lundi 27 mai 2019 15:30:02

Conférence nationale inclusive et indépendante avant la fin de l’année : Réaliser le sursaut national

Des partis ont salué la décision du Président de la République relative au report de la présidentielle du 18 avril, ainsi que les autres décisions qu’il a annoncées lundi dernier, dans un message adressé à la nation, estimant qu’elles viennent en réponse aux revendications populaires, tandis que d'autres formations politiques ont rejeté leur teneur.

PUBLIE LE : 14-03-2019 | 0:00
Ph. T. Rouabah

Des partis ont salué la décision du Président de la République relative au report de la présidentielle du 18 avril, ainsi que les autres décisions qu’il a annoncées lundi dernier, dans un message adressé à la nation, estimant qu’elles viennent en réponse aux revendications populaires, tandis que d'autres formations politiques ont rejeté leur teneur.

A cet égard, le parti Tajamou Amel El Djazair (TAJ), présidé par Amar Ghoul, s'est félicité des décisions «sages» annoncées par le Président de la République «en réponse aux revendications formulées lors des marches populaires». Il a appelé, à ce propos, à «l'accélération des réformes profondes et audacieuses en assurant toutes les garanties pour une transition fluide de la gouvernance, le changement du système et l'édification d'une nouvelle République». Le parti TAJ s'est adressé au peuple algérien avec toutes ses composantes en l'appelant à «la coopération et au rapprochement des vues en rejetant l'égocentrisme et les ambitions personnelles limitées, à l'effet d'atteindre ses aspirations à la l'édification d'une Algérie sure, stable, développée, forte et pionnière». Pour sa part, l'Alliance nationale républicaine (ANR) a salué «la réponse sage exprimée par le Président de la République quant aux revendications de réformes soulevées durant les marches populaires, et ce, à travers son renoncement à un cinquième mandat et le report de l'échéance électorale avec l'introduction d'amendements essentiels et importants dans la composition du gouvernement».
Le parti de Belkacem Sahli a appelé «tous les fidèles et patriotes à adhérer à cette démarche (...), pour réaliser le sursaut national escompté et édifier une Algérie dans laquelle se concrétisent toutes les aspirations et espoirs des Algériens vers un avenir meilleur».

Rassurer les jeunes

Le président du Mouvement El Islah, Filali Ghouini a appelé, hier à Alger, à «davantage de garanties pour rassurer les jeunes et la classe politique», soulignant l'«impératif d'ouvrir un débat entre les différents acteurs dans le but de définir les priorités de l'étape actuelle et de limiter sa durée de façon consensuelle». «Le mouvement propose davantage de garanties pour rassurer les jeunes, la classe politique et tous les Algériens, outre l'ouverture d'un débat entre les différents acteurs, en vue de définir les priorités de l'étape actuelle dont la durée doit être limitée de façon consensuelle et ce, pour une transition souple», a fait savoir M. Ghouini lors d'une conférence de presse animée au siège du parti, à l'issue de la session extraordinaire de son bureau national. A ce propos, le président d'El Islah a affirmé que ces propositions sont dictées par «les divergences de vues de la classe politique sur le contenu du dernier message du Président Bouteflika à la nation», qui «n'a pas été accueilli favorablement par toutes les composantes de la classe politique et une partie considérable du mouvement populaire». Le mouvement appelle, à cet égard, «l'ensemble des Algériens, notamment les jeunes manifestants à se structurer au sein d'espaces représentatifs, partisans, syndicaux ou associatifs, afin d'assurer leur représentation dans la conférence nationale proposée, pour défendre les revendications soulevées». Aussi, M. Ghouini a annoncé «l'adhésion de son parti aux appels aux réformes profondes lancés par les Algériens et approuvées par le Président de la République, à travers une feuille de route devant aboutir à un grand consensus national pour l'édification d'une nouvelle République pour un nouveau système algérien, qui sera issu de la Conférence nationale inclusive». A cet effet, le mouvement El Islah s'est félicité des décisions prises par le Président Bouteflika dans son message, lesquelles répondent aux revendications de larges franges du peuple». Saluant, par ailleurs, «le caractère pacifique des marches populaires et la maturité des Algériens dans le traitement de leurs questions nationales», le parti s'est félicité, également, de leur «haut sens des responsabilités et de leur attachement à la sécurité, à la stabilité, aux vies et aux biens, ainsi que du professionnalisme des différents corps de sécurité».

Valorisation du report des élections

Le Mouvement de la société pour la paix (MPS) estime, par contre, que les mesures annoncées «ne répondent pas aux ambitions du peuple algérien qui est sorti, par millions, dans les différentes wilayas, revendiquant un changement effectif», avant de qualifier ces mesures de «contournement de la volonté des Algériens, dont la visée est de mettre en échec l'opportunité historique de transition de l'Algérie vers la concrétisation de la volonté populaire et en découdre définitivement avec la vision unilatérale». Dans un communiqué signé par son président, Abderrezak Makri, le Mouvement considère que ces mesures «sont totalement dépourvues du principe du consensus (...) et du cadre légal et constitutionnel», d'autant qu'elles «ne fixent pas les mécanismes permettant de s'accorder sur des réformes profondes et se contentent seulement d'évoquer une conférence nationale, laquelle pourrait être un outil pour noyer les réformes, une fois le mouvement populaire essoufflé». Le MSP reproche également à ces mesures «l'absence de l'idée de formation d'un gouvernement de consensus présidé par une personnalité consensuelle qui aura à superviser les réformes convenues», outre le fait qu'elles «ne soient pas limitées dans le temps». Dans le même contexte, le MSP a souligné qu'«en dépit de sa valorisation de l'accord de l'opposition concernant le report des élections (...), le mouvement lui impute la responsabilité de son incapacité à s'accorder sur une vision politique complète et sur des mécanismes déterminés pour la transition politique et de se contenter uniquement de décocher des flèches, à coups de surenchères et d'accusations sans fondement, qui ne sont pas dans l'intérêt du pays en cette conjoncture difficile que traverse l'Algérie». De même, le MSP reproche à «certains de tenter de surfer sur la vague du mouvement populaire avec des surenchères peu constructives».  Quant au parti Talaie El-Houriat, il a estimé, à travers son président, Ali Benflis, que le message du Président de la République «ne résulte pas d'une écoute sincère de la voix du peuple et ne découle pas d'une volonté d'opérer un changement».  A son tour, le parti des Travailleurs (PT) a indiqué que «la décision du Président de la République de renoncer à un cinquième mandat aurait pu être un véritable facteur d'apaisement, en ce sens qu'aurait répondu positivement aux ambitions de millions d'algérien», précisant que le prolongement du quatrième mandat traduit une fausse image sur la volonté de la majorité écrasante du peuple de se libérer du régime».

Préserver la souveraineté nationale

«Le report des élections et le renoncement du président de la République à la candidature peuvent être un facteur en faveur de la préservation de la souveraineté nationale contre les ingérences étrangères et le chantage exercé par certaines grandes puissance à condition qu'il ne soit pas une manœuvre pour garder le même système et gagner du temps», a expliqué le PT.
Dans ce contexte, la SG du PT, Louisa Hanoune a remis en cause la possibilité de voir «la conférence nationale inclusive refléter la volonté du peuple», rappelant que «pendant le mouvement populaire, l'idée de créer l'assemblée constituante a été fortement évoquée car garantissant la souveraineté du peuple en associant toutes ses composantes dans le dialogue inclusif et l'élaboration de la nouvelle Constitution». Dans ce cadre, le président du parti du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas estime que «l'objectif escompté par tout un chacun est l'adoption d'une Constitution qui réponde aux aspirations du peuple algérien en matière de paix, de démocratie, de développement socio-économique et d'élection de représentants des différentes franges de la société». M. Abdelaziz Belaid, président du Front Al-Moustakbel a fait part de l'attachement de sa formation à l'organisation de la présidentielle «dans l'échéance fixée», appelant l'ensemble de personnalités et partis politiques à «assumer leurs responsabilités quant au respect de la Constitution». Mettant l'accent sur «la nécessité de revenir au processus électoral qui demeure le libre choix du peuple pour exprimer sa volonté», le Mouvement El-Bina a mis en garde contre les phases transitoires qui se gèrent en dehors de la légitimité populaire électorale». Le Mouvement El-Bina a invité la classe politique à assumer ses responsabilités dans l'encadrement de la conjoncture au mieux de l'intérêt de l'Algérie et la protection des constantes nationale et les acquis du peuple».

Une feuille de route de transition démocratique

Des partis de l'opposition ont appelé, hier à Alger, à la tenue d'une rencontre nationale ouverte pour la tenue d'un dialogue sérieux et l'élaboration d'une feuille de route de transition démocratique. Cette rencontre nationale ouverte «rassemblera un front contre la voie du pouvoir» et visant à «tenir un dialogue sérieux pour la formulation de revendications populaires, l'élaboration d'une feuille de route de transition démocratique et la mise en place d'un nouveau système», indique le communiqué final de la 5e rencontre de concertation de l'opposition, qui s'est déroulée au siège du Front de la justice et du développement (FJD) à laquelle ont pris part des dirigeants de partis politiques, des représentants de la société civile ainsi que des activistes ayant participé aux marches populaires.  Lors de cette réunion regroupant les représentants de 14 formations politiques ainsi que des personnalités publiques, les forces de l'opposition ont réitéré «le refus catégorique de toute forme d'ingérence étrangère dans les affaires internes du pays». Exprimant son rejet des dernières décisions du Président de la République, les mêmes forces de l'opposition ont appelé «tous les députés intègres et sages à se retirer des deux chambres du Parlement». 
Par ailleurs, les participants à cette rencontre ont apporté leur soutien à l'élan populaire, appelant à sa poursuite et à son appui. L'opposition a rejeté, en outre, l'implication de l'Armée nationale populaire (ANP) dans les tractations politiques «partant de son souci de préserver le consensus national, dont jouit l'institution militaire».
 

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