renom dans la gestion des crises internationales, M. Lakhdar Brahimi n’est pas sans ignorer toute la complexité de la transition vers la deuxième  République que le pays s’apprête à accueillir. Il s’agit en effet d’un processus qui n’est pas du tout simple, plus particulièrement dans ce qu’il est convenu de nommer «la case de départ». Intervenant  hier à  la Radio Chaîne III, M. Brahimi a loué  les vertus du dialogue tout en déconseillant toute forme de désordre. «Le changement ne se fait pas  tout seul» fera-t-il observer, mettant ainsi l’accent sur «l’urgence d’amorcer le dialogue structuré et organisé pour sortir du blocage». 
De quel «blocage» parle donc M. Brahimi et  à quel niveau au juste se situe-il ? Le diplomate n’apporte pas de réponse précise à la question. Il a tout juste indiqué que les manifestations de citoyens qu’il a qualifiées «de très enthousiasmantes et encourageantes » ne peuvent toutefois se poursuivre indéfiniment. Cela dit, l’on pourrait comprendre par le terme «blocage» évoqué par le diplomate, ces retard pris, notamment dans la formation du nouveau gouvernement dont l’annonce était prévue pour le début de semaine, selon l’échéance que s’était fixé le Premier ministre Noureddine Bedoui lors de la conférence de presse animée conjointement, jeudi dernier, avec le vice-Premier ministre Ramtane Lamamra. 
Les consultations et les contacts se poursuivent toujours cependant  pour former ce nouveau gouvernement voulu de «large ouverture» et reflétant, par sa composante, des compétences nationales avec ou sans affiliation politique, une composante élargie aussi aux différentes catégories de la société,  plus particulièrement la jeunesse. Est-ce à dire que ce temps pris pour constituer le nouvel Exécutif réside dans la difficulté d’établir un consensus et de se frayer un chemin d’entente en termes de représentativité et d’acceptation de chacun de ses membres par le peuple ? Probable.  Ayant investi la rue par millions, le peuple algérien qui a manifesté pacifiquement pour un  changement substantiel du système politique et exprimé des aspirations que M. Lakhdar Brahimi a qualifiées de «parfaitement légitimes, compréhensibles et attendues» lors de son passage à la radio. Les représentants devant parler au nom du peuple ne sont pas encore désignés. Cela pourrait être perçu comme un autre élément de blocage, empêchant d’entamer la phase du dialogue «indispensable et urgent» indique encore le même intervenant. Il considère à ce propos que ceux qui se disent «leaders, voire les meneurs desdites manifestations de «la rue» devraient la diriger et non pas se contenter de la suivre. Il a ainsi mis en relief la nécessité de «commencer à parler de manière structurée et organisée». 
 
Mettre au point, ce qui a été décidé, loin du désordre 
 
«Il faut mettre au point ce qui a été décidé» a-t-il plaidé tout en conseillant que le «premier pas ne doit pas se faire dans le désordre». Le diplomate et ancien ministre des Affaires étrangères ne manquera pas aussi les d’exprimer le souhaite de voir les facteurs de blocage empêchant jusque là l’ouverture de ce dialogue inclusive ne devrait pas se transformer en «impasse». Il va sans dire que toute les forces vives de la Nation, partis politique et société civiles y compris s’accordent dans leur quasi majorité sur le principe du dialogue, qui faut-il le dire, demeure la voie idéale pour face à la situation sensible que vit le pays. Selon M. Lakhdar Brahimi, la deuxième République incarnant ce changement «est une aspiration légitime qui passe par un programme complexe et compliqué». 
Il a relevé que la rue avait des slogans « très simples que tout le monde a compris et donné son accord (le pouvoir, notamment) pour le changement «rapide et immédiat», rappelant que le Président de la République avait «répondu favorablement en renonçant au 5e mandat et en reportant les élections». «Il faut maintenant que les gens s’assoient pour mettre un programme pour effectuer le changement en vue de l’avènement de la 2e République», a-t-il dit, insistant pour que «ça soit organisé», pour ne pas tomber dans les mêmes erreurs de certains pays comme l’Irak après la chute de Saddam Hussein. Faisant une rétrospective historique, M. Brahim a fait savoir que depuis 1962, plusieurs «tournants très importants n’avaient jamais été «négociés de la bonne manière», mettant en garde ne pas refaire les mêmes erreurs en saisissant cette «opportunité historique». Autre précision, celui-ci se défend d’avoir été désigné pour «vendre la feuille de route du président». «Ni le président, ni le gouvernement ne m’ont mandaté» a-t-il affirmé.
Karim Aoudia
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