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Lutte contre les discours discriminatoires : Un projet de loi en préparation

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, a annoncé, hier à Dar El-Imam d’El-Mohammadia, que son département prépare un projet d’une loi pour la lutte contre les discours discriminatoires et les prêches sulfureux.

PUBLIE LE : 09-02-2019 | 23:00
Ph. A. Asselah

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, a annoncé, hier à Dar El-Imam d’El-Mohammadia, que son département prépare un projet d’une loi pour la lutte contre les discours discriminatoires et les prêches sulfureux. C’est à l’occasion de l’ouverture de la réunion des conseils scientifiques, que le ministre a expliqué que ce projet préparé conjointement avec le département de la justice, aura pour objectif de : «Combattre les propos discriminatoires et discours de dénigrement visant les autres doctrines et écoles de théologie».  Cependant, détaille le ministre «les dispositifs juridiques de ce projet ne seront pas inclus dans le code pénal au regard de la spécificité des concepts que l’on doit examiner», a-t-il dit, ajoutant que «les dispositions de cette loi auront un cadre juridique spécifique au sein de la loi de l’orientation du secteur des affaires religieuses». Sur l’objet de cette réunion, le ministre a expliqué à son auditoire que le plus important est de «sécuriser l’héritage culturel, et le référent religieux qui a toujours unifié les Algériens à travers l’histoire». Appelant les imams, universitaires et cadres des conseils scientifiques des différentes wilayas présents, à «débattre les questions et problématiques liées au renforcement du référent religieux», M. Aïssa  a insisté  sur le fait que la réponse à ces problématiques «n’est ni administrative ni politique, mais devrait s’élaborer dans la réflexion scientifique, et dans un cadre d’action et d’orientation structuré et continu». Pour le ministre «l’islam hérité de nos aïeux a toujours été un islam modéré, de cohésion», l’importance de  préserver une appartenance religieuse éclairée passe par ce qu’il qualifie de «restauration  de notre référent  religieux et sécuriser cet héritage afin de faire face aux multiples invasions que charrie la mondialisation effrénée». M. Aïssa a insisté sur l’importance de «moraliser» la pratique médiatique religieuse, et de «la protection de l’environnement de l’imam et de la mosquée afin qu’ils «restent à l’écart des tiraillements politiques»  au moment où «les fatwas politiques et les prêches sulfureux se propagent à travers les réseaux sociaux, délivrés par des usurpateurs et faux théologiens qui risquent d’influer et l’imam et le citoyen», a tenu à préciser le ministre. Mohamed Aïssa a mis l’accent sur «le nécessaire travail de vulgarisation des préceptes moraux qui constituent «le seul rempart contre la pensée idéologisée» et aux «tentatives de déstabilisation par la création de conflits idéologiques exacerbés». Pour M. Aïssa «affirmer l’attachement à notre référent hérité de nos savants et aïeux est une illustration de notre identité et fierté nationales».
Par ailleurs, et s’agissant de  l’emballement médiatique créé à propos de la question de la prière à l’école, le ministre a qualifié, à juste titre, de «stérile» le traitement médiatique réservé à cette «affaire», et a clairement indiqué, que «les imams n’ont pas visé la ministre de l’Education lors des prêches et «ont juste appelé au respect de la prière», ce qui est plutôt, poursuit-il «réconfortant». Dans cette optique le ministre a indiqué que son département oriente les imams dans la préparation de leurs prêches «selon les préceptes de la Sunna qui interdit de diffamer  ou de dénigrer les autres». M. Aïssa a révélé que «l’Algérie est le seul pays qui accorde aux imams la liberté de choisir les thèmes des prêches du vendredi».
Néanmoins, selon lui, «s’il y a des rapports sur une éventuelle diffamation, les comités scientifiques se réuniront pour rationaliser les discours, cela est certain». Par ailleurs, le ministre a attiré l’attention sur «les programmes scolaires d‘éducation islamique dispensés au lycée», qui sont responsables  selon lui « du bourrage de crâne des élèves d’idées d’expiation, d’exclusion  et de discrimination», soulignant à ce propos que son département envisage «la révision de ces programmes», en coordination avec le ministère de l’Education nationale.                  
Tahar Kaïdi

 

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