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Grand angle : Forcing diplomatique

L’appel du général américain sur la nécessité de la participation du gouvernement afghan aux négociations de paix avec les talibans ne semble pas trouver écho chez ses derniers qui continuent à snober le cabinet du président Ashraf Ghani.

PUBLIE LE : 09-02-2019 | 0:00
D.R

L’appel du général américain sur la nécessité de la participation du gouvernement afghan aux négociations de paix avec les talibans ne semble pas trouver écho chez ses derniers qui continuent à snober le cabinet du président Ashraf Ghani. Le chef du commandement américain au Moyen-Orient, Joseph Votel, y voit en le dialogue inclusif le seul moyen de parvenir à une paix durable et remettre le pays sur la voie de la réconciliation. Mais la démarche des talibans, qui multiplient les négociations va dans le sens inverse. Mardi à Moscou, ils ont ainsi rencontré des politiciens afghans ne faisant pas partie du gouvernement. Aucun représentant du gouvernement de Kaboul n'avait été invité, mais certains des plus grands rivaux de M. Ghani (comme l'ancien président Hamid Karzai) étaient là. Ainsi, de Doha à Moscou en passant par Téhéran, les talibans imposent leur tempo diplomatique tout en mettant à l'écart le gouvernement de Kaboul. Au Qatar, les insurgés discutent avec les Etats-Unis, qui veulent retirer au plus vite leurs troupes d'Afghanistan. En Russie, ils s'entretiennent avec l'ex-président Hamid Karzai, un opposant politique d'Ashraf Ghani. Alors qu'ils ne sont pas encore au pouvoir mais qu'ils expliquent déjà comment ils gouverneront. Même Washington qui ne cessent de répéter qu'ils veulent amener les talibans à négocier directement avec Kaboul, semblent s'entretenir dans le même temps des modalités de leur retrait avec les seuls insurgés. La rencontre de Moscou a permis aux rivaux du président Ghani, dont son prédécesseur Hamid Karzai, de saper son leadership avant l'élection présidentielle programmée en juillet. Cette offensive des talibans sur la scène diplomatique attire également une foule de puissances rivales, toutes désireuses de voir la fin de la guerre selon leurs propres ambitions stratégiques. Nombre d'entre elles ont « des intérêts fondamentalement divergents » dans cette région du monde. Pour les américains, il est hors de question de subir le même échec que celui subit en Syrie. L’objectif principal et de se constituer en rempart face à Moscou et Téhéran.
M. T.

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