jeudi 18 avril 2019 18:17:46

Azzeddine Ecchelfi n’est plus : Une belle voix s’éteint

Le chanteur, Abed Benaouda, connu dans le milieu artistique sous le nom de Azeddine Ecchelfi nous a quittés mercredi dernier, sans crier gare, terrassé par une crise cardiaque qui a eu raison de lui lors de son évacuation à l’hôpital de Chlef où il a été admis en urgence suite à un malaise, à l’âge de 44 ans.

PUBLIE LE : 09-02-2019 | 0:00
D.R

Le chanteur, Abed Benaouda, connu dans le milieu artistique sous le nom de Azeddine Ecchelfi nous a quittés  mercredi dernier, sans crier gare, terrassé par une crise cardiaque qui a eu raison de lui lors de son évacuation à l’hôpital de Chlef où il a été admis en urgence suite à un malaise, à l’âge de 44 ans.

Une grande foule des habitants de cette ville et riverains de son quartier Echhegga et ses amis et compagnons l’ont conduit à sa dernière demeure  dans un climat de tristesse et de recueillement. Tous s’accordent à dire que cet homme au grand cœur, qui a défendu âprement les classes fragiles de la société, les démunis et les pauvres. Son frère, Abdelhamid, dira qu’il était altruiste à un degré  inimaginable, sa mère adoptive, El hadja Kheira témoigne à cet effet en ne tarissant pas d’éloges à son fils en le voyant d’ores et déjà au paradis divin, l’émotion était très forte et se lisait facilement sur son visage. Ceux qui l’ont connu diront, sans aucune réserve, que son enfant   était un chanteur qui a repris les peines et les problèmes sociétaux quotidiens que vit la population. Il enregistre sa première chanson en 1998, aux éditions Meftah au centre-ville de Chlef. Son premier album «Ach Dani Lal Ghorba» de 2003 connut un succès étonnant, et a fait un tabac. Il y évoque le problème des sans papiers algériens à l’étranger. En plus de ses succès auprès des jeunes, Azzeddine Ecchelfi s’est distingué par des chansons engagées. Un révolutionnaire des temps nouveaux, il a cette rage du pays, la rage de changer le mauvais en du bon, changer le pire en meilleur. Il espère en une Algérie pure et pleine d'espoir pour les générations à venir. Il est la nouvelle fierté du "bled", le chanteur Raï qui ne mâche pas ses mots et n'hésite point à dire à voix haute ce que les autres disent tout bas. Il est vrai que ça lui a coûté quelques mois de prison mais Cheb Azzeddine ne se taira jamais contre le mauvais fonctionnement de la politique algérienne. Azzeddine considérait  Belkhayati, un autre grand chanteur de Chlef, comme son maître, avec qui il a en commun la chanson contre la hogra. Parmi ses chansons qui sont restées gravées jusqu'à nos jours dans la mémoire des Algériens figurent entre autres Kwaghti Mawajdouch. Il faut parfois que la vie d’un personnage soit portée à l’écran pour réaliser sa grandeur. L’histoire de Abed Benaouda, alias Azzeddine Ecchelfi, raconte la vie d’un homme simple devenu star de la chanson revendicative. Auteur-compositeur-interprète et musicien autodidacte, que certaines personnes ont déjà snobé à cause de son accent et son attirance naturelle pour le peuple, est toujours considéré comme le premier «chansonnier» de la région.
     Le chanteur est mort dans son sommeil d'une crise cardiaque. Né dans la banlieue dans un quartier populaire de Chlef, il y avait grandi. Il mêlait dans sa musique les influences populaires. L'homme est authentique tout de talent, de modestie et d'une prodigieuse générosité, il était aussi adulé ici et ailleurs. C’était l'enfant chéri de Chlef et des régions environnantes, des vieux quartiers où s'entassent des anciens et de nouveaux qui s'accrochent à sa musique ; un exutoire à la mal vie, aux frustrations, aux privations. Il compte plusieurs chansons dans son répertoire comme d'ailleurs ceux traitant les problèmes des Algériens. Son registre est varié et riche de moralités tirées de ses expériences personnelles. Il était dans la catégorie des chanteurs employant des propos engagés pour défendre une cause des plus nobles, un nouveau monde, une nouvelle vie en Algérie avec fraternité et bonté pour le principe de joie et de bonheur.
     Le chanteur adulé de Chlef était un artiste connu pour ses  chanson immortelles,  nous dira Abdelkader Essougri, son parolier. Bien qu’il souhaitait vivre loin des feux de la rampe, plusieurs hommages lui ont été rendus de son vivant, un grand nombre d’amis et de fans qu’il comptait par milliers, et ce, en signe de reconnaissance et de respect à la grandeur de l’homme et de sa modestie.
     Par ailleurs, Azzeddine, comme on l’appelait respectueusement, avait le verbe et la rime faciles. Son enterrement a eu lieu dans sa ville natale. La scène artistique vient de perdre l'un de ses pionniers de la chanson. Il nous quitte précipitamment. Une perte pour ses  fans qui ne l’oublieront jamais. Adieu l’artiste.
A. Ghomchi
 

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