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A la galerie Ahmed et Rabah-Asselah : « Lumières du Sud »

Entre figuratif et abstrait

PUBLIE LE : 06-02-2019 | 0:00
D.R

Dans l’exposition picturale qui se tient jusqu’au 3 mars prochain à la Galerie culturelle Ahmed et Rabah-Asselah, on n’a pas vraiment de grandes vedettes, pas de grands noms. Les organisateurs ont préféré finalement opter pour la manifestation culturelle mais pas les vedettes. Or dans le fond ne vaut-il pas mieux se réjouir qu’il y ait deux artistes  —Salim Bouhali est artiste peintre, Camel Mebarki est photographe—  qui ne soient pas des vedettes, mais qui ont tout de même du talent et sont, malgré tout, connus du public, du moins dans la région d’où ils viennent, en l’occurrence Biskra ?
Tout compte fait, ça plait assez de ne pas se trouver face au jeu de la grosse manifestation ni du vedettariat. On se démarque. On va même jusqu’à mettre des artistes qui ne sont absolument pas connus du grand public algérois et qui ne le seront probablement pas assez, parce que, peut-être, ne le cherchent-ils  pas. Il en va ainsi de Camel Mebarki qui, de par son métier, est censé être en contact avec les plus grands noms de la culture et de l’art et, simplement : autrement dit  avec son appareil comme carnet de notes et comme une manière d’avoir un sourire par rapport à son métier, il fait des photos. Ce compte rendu permanent qu’il fait à propos du monde de l’art et, par extension, du monde tout simplement, il nous le soumet ici, dans cette exposition. Voilà, en quelque sorte, une des utilisations possibles de la photographie. C’est aussi l’occasion de confronter, de se poser des questions à propos de la photographie pour ce grand public qui n’est pas tout à fait éveillé à toutes ces questions. Pour celles et ceux qui prendront donc la peine de voir cette exposition, il y aura peut-être l’étincelle qui fera que tout à coup ils ne considéreront plus la photo comme quelque chose de purement quotidien, qui probablement ne vaut pas la peine d’être vue, mais bien comme une chose qui mérite plutôt d’être regardée, à laquelle il faut être attentif. Et qu’ils feront la différence entre divers types de photographie. On est d’ailleurs assez content qu’il n’y ait pas trop de reportages. Il y a ainsi fort à parier que les visiteurs qui seront entrés dans les œuvres de Camel Mébarki vont d’un coup se trouver dans un tout autre monde et se poser finalement des questions du genre : «qu’est-ce que la photo ? ». Aussi fallait-il montrer les différences, et notre artiste photographe y a assurément réussi.

Entre figuratif et abstrait

Entre paysage et abstraction, entre gestualité et construction, l’œuvre picturale de Salim Bouhali, quant à elle, semble osciller entre figuratif et abstrait. Concentration où le gestuel et le formel se rencontrent en une «narration» sur laquelle repose la totalité du travail. Or ici, il ne s’agit pas d’un hasard, mais d’une nécessité car l’artiste vit loin d’Alger, dans la région d’El Kantara (Biskra) plus précisément. C’est pourquoi son travail fait véritablement corps avec la nature tout en développant une démarche artistique tout à fait originale. Le «vocabulaire» formel très dépouillé, mais pétri d’infimes vibrations sensibles, traduit plastiquement son expérience de la vie. On a ainsi le sentiment qu’il s’agit plutôt, pour l’artiste, de quêter un savoir de la perception et de l’émotion. D’où la tentative d’une rencontre entre discours et figure, les deux soumis à la temporalité de ce vécu et de ce perçu.  L’enjeu pour Salim Bouhali sera donc de choisir entre cette temporalité, soit dans ce cas ce qui est d’échapper au contextuel de l’œuvre d’art, et comment donner forme au discours sans tomber dans une systématique, que ce soit du côté de l’œuvre d’artiste ou du côté des grilles de lectures approchées. Pour tout dire, les recherches plasticiennes de l’artiste ne sont qu’un infini réseau de correspondances entre, d’une part, les émotions, les rêves humains et, d’autre part, les cycles, les formes et la nature. Salim Bouhali en capte l’essence même et nous la transmet par le biais de toiles amoureusement concoctées. Fragments végétaux et minéraux passés au tamis de la méditation, mêlée de sensualité et d’émotivité dans la forme la plus pure. C’est peut-être là le secret de ses œuvres à la fois simples et fortes.  Après quelque quatre ans d’existence, la galerie culturelle Ahmed et Rabah-Asselah, en tout cas, a prouvé qu’elle pouvait attirer, voire fidéliser un public donné. Cette dernière année, les organisateurs ont vraiment reçu plus de monde que les années précédentes, et maintenant on peut dire que c’est une galerie qui fonctionne vraiment. Et ça, c’est volontaire, pour signifier que les organisateurs ne sont pas encore au niveau auquel ils comptent arriver ; que cette galerie a, pour tout dire, encore beaucoup à faire, qu’elle a encore des buts qu’elle compte atteindre, et que, tout compte fait, elle est en plein développement. L’exposition se tiendra jusqu’au 03 mars 2019.
Kamel Bouslama

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