dimanche 18 aot 2019 08:32:21

M. Mohamed Aïssa, ministre des Affaires religieuses et des wakfs, invité de notre Forum : « Vers la création d’une fondation de lutte contre l’extrémisme »

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, M. Mohamed Aïssa, veut immuniser les esprits en dressant un barrage aux idées extrémistes.

PUBLIE LE : 10-02-2019 | 23:00
Ph. Louiza M.

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, M. Mohamed Aïssa, veut immuniser les esprits en dressant un barrage aux idées extrémistes.

Invité à notre forum hier, le premier responsable du secteur a annoncé la mise en place d'une nouvelle dynamique visant l'élaboration d'une loi d'orientation initiée par son département, afin de «sécuriser et stopper la prolifération des courants extrémistes et la déviation du discours religieux qui a été, selon lui travesti, notamment sur les réseaux sociaux», d'où la nécessité, aujourd'hui, de corriger ce tort, et revoir le discours religieux en profondeur. «Nous comptons revoir le discours religieux en profondeur, de manière à le mettre à l'abri de toute instrumentalisation idéologique en puisant dans la culture nationale authentique», a-t-il affirmé.
Le ministre s’est montré très ferme au sujet de l'influence religieuse rampante des courants «extrémistes» qui ne reflètent guère l'islam des Algériens, basé sur la réconciliation, la paix, la tolérance et le vivre ensemble. M. Mohamed Aïssa, se base dans sa démarche sur l'exploit réalisé contre l’obscurantisme de la décennie noire. «L'expérience algérienne en matière de lutte contre le terrorisme, le fondamentalisme et l'extrémisme religieux est un modèle dont beaucoup de pays s'inspirent aujourd'hui», a-t-il ainsi estimé. L’invité du forum d’El Moudjahid a indiqué que les experts et docteurs composant les 48 conseils scientifiques relevant de son département font actuellement un travail de réflexion sur un certain nombre de questions qui mériteraient d’être revues. «Je leur ai soumis une série d’interrogations soulevées par la société algérienne afin de réfléchir et trouver ensemble des solutions afin de corriger certaines imperfections» dira le ministre des Affaires religieuses. En sus de cette loi d’orientation qui est actuellement en phase de réflexion, le ministre a annoncé l’«installation prochaine d’une fondation de lutte contre l’extrémisme sectaire en remplacement d’un observatoire prévu initialement».

Formation des imams, l’un des objectifs essentiels du ministère

Pour encadrer la formation des imams, M Mohamed Aïssa est très pointilleux sur ce qui concerne les références religieuses nationales. C'est d’ailleurs pour lui, l'objectif recherché à travers le concours national d'accès aux instituts de formation des cadres des affaires religieuses. «Les candidats seront jugés sur leur disposition à la formation des imams et leur maîtrise de la référence religieuse nationale face à la progression des sectes qui cherchent à s'implanter en Algérie», a-t-il précisé dans ce contexte. Par ailleurs, le ministre des Affaires religieuses indiquera qu’une «convention entre le ministère des Affaires religieuses et celui des Affaires étrangères a été signée pour dégager une nouvelle approche de lutte contre l’extrémisme. Des imams participent à des séminaires internationaux pour exposer la philosophie algérienne et les stratégies mises en œuvre dans le cadre de la lutte contre la radicalisation», Parmi les actions du ministère des Affaires religieuses, il y a lieu de citer la formation d’imams étrangers dans des instituts islamiques à travers le pays. «Après la France, la Russie et la Palestine, la République de Chine a également sollicité le ministère par le biais de son ambassade à Alger pour former des imams. Une délégation composée de conseillers et cadres du ministère s’est rendue en Chine pour signer une convention dans ce sens», a indiqué M. Mohamed Aïssa. Il a, dans ce sillage, annoncé la venue d’un groupe d’imams des pays du Sahel (Mauritanie, Gambie, Sénégal et Mali) pour bénéficier d’une formation en Algérie . «L’expérience de l’Algérie dans la lutte contre l’extrémisme et la formation des imams dans ce domaine est sollicitée par de nombreux pays. Le référent religieux national renferme un discours de tolérance et d’ouverture et s’oppose aux prêcheurs de la discorde, de la haine et du chaos», a fait remarquer M. Mohamed Aïssa. Partant de là, le ministre a fait savoir qu'une commission s'attelait, en coordination avec les services concernés, au contrôle des livres religieux mais aussi du programme religieux.

Biens wakfs : 6 grands investissements prévus dans la capitale

Pour ce qui est des biens Wakfs, le ministre indiquera que plusieurs mesures ont été prises, notamment l’actualisation de la législation régissant l’investissement dans ce genre de biens, l’exploitation du foncier relevant du domaine wakfs, la recherche de nouvelles sources de financement et le partenariat avec les investisseurs privés algériens et étrangers pour une meilleure rentabilité économique. Dans ce contexte, M. Aïssa a rappelé la promulgation d’un décret en août 2018, fixant les conditions d’exploitation des fonciers destinés à l’investissement donnant lieu à plusieurs projets financés par le fonds national des wakfs, à l’image des complexes relevant des biens wakfs à Médéa et Ghardaïa. Le ministre annoncera dans cette optique, le projet de réalisation de six grands investissements dans la capitale. Il s’agira d’une banque islamique, un hôpital, un hôtel, et de deux centres d’affaires, dans lesquels le ministère des Affaires religieuses sera partenaire .
Ne pouvant éluder les questions d'actualité, notamment la protesta des imams il dira, cependant, que les portes du dialogue restent ouvertes et qu’une commission composée des représentants des imams et ceux du ministère des Affaires religieuses travaille actuellement à trouver des solutions à leurs revendications. Pour ce qui est de la polémique née après les propos de la ministre de l’éducation, M. Aïssa refuse de commenter ce qui se publie sur les réseaux sociaux et indique que «Mme Benghabrit a levé toutes les incompréhensions entourant cette question face aux députés de la nation». Le ministre des Affaires religieuses affirme par ailleurs que «le Président de la République ne permettra à personne de porter atteinte ou de remettre en question les instances de l’Etat». Pour ce qui est de la grande mosquée d’Alger, il dira qu’un Conseil interministériel est prévu, d’ici la fin février pour définir l’instance multisectorielle qui prendra en charge la gestion des structures culturelles et religieuses annexées à la mosquée. S’étendant sur une superficie avoisinant les 27,75 hectares, l’édifice est la troisième plus grande mosquée après celles de la Mecque (Masdjid El-Haram) et de la Médine (Arabie saoudite).

 « Les tarifs du hadj vont connaître une légère hausse. »

Pour ce qui est des tarifs du prochain hadj, le ministre des Affaires religieuses indiquera que ces derniers seront définis lors du Conseil du gouvernement de mardi prochain mais qu’ils n’atteindront pas les 90 millions de centimes.
Néanmoins, celui-ci justifiera la hausse annoncée, par «la décision des autorités saoudiennes d'augmenter les frais de transport de plus de 300 %», affirmant que le nouveau montant du Hadj «avoisinera le nissab de la Zakat, somme qui lorsqu'elle est détenue par une personne, celle-ci est considérée comme riche par la Chariaâ».
Les négociations engagées par le secteur avec les opérateurs saoudiens ont été «réussies», notamment en ce qui concerne le maintien des mêmes coûts d'hébergement, de restauration et d'autres besoins, a-t-il souligné.  En dépit des efforts consentis et des résultats réalisés, «les problèmes liés à la saison du hadj n'ont pas été entièrement résolus», a regretté M. Aissa. Concernant les visas de la Omra, le ministre a précisé que leur nombre a enregistré «un recul important», en raison de la procédure relative au système d'empreinte génétique, imposée par les autorités saoudiennes.
L'ambassade du Royaume d'Arabie Saoudite à Alger avait ouvert 7 centres spécialisés dans le système d'empreinte génétique, renforcés, à la demande du ministère, par 7 autres centres répartis à travers les wilayas du sud, a-t-il dit.  
«La cadence de la délivrance des visas s'accélère grâce à l'ouverture de ces centres», a rassuré M. Aïssa, annonçant la préparation de l'acheminement des équipements du système d'empreinte génétique au profit des hadjis des régions éloignées. Pour rappel, le coût du hadj pour la saison 2018 a été fixé à 525.000 DA, le prix du transport aérien inclus.
    Farida Larbi
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions