mardi 26 mars 2019 10:26:18

Grand angle : Un business florissant

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, sera aujourd’hui à Washington où il doit discuter deux jours durant avec les autorités américaines du financement des opérations de paix dans le monde, dont le budget est déséquilibré par la baisse de la contribution des Etats-Unis.

PUBLIE LE : 13-03-2019 | 0:00
D.R

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, sera aujourd’hui à Washington où il doit discuter deux jours durant avec les autorités américaines du financement des opérations de paix dans le monde, dont le budget est déséquilibré par la baisse de la contribution des Etats-Unis. En effet, depuis 2017, l’ONU fait face à une réduction de 28% à 25% de la contribution américaine (soit 220 millions de dollars par an en moins). Mais force, cependant, est de souligner que les USA ne sont pas les seuls à poser problème. D’autres Etats-membres tardent, pour leur part, à procéder au versement de leurs contributions. Cette situation ne manque pas de mettre l’ONU face à de sérieuses difficultés de trésorerie et peut-être même à l’incapacité, à terme, de financer sa quinzaine d'opérations de paix employant plus de 100.000 Casques bleus et pour lesquelles il faut 6,689 milliards de dollars. Antonio Guterres, conscient de l’enjeu, tente de sensibiliser les Etats membres. Mais ce n’est pas pour autant gagné. Ils sont peu ou prou favorables à une augmentation de leurs contributions. Et même les autres solutions suggérées pour résoudre ce casse-tête ne trouvent pas preneur. il en est ainsi de l’idée de «transférer de l'argent d'une mission de paix à une autre» au prétexte que «cela pose des problèmes techniques de comptabilité et politiques car certains Etats peuvent vouloir financer certaines opérations plus que d'autres». En fait, ces réticences à mettre la main à la poche pour financer des opérations de paix et contribuer ainsi à mettre un terme à des conflits meurtriers pourraient s’expliquer par le fait que certains pays auraient plus à gagner en situation de guerre. Le politologue et économiste italien Riccardo Petrella affirme que «la guerre est l’activité économique la plus rentable après l’industrie pharmaceutique et informatique». Est-il en effet utile de rappeler la célérité avec laquelle le recours à l’option militaire est proposé dès qu’un conflit surgit dans un pays. Les pays occidentaux, principaux fabricants des armes dans le monde, ont pour seul souci de faire marcher leurs usines. Leurs dirigeants «détruisent les pays souverains via la guerre afin de faire vivre leurs économies», a dénoncé le politologue italien. Dès lors ne leur parlez surtout pas de paix même si dans les opérations menées pour l’instaurer, les occidentaux, USA en tête, sont «les premiers vendeurs de biens et de services».
Nadia K.

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