lundi 27 mai 2019 15:23:38

Grand angle : La théorie et la pratique

«L'Union européenne continuera d'œuvrer à préserver l'accord sur le nucléaire avec l'Iran», a affirmé Mme Federica Mogherini, haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'Union européenne (UE), au Conseil de sécurité de l'ONU, lors d'un débat sur la coopération entre les Nations Unies et l'UE.

PUBLIE LE : 14-03-2019 | 0:00
D.R

«L'Union européenne continuera d'œuvrer à préserver l'accord sur le nucléaire avec l'Iran», a affirmé Mme Federica Mogherini, haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'Union européenne (UE), au Conseil de sécurité de l'ONU, lors d'un débat sur la coopération entre les Nations Unies et l'UE. Cette position n’est pas nouvelle. Depuis le retrait des américains, en mai 2018, de l’accord conclu en juillet 2015, les européens n’ont eu de cesse de le défendre et d’affirmer, à qui veut bien les entendre, la nécessité de préserver cet accord obtenu au bout d’une dizaine d’années d’âpres négociations entre l’Iran et les principales puissances mondiales. «Notre sécurité collective nécessite une solide architecture multilatérale de non-prolifération et de désarmement», a souligné Mme Mogherini. Et à la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE d’avertir qu’une «nouvelle course aux armements —et en particulier une course aux armements nucléaires — ne pourra, en effet, que rendre le monde moins sûr». Mais l’Amérique de Trump ne semble pas l’entendre de cette oreille. Pourtant, l’un des objectifs de l’accord-cadre était de contrôler le programme nucléaire iranien et s’assurer de son non-utilisation à des fins militaires. En contrepartie, les autres parties signataires s’engageaient à lever les sanctions économiques qui touchaient le pays et frappaient durement son économie. Mais le retrait des États-Unis ainsi que la réintroduction des sanctions économiques contre l’Iran a changé la donne et mis l’Europe face à un dilemme : Comment défendre ses intérêts sans provoquer l’ire de Washington ? Pas évident et ce d’autant que l’Iran, de son côté, qui a respecté ses engagements, a menacé de se retirer de l’accord. Ainsi si la décision américaine a plongé l’accord dans la tourmente, elle a aussi eu le mérite de mettre l’UE face à ses responsabilités à l’égard d’un partenaire qui avait respecté sa part du contrat. «Mais sans accord sur le nucléaire, toute discussion avec l'Iran serait beaucoup plus difficile, et non pas plus facile. Le démantèlement d'un accord qui fonctionne ne sera jamais un bon point de départ pour faire avancer nos intérêts collectifs en matière de sécurité», a souligné la cheffe de l’UE. Pourtant l’Union, au grand regret de Téhéran, semble incapable de s’affranchir du tutorat américain. Il est vrai aussi que cela est loin d’être facile. «Dans la pratique, la structure financière de l'Union et en particulier son système bancaire ont montré qu'elle n'est pas capable de se présenter en tant que décideur indépendant et en tant qu'entité puissante pour pouvoir préserver les résultats qu'elle a atteints et remplir ses engagements», a indiqué, début janvier, le vice-premier président de l’Iran dans un entretien accordé à Euronews. C’est dire que si passer de la théorie à la pratique il y a un pas, il se trouve aussi qu’il est, souvent, difficile à faire.
Nadia K.

 

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