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Rencontre avec la cinéaste Yasmine Chouikh : « Le cinéma algérien a du potentiel, le manque de production fait défaut »

Invitée du café littéraire «Sijilat wa maâni», de Radio-Culture, la cinéaste Yasmine Chouikh a animé une conférence pour parler de son expérience dans le septième art, ainsi que sur différentes questions relatives à l’industrie cinématographique.

PUBLIE LE : 05-02-2019 | 23:00
D.R

Invitée du café littéraire «Sijilat wa maâni», de Radio-Culture, la cinéaste Yasmine Chouikh a animé une conférence pour parler de son expérience dans le septième art, ainsi que sur différentes questions relatives à l’industrie cinématographique.

Lors d’une conférence, au Centre culturel Aïssa-Messaoudi, de la radio algérienne, la cinéaste a de prime abord souligné l’importance d’œuvrer pour diffuser son film dans les salles obscures. Une nécessité pour partager avec le public une histoire et de la faire accepter dans la société. «Il n’y a pas plus tragique pour un cinéaste, que de voir son film peu ou non diffusé dans les salles de cinéma. Actuellement, les festivals sont le moyens le plus visibles pour la découverte des productions cinématographiques», a-t-elle souligné. Primée dans de nombreux festivals dans le monde, son dernier film, Jusqu’à la fin des temps, a été diffusé dans plusieurs villes en Algérie. «Nous devons tout faire pour que les films soient projetés pour le public. J’ai été ravie de voir mon film passer à Alger, Oran, Constantine, Béjaïa et Boumerdès. L’exploitation commerciale est importante, pour la longévité d’un film. Un besoin, de surcroît de donner l’image de l’Algérie, sa culture, ses pensées et son patrimoine», a-t-elle déclaré.
Questionné sur la présentation de son film dans les Oscars aux États-Unis, Yasmine Chouikh a rappelé que la sélection d’un film étranger aux Oscars coûte des sommes faramineuses pour la campagne du film. Pour ce qui est de la sélection de son film au Fespaco, la conférencière s’est dit heureuse de partager son histoire avec les cinéastes de son continent. C’est important de faire passer un film africain en Afrique, on oublie parfois en Algérie notre ancrage géographique et culturel africain. C’est important pour moi de voir mon film sélectionné pour le Fespaco. Le plus important n’est pas de gagner des prix, la participation et la diffusion d’une histoire algérienne qui concurrence les œuvres d’autres provenances est le plus grand enjeu», a-t-elle noté. Yasmine Chouikh a abordé la névralgique problématique de la production dans le cinéma algérien. Pour elle, nous produisons peu de films, pour parler d’industrie cinématographique et du timbre du cinéma algérien. «Le problème du cinéma algérien n’est pas dans la créativité. Même si nous avons un grand problème de formation, certains techniciens ne sont pas assez qualifiés techniquement, mais je pense que la volonté, l’intelligence, et la créativité font la différence. Nous avons un grand potentiel, le manque de productions ne reflète pas l’absence des talents dans le cinéma algérien», a-t-elle confié. Par ailleurs, Yasmine Chouikh est revenue sur son expérience de comédienne qui lui a été bénéfique dans le métier de réalisatrice. «Mon expérience dans la comédie m’a aidé  dans la réalisation. Je voulais me mettre dans la peau du comédien, ressentir ses émotions et son comportement face à la caméra et au cinéaste. Le travail du réalisateur avec le comédien est basé sur 10% de détails techniques et 90 % de relations, d’affinité psychologique pour incarner convenablement le personnage», a-t-elle fait savoir.  Auteure de scénario de plusieurs courts métrages, Yasmine Chouikh  en a réalisé deux, El-Bab (2006) et El-Djinn (2010), en plus d’une série pour la télévision algérienne diffusée en 2015.               
Kader Bentounès

 

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