lundi 18 mars 2019 21:31:25

Valorisation des déchets : Un créneau sous-développé

• Si des efforts, non moins importants, ont été consentis dans le domaine de la collecte et de la gestion des déchets, la question du recyclage de ces derniers n’est pas encore, quant à elle, hissée au rang de priorité.

PUBLIE LE : 16-03-2019 | 0:00
D.R
• Si des efforts, non moins importants, ont été consentis dans le domaine de la collecte et de la gestion des déchets, la question du recyclage de ces derniers n’est  pas encore, quant à elle, hissée au rang de priorité. 
 
En effet, contrairement  à ce qui se passe ailleurs, cet aspect n’est pas pris en considération alors que le recyclage est carrément une véritable industrie, si l’on sait que ce même marché est évalué à pas moins de 38 milliards de dinars en Algérie, selon les experts. La récupération est un sous-secteur qui n’intéresse nullement les investisseurs et même les pouvoirs  publics qui tournent le dos à l’or des poubelles, à même pourtant de constituer une manne financière non négligeable pour le pays. Parler de cette problématique ne suscite plus d’intérêt, à l’heure où  pas moins de 34 millions de tonnes de déchets sont générées, dont 13 millions de détritus ménagers et assimilés, chaque année. 
Il faut savoir que les quantités  jetées par un Algérien est passée, ces dernières années, du simple au double, avec 278 kg annuellement ; ce qui laisse supposer  une tendance, une fois de plus, à la hausse pour atteindre, en 2035, selon une étude, les 70 millions de tonnes, engendrées par les foyers. Aujourd’hui,  certes des actions ont été engagées par le ministère de l’environnement et des énergies renouvelables, avec des investissements lancés durant les  quinze dernières années, notamment en termes de création d’infrastructures d’une valeur de  2 milliards de dollars, dans un souci de valoriser les déchets, néanmoins cette nouvelle démarche n’arrive toujours pas à booster l’économie de recyclage des déchets, reléguée, toujours, au dernier plan. Parler d’une filière de recyclage est trop dire, même si l’on croise, tous les jours, dans les quartiers des jeunes qui fouinent les bacs à ordures, dans l’espoir de trouver des produits à récupérer ou tout simplement auxquels il est donné une seconde vie. Il faut préciser cependant qu’il s’agit d’initiatives individuelles qui restent malheureusement limitées au plastique. 
Pourtant le papier, le verre et autres sont aussi des matières nobles qui devraient attirer pas seulement ces personnes mais également, et en premier lieu, les  opérateurs économiques.
 
Tri sélectif : Un geste à cultiver tous les jours
Selon la chargée du secteur,  l’option de récupération des déchets n’est pas encore concrétisée, d’autant plus que seuls 7% des déchets produits sont valorisés en Algérie. Les statistiques  démontrent clairement que  beaucoup reste à faire en la matière. La culture du tri est loin d’être un geste machinal chez nous, et ce n’est point étonnant, désormais, de voir les bacs destinés au plastique, par exemple, changer de  contenu, avec l’augmentation du volume des déchets, devenu inévitable avec la croissance démographique, sans oublier le mode de consommation qui n’est plus le même comparé au passé. Aujourd’hui, ces contenants n’arrivent pas à créer de nouveaux reflexes dans la société. Il faut savoir aussi que l’Algérie s’est dotée de 89 centres d’enfouissement technique,  sur un programme qui compte, au total, 177 centres d’enfouissement de déchets managers et 38 centres d’enfouissement de déchets résiduels, selon les données du ministère de l’Environnement. Mais  malgré cette avancée, l’on est encore très loin du recyclage systématique et à grande échelle. La conception de ces derniers, de l’avis des experts, présente des carences à l’origine de l’inefficacité des CET, ou dans les meilleurs des cas, répondre aux objectifs assignés à ce genre d’établissements.  
Ce qui explique, à vrai dire, la saturation de ces derniers, parfois aussi la résistance de la population dans certaines régions  pour la réalisation de ce type de projets.  
Ce qui s’est passé à Ouled Fayet, il y a quelques années, est, sans doute, une preuve de la non-conformité de certains centres.   
Aujourd’hui, ce n’est pas étonnant que le l’on continue à importer du papier, du plastique, du verre, à coût de fortes devises, alors que ces mêmes matières existent en Algérie, pour peu que l’on donne un peu plus d’importance à la récupération des déchets qui reste le parent pauvre des stratégies nationales et des projets d’investissement.    
Il faut savoir également que le plastique se taille la part du lion en termes de matières recyclées, avec un taux de 17%.
Samia D.
 
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