mercredi 13 novembre 2019 14:28:06

Au Forum d'El Moudjahid : Probité intellectuelle et engagement politique

Hommage à la mémoire de Mouloud Gaïd, homme politique et historien, par le HCA en coordination avec El Moudjahid

PUBLIE LE : 15-06-2011 | 18:40
Ph. T. Rouabah

Hommage a été rendu, hier, au Centre de presse d’El Moudjahid par le Haut Commissariat à l’Amazighité, à la mémoire d’un illustre militant et intellectuel de la première heure, le défunt Mouloud Gaïd.
Cet hommage a été rendu en présence de l’épouse du défunt et de ses proches, ses compagnons d’armes et ses amis et de tous ceux qui dans la vie ont eu à le côtoyer. Un documentaire saisissant dans lequel Mouloud Gaïd donnait un véritable cours magistral sur l’histoire de notre pays. Les témoignages de proches et de compagnons ont tous été unanimes définissant l’homme, rappelant sa probité intellectuelle, son  humilité, son engagement politique.
Mouloud Gaïd a fait partie de ces figures marquantes du mouvement national, mais dont les mérites, ont regretté des intervenants, ne sont mis en exergue qu’une fois les personnes disparues. Mouloud Gaïd estimait de son vivant qu’il n’avait fait que son devoir en s’impliquant dans la lutte de Libération nationale, d’où son attitude toute de réserve vis-à-vis de la chose politique post-indépendance. On ne lui connaît qu’une brève apparition au sein de l’Assemblée constituante en1962. Durant la Révolution armée, Mouloud Gaïd a été extrêmement proche des grandes figures du combat libérateur, proche du défunt président du GPRA, M. Ferhat Abbas et d’Abane Ramdane, aux côtés duquel il a participé avec Abbas Tourki, aux réunions consacrées à la création de l’UGTA.
Le défunt a été membre de la Wilaya 3, zone I, avant de rejoindre Alger en1955. Condamné, en 1957, à 20 ans de prison par contumace, il active au sein de la délégation extérieure de l’UGTA et participe à ce titre à de nombreuses conférences. C’est lui qui présentera la candidature de l’UGTA à la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) à Bruxelles en juillet 1956.
Il effectue par ailleurs des missions au nom du CCE à Madrid, Tanger, Rabat, Genève, Bonn et Rome. Sa rencontre avec Matteï, le grand industriel italien, très proche comme on le sait de notre combat libérateur, a été décisive dans l’engagement de ce dernier au profit de la cause de notre pays. Le défunt a eu une activité intellectuelle très prolifique. Il a été un passionné de l’histoire et d’histoire du Maghreb notamment. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages sur la présence romaine, l’Algérie sous les Turcs, des chroniques sur les beys de Constantine, l’histoire de Béjaïa et de sa région, les Béni Yala, les Berbères dans l’histoire. On compte aussi parmi son œuvre, la volumineuse histoire des Berbères, déclinée en sept volumes. Les spécialistes considèrent cette encyclopédie comme une référence majeure pour la connaissance de l’histoire de l’Algérie et une contribution déterminante dans l’œuvre de réhabilitation de l’histoire de notre pays dans ses multiples dimensions. On note aussi une activité très grande de Mouloud Gaïd au sein du Haut commissariat à l’amazighité.
Ecrire est enseigner l’histoire dans le strict respect de la vérité, c’est assurer à l’égard de nos ancêtres et des générations montantes notre devoir de mémoire disait-il, alors. Ses compagnons et proches affirment que le défunt de son vivant prenait des positions à propos de l’amazighité à une période où il était difficile pour tous de s’étaler sur le sujet.
M. Hachemi Souami, notait dans son intervention que son seul regret après avoir connu Mouloud Gaïd est que cet homme exceptionnel soit parti trop tôt, je l’ai connu bien tard, avouait-il aussi.
Ecrivain, historien, on a perdu, note M. Hachemi Souami, un défenseur de la berbérité qu’il considérait comme un patrimoine historique. L’orateur a loué aussi le travail syndical et la défense de la classe ouvrière dont a été l’artisan Mouloud Gaïd. C’est aussi le seul civil qui participait aux réunions de l’état-major à Tunis, affirmait-il. Il avait des liens privilégiés avec les hommes qui ont fait la révolution, conclut, M. Hachemi Souami.
M.  Tahar Bouzeghoub a relevé dans son intervention que le défunt a eu une activité politique très intense durant la lutte de Libération nationale, une passion pour l’histoire du Maghreb et de la Berbérie. Il a laissé, dit de lui Tahar Bouzeghoub, un héritage intellectuel qui doit être mis à la disposition de tous et des jeunes notamment pour qu’ils connaissent l’histoire de leur pays.
L’histoire est un ensemble, affirme l’intervenant, il s’agit de comprendre le présent en se référant au passé. Mouloud Gaïd a été un éducateur, un homme politique, un gestionnaire, un chercheur, dit de lui son frère, M. Tahar Gaïd.
L’écriture de l’histoire est un combat, qu’il faut se réapproprier, faire évoluer la langue à travers la recherche. Pour M. Afif, Mouloud Gaïd demeure un monument à qui il faut rendre hommage pour sa vie militante et intellectuelle.
M. Assad, directeur de la promotion culturelle au sein du HCA, rappelle que Mouloud Gaïd de son vivant avait rédigé un rapport adressé aux responsables du secteur de l’éducation nationale pour une révision de l’enseignement de l’histoire. Il est nécessaire de sensibiliser autour de ces propositions.
Tahar Mohamed Al Anouar

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