mardi 26 mars 2019 00:18:08

Ghassan Salamé et la situation en Libye : Entre espoirs et inquiétudes

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, a affirmé jeudi que «les conditions sont réunies» pour la tenue des élections parlementaires en Libye avant la fin du printemps prochain, soulignant que «le gouvernement algérien peut aider les parties libyennes à faire avancer le processus politique».

PUBLIE LE : 12-01-2019 | 0:00
D.R

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, a affirmé jeudi que «les conditions sont réunies» pour la tenue des élections parlementaires en Libye avant la fin du printemps prochain, soulignant que «le gouvernement algérien peut aider les parties libyennes à faire avancer le processus politique».

S’exprimant dans une interview diffusée lors de l'émission, l'Histoire en marche, de la Chaîne III de la Radio algérienne, M. Salamé a indiqué qu’il existait un dialogue continu entre la Mission et les autorités algériennes, soutenant que "l’Algérie, en tant que pays voisin, est concernée par ce qui se passe en Libye et peut aider, avec plusieurs interlocuteurs libyens, à faire avancer le processus politique". Evoquant la situation sécuritaire du pays voisin, M. Salamé a noté que l’accord de cessez-le-feu signé en septembre dernier par les différents groupes armés à Tripoli est toujours en vigueur, avant d’exprimer, toutefois, ses inquiétudes quant à la situation dans le Sud de la Libye, où il a été enregistré, selon lui, "une activité très fréquente de groupes terroristes", notamment du groupe autoproclamé "Etat islamique (Daech/EI)". "C’est une question qui commence à nous inquiéter depuis l’été dernier. J’ai découvert auprès des autorités algériennes le même souci sur la nécessité de trouver une solution pour que la situation ne s’aggrave pas davantage dans le Sud, où les frontières sont très mal gardées par les autorités libyennes, étant donné l’effondrement de l’Etat libyen", a affirmé M. Salamé. Il a, en outre, ajouté que "des puissances régionales et internationales commencent à intervenir dans cette partie sud de la Libye, d’une manière ou d’une autre, sans qu’elles soient respectueuses de la souveraineté libyenne". Plaidant pour une "coordination régulière" entre l’Algérie, la Tunisie et l’Egypte, pays voisins de la Libye, pour mieux contrôler les frontières, le responsable onusien a estimé que cette concertation évitera à la Libye de devenir un "asile pour les terroristes qui fuient aujourd’hui la Syrie et l’Irak". "Je suis favorable à cette coordination entre les trois pays voisins de la Libye, voire même à son élargissement à d’autres pays subsahariens, comme le Niger, le Tchad ou le Soudan", a estimé M. Salamé, mettant en garde contre le fait que "les terroristes de Daech pourraient considérer la Libye comme un refuge", ce qui constituera, a-t-il ajouté, "une menace non seulement pour la Libye, mais (également) pour les pays voisins".

Support constitutionnel et une conférence exclusivement interlibyenne

Répondant à une question sur la possibilité de la tenue des élections présidentielles au cours du premier semestre 2019, Ghassan Salamé a expliqué que celles-ci ne peuvent avoir lieu sans l’existence d’un support constitutionnel. A ce sujet, il a déploré le retard accusé par le Parlement dans l’élaboration d’un projet de loi fondamentale qui sera soumis à référendum. En revanche, les élections parlementaires pourraient avoir lieu avant la fin du printemps, a-t-il fait savoir, notant que "les conditions commencent à être réunies pour leur déroulement". Outre l’expérience acquise dans l’organisation des précédentes élections parlementaires en 2012 et en 2014, l’invité de la radio a évoqué aussi un "très fort intérêt des Libyens pour participer", constaté, selon lui, lors des inscriptions au fichier électoral et à travers la mise en place de la commission électorale, pour laquelle la Mission onusienne s’était engagée à apporter son aide matérielle et logistique. S’agissant de la tenue de la conférence nationale inter-libyenne, il a souligné que celle-ci sera "exclusivement" libyenne et que les date et lieu de son déroulement seront dévoilés dans les trois prochaines semaines. "Je dois encore contacter beaucoup de groupes libyens avant de fixer la date et le lieu de cette conférence nationale", a-t-il relevé, exprimant à l’occasion sa satisfaction des premières démarches entreprises dans ce cadre. "La conférence peut être un moment historique pour la Libye, si j’arrive à convaincre les différentes parties libyennes qui comptent que le moment de la paix, de la vie en commun, de rétablissement de l’autorité de l’Etat est arrivé", a-t-il clarifié. Faisant le bilan du travail accompli par la Mission d’Appui des Nations unies en Libye, Ghassan Salamé a cité notamment le transfert de son siège de Tunis vers Tripoli, ce qui a permis, a-t-il dit, l’établissement d’un accord de cessez-le-feu dans la capitale libyenne et l’ouverture prochaine d’une antenne à Benghazi et une troisième à Sebha, dans le Sud du pays. Saluant les efforts déployés par le gouvernement libyen pour le rétablissement de la sécurité dans le pays, il a affirmé que la question du désarmement des milices nécessite encore du temps. "L’urgence est de faire taire les armes et de convaincre ceux qui les utilisent à les garder dans leurs dépôts", a-t-il souligné, relevant que jusqu’à 15 millions de pièces d’armes sont encore entre les mains de la population. "Il sera tout à fait impossible et naïf de pouvoir ramasser en l’espace d’un mois ou d’une année ces armes dans les mains de populations", a-t-il soutenu, insistant, à ce propos, sur l’établissement des institutions de l’Etat et la prévention contre le recours aux armes entre groupes opposés.
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions