jeudi 17 janvier 2019 21:27:27

M. Djamel Laceb, chercheur et consultant auprès du HCA : « La fête la plus ancienne de l’humanité »

«Yennayer a une très grande portée historique et sociétale.

PUBLIE LE : 12-01-2019 | 0:00
D.R

«Yennayer a une très grande portée historique et sociétale. C’est un ciment qui unit toute la nation autour de cet héritage ancestral.» C’est ce qu’a souligné Djamel Laceb, enseignant, chercheur, écrivain et consultant auprès du Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA). S’exprimant, jeudi, à la veille de la célébration de Yennayer 2969, sur les ondes de la radio nationale, M. Laceb a indiqué que cette fête, qu’il qualifie d’«extraordinaire», est célébrée partout en Algérie et «diversement» à travers l’ensemble du territoire national et l’Afrique du Nord, affirmant qu’elle tourne autour de la même racine. «Yennayer est la fête la plus ancienne de l’humanité encore célébrée au 21e siècle», a-t-il déclaré, non sans fierté. Saisissant l’occasion, «L’invité de la rédaction», de la Chaîne III, a évoqué les différentes formes de célébration de Yennayer à travers les quatre coins du pays, et cité, notamment, les Touareg, les Chaouis ou encore la population de Beni Senous (Tlemcen). «La diversité dans la célébration de cet événement fait la richesse identitaire et culturelle de notre patrimoine», a-t-il estimé, en relevant que chez les Beni Senous par exemple, on marque la célébration du nouvel an amazigh par l’organisation d’un carnaval d’Ayrad (Lion), considéré comme une expression théâtrale traditionnelle par toutes les composantes artistiques qu’il rassemble. Évoquant les légendes qui entourent cette fête, M. Laceb a révélé que l’histoire de Yennayer s’est transmise, grâce à l’oralité. «La persistance de cette tradition, qui perdure depuis des milliers d’années, démontre la profondeur de cette culture», a-t-il souligné. Malgré cette oralité, sa ténacité a fait perdurer ces traditions et cette culture dans le temps, alors le latin a disparu, tout comme l’ancien grec et l’égyptien. «Tamazight a vu naître des langues et mourir d’autres, mais il reste encore en vigueur par les vivants, n’est-ce pas extraordinaire ! C’est plus fort que l’écriture», s’est-il félicité. Selon notre chercheur-enseignant, un certains nombre de rituels tournent autour de l’histoire de Yennayer. Chez nous, il est lié à la vieille «Laâdjouza», soit la grand-mère du roi «Chachnak» qui s’appelait «Thawserth». «Durant la nuit de Yennayer, les familles berbères laissaient un peu de grains pour les fourmies de la maison, qui avaient le droit à cette  nourriture», a-t-il expliqué au micro de notre consœur Souhila El-Hachemi, appelant, à cette occasion, les Algériens à en faire une fête «moderne» pour les jeunes.  Pour M. Laceb, il est impératif de transmettre toute cette richesse qui constitue un réservoir de fierté et une source d’orgueil. «On doit transmettre cette culture, pour encourager les jeunes à rester en Algérie. Le peuple algérien est celui qui a apporté le plus pour l’humanité dans toute ses valeurs», a-t-il soutenu, citant au passage  les valeurs transmises par Yennayer. Revenant au point de départ du calendrier amazigh, le consultant du HCA a considéré qu’on connaît la date de naissance exacte des deux mois de janvier et de février, inventés et introduits, selon lui, dans le calendrier, le 21 avril 753 avant J-C, c'est-à-dire 3 siècles après l’accession au trône en Égypte du roi berbère Chachnak, et fait part de l’existence d’«interaction» entre les calendriers, tout en soulignant l’antériorité du calendrier amazigh. Concernant l’officialisation de la langue amazighe, qui est, selon lui, l’aboutissement d’une étape d’un «long» combat, il cite les acquis réalisés, à ce propos, tels la reconnaissance de Yennayer comme fête nationale  et l’installation de l’Académie algérienne de la langue amazighe, qui  prendra en charge la transcription de cette langue qui date d’un siècle où les règles ont été déjà  établies. Pour la transcription de la langue amazighe, M. Laceb fait part de l’existence d’une édition «très riche et variée», dans des caractères internationaux, c'est-à-dire le latin, et évoqué l’ouverture sur d’autres caractères comme le tifinagh, qui ne peut être utilisé, à ses yeux, dans la production scientifique, du fait qu’il ne comporte pas de ponctuation. Il propose en revanche son utilisation dans les frontons  pour le côté visuel, tout en soulignant le rôle de l’académie dans la transcription de la langue amazighe.
Kamélia Hadjib
 

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