mardi 18 juin 2019 03:03:26

Patrimoine : L’œuvre de Mohand Akli Haddaou revisitée

Dans le cadre des festivités de célébration de Yennayer et du premier anniversaire de son institutionnalisation comme journée nationale, la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou

PUBLIE LE : 12-01-2019 | 0:00
D.R

Dans le cadre des festivités de célébration de Yennayer et du premier anniversaire de son institutionnalisation comme journée nationale, la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou a organisé, mardi dernier, à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri, une journée d’étude autour du patrimoine immatériel amazigh, en hommage à l’éminent chercheur en linguistique amazighe, feu Mohand Akli Haddadou, disparu au mois de novembre de l’année dernière.

Les enseignants chercheurs ayant animé cette journée d’études ont été unanimes à mettre en exergue l’important travail accompli par le défunt Mohand Akli Haddadou pour la promotion de la langue et culture amazighes, tout en indiquant que les travaux de cet érudit enseignant constituent un repère incontournable pour la prise en charge sur tous les plans de la langue nationale et officielle de tamazight. Ils ont aussi tenu tous à lui rendre un vibrant hommage pour les énormes sacrifices et efforts qu’il  avait consenti en faveur de la promotion et la préservation de ce patrimoine millénaire à travers ses divers travaux, notamment la confection de dictionnaires qui est une mission ardue et très complexe. L’œuvre titanesque constitue, ont également précisé les intervenants durant cette journée d’étude, aussi un « apport fondamental » pour la prise en charge de l’aménagement, la promotion et la préservation de cette langue nationale composée de plusieurs variantes parlées à travers les quatre coins du pays. L’enseignant et chef de département au de la langue et culture amazighe à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou (UMMTO), Moussa Imarazène, a indiqué dans sa conférence que le défunt Haddadou « constitue à lui seul une véritable bibliothèque avec ses 20 publications, dont notamment ses trois dictionnaires, à savoir le dictionnaire des racines berbères HCA 2006, celui de Tamazight parlers de Kabylie Berti 2014 et enfin celui des mots nouveaux toujours chez Berti en 2017».
Le conférencier a aussi fait part de la publication prochaine, à titre posthume, de deux autres dictionnaires intitulés «Des Berbères, populations, tribus antiques et modernes, personnages historiques et légendaires» et «Du patrimoine du monde de l’islam». Comme il a indiqué que feu Haddadou avait en projet un autre dictionnaire «Tamazight-Arabe, Arabe-Tamazight ».
La conférencière Guerchouh Lydia, maître de conférences au même département, a de son côté, mis en exergue le travail de recherche mené par le défunt Haddadou pour aboutir enfin à la confection de ces différents dictionnaires, dont, entre autres, le dictionnaire des racines berbères communes publié en 2006 et celui de Tamazight, parlers de Kabylie, Kabyle-Français avec un index français-kabyle publié en 2014. «Il faut consentir un effort colossal et un travail de fouille très fine pour arriver à extraire 1.023 racines communes sur un ensemble de 21.000 mots étudiés en consultant plus de 300 références bibliographiques», a-t-elle expliqué pour rendre hommage à ce grand chercheur disparu. Pour la maître de conférences, les travaux de Haddadou «sont des travaux très complexes et seuls ceux s’y sont essayés sont conscients du travail colossal pour réaliser un lexique et encore plus un dictionnaire». En conclusion de sa conférence, elle a annoncé l’organisation au mois de mars prochain à l’UMMTO d’un colloque national en hommage au  Professeur Haddadou, dont l’œuvre se doit de constituer une feuille de route à la désormais officielle Académie algérienne de la langue amazigh.
De son côté, Saïd Chemakh, docteur en linguistique et enseignant au DLCA, a estimé que le défunt professeur a été dans la continuité du travail de Mammeri dont il s’est servi pour hisser la linguistique amazighe au rang de langue valorisante. «Il était parmi les premiers enseignants du département de tamazight en 1990, et sa prolifique production s’inscrit dans la continuité des travaux de Mouloud Mammeri et Salem Chaker", a-t-il ajouté. Mohand Akli Haddadou est né le 24 novembre 1954 à Chemini dans la wilaya de Béjaia. Il est mort le 19 novembre 2018, cinq jours seulement avant de fêter son 64e anniversaire de sa naissance. Il est un chercheur et un linguiste spécialisé dans la linguistique amazighe et l’histoire des civilisations. Certains membres de l’Académie algérienne de la langue amazighe qui venaient d’être désignés par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, étaient des étudiants de ce professeur émérite dont l’œuvre constituera inéluctablement une base de travail à cette Académie.
Bel. Adrar


Tizi Ouzou   

Concours  
 Du plus authentique bijou d’Ath Yenni


Dans le cadre des festivités de célébration de la journée nationale de Yennayer, coincidant avec le 12 janvier, l’association des artisans d’Ath Yenni a lancé lundi dernier un concours en l’honneur du bijou de la région d’Ath Yenni. Intitulé « le plus authentique bijou d’Ath Yenni», ce concours est organisé en collaboration avec les directions de la culture, du tourisme et de l’artisanat de la wilaya de Tizi-Ouzou, a indiqué la directrice locale de la culture, Nabila Goumeziane, en marge de la cérémonie du lancement de ce concours effectué par le wali de Tizi-Ouzou, Abdelhakim Chater, à la maison de la culture Mouloud-Mammeri. Les artisans désirant prendre part à ce concours doivent, selon la directrice de la culture, déposer la fiche de participation accompagnée de la photo du bijou en compétition au plus tard le 15 février prochain au siège de l’association organisatrice sis à Ath Yenni. Le bijou en compétition doit être déposé avec une décharge fournie par l’association le 20 du même mois, a-t-elle précisé.
B. A.

TAMEZGHA EN LIESSE


Il y a bien longtemps qu’une telle liesse n’avait déferlé sur Tamezgha. La météo a quelque peu bousculé les programmes, mais, Yennayer n’est-ce pas la fête de la renaissance ? Les pluies abondantes sont, laissons-nous croire, venues égayer et agrémenter cette célébration du ciel et de la terre.Au-delà de la poésie, restera la myriade d’événements socio-culturels organisés à travers toute l’Algérie. Pour cette deuxième célébration officielle de Yennayer, très longue est la liste des activités qui ont marqué cette fête.
La portée n’est plus au stade symbolique, l’Algérie a renoué avec ses racines les plus profondes, celles du temps où les habitants de ces contrées comptaient parmi les peuples d’Afrique, de Méditerranée et de plus loin encore.
Tamezgha, la puissante par ses armées et sa diplomatie, la riche par son agriculture et la foisonnante par ses érudits et ses penseurs qui ont marqué d’une manière indélibile la pensée universelle. « Imazighen !», ont clamé les Algériens. Assegas ameggas.
Kamel Morsli

Le repère


Le Secrétaire général du Haut commissariat pour l'amazighité, Si El Hachemi Assad, a indiqué que le HCA en collaboration avec l’APC et la wilaya d’Alger, "inaugurera l'édification d'une statue au niveau de la place Tafourah à l'effigie du premier roi de la Numidie unifiée, Massinissa". Ainsi, à l’instar de tous les pays du monde, les villes d’Algérie comptent des statues dédiées à des personnages célèbres, d’ici et d’ailleurs. Dès l’indépendance, l’Algérie a réservé une place privilégiée à la glorification des grandes personnalités de notre histoire. C’est ce qui a justifié la réalisation de ces nombreux et superbes monuments, statues et sculptures, occupant des espaces très fréquentés et contribuant à l’ornementation des villes, tel que le monument des Martyrs sur les hauteurs de la capitale. Il y a aussi parmi ces grandes figures de proue, celle de l’Emir Abdelkader, représentée par une sculpture équestre en bronze et les bustes de nombreux martyrs, qui ont marqué l’histoire de la guerre de Libération nationale. De notre histoire antique, aucun roi n’a été statufié ; c’est une première, d’où la singularité de cette statue à l'effigie du premier roi de la Numidie unifiée, Massinissa. Sans doute, cette statue en l’honneur de ce grand roi, doit constituer un monument public d’intérêt national, un repère et un symbole historique aux multiples facettes, et surtout l’incarnation de la nation combattante et du grand roi guerrier unificateur du peuple. Tout s’accordait à faire de ce roi une figure de rassemblement et de consensus. En plus d’être une œuvre d’art, c’est un support didactique efficace et un moyen puissant d’éducation publique, qui en dit long sur notre histoire ancienne et présente. 
Farid Bouyahia
 

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