mercredi 16 janvier 2019 14:30:58

Dégradation de la situation dans les territoires sahraouis occupés

Le Front Polisario exprime sa « grande préoccupation »

PUBLIE LE : 12-01-2019 | 0:00
D.R

Le Front Polisario a exprimé, dans un message adressé à la présidence du Conseil de sécurité, sa «grande préoccupation» quant à la dégradation de la situation dans les territoires sahraouis occupés, soulignant que «toute incursion de l'armée marocaine dans la zone d’El-Guergarat constituera une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu et de la convention militaire No 1».

L'Agence de presse sahraouie (SPS) a indiqué, jeudi, que le représentant du Front Polisario à l’ONU, Sidi Mohamed Omar a abordé, dans un message adressé à l'ambassadeur et Envoyé spécial de la République Dominicaine qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité pour le mois de janvier, Jose Singer Weisinger, les derniers développements de la question sahraouie, notamment la table ronde tenue à Genève (Suisse) en décembre dernier. Le responsable sahraoui a souligné, dans ce message, "la contribution sérieuse et constructive" proposée par le Front Polisario lors de la rencontre de Genève dont la présentation d'une série de mesures concrètes pour la construction de la confiance, en permettant aux observateurs internationaux et aux organisations des droits de l'homme de visiter les territoires sahraouis occupés, mais aussi à travers la libération des prisonniers politiques sahraouis détenus dans les prisons marocaines. Le Front Polisario a exprimé, dans ce sens, sa "grande préoccupation" quant à la situation dans les territoires sahraouis occupés où les autorités marocaines continuent de priver les citoyens sahraouis de leur droits fondamentaux et de cibler les militants sahraouis des droits de l'homme pour avoir défendu de manière pacifique le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Le front Polisario a exprimé sa "grande préoccupation" quant à la situation des détenus politiques sahraouis, notamment le groupe de Gdeim Izik, victimes des "pires sévices" dans les geôles marocaines. Il s'est dit inquiet, en outre, de la situation prévalant dans le territoire sahraoui, mettant en garde contre "l'incursion des forces d'occupation marocaines dans la zone tampon d'El Guergarat, une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu et de la convention militaire N1". Le représentant légitime du peuple sahraoui a saisi le Conseil de sécurité de la destruction complète de son stock en mines antipersonnel, en signe de bonne foi, formant le vœu de voir la communauté internationale peser de tout son poids pour amener le Maroc à signer les Conventions d'Ottawa sur l'interdiction de l'utilisation et du stock des mines antipersonnel et des armes à sous-munitions. Le Front Polisario a affirmé sa "pleine" disponibilité à entrer en négociations directes avec le Maroc pour parvenir à une solution pacifique, juste et durable, à même de permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit inaliénable à l'autodétermination.

Accord agricole UE - Maroc :
une centaine d’eurodéputés
sollicitent l’avis de la CJUE

"Le Parlement européen décide de demander l'avis de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) sur la compatibilité du projet d’accord UE-Maroc (amendement de l’accord agricole) avec les traités de l’Union et l'arrêt de la CJUE du 21 décembre 2016", peut-on lire dans une proposition de résolution initiée par une centaine d’eurodéputés affiliés aux différents groupes politiques du Parlement européen. Dans la perspective du vote prévu le 16 janvier courant au niveau du Parlement européen sur le projet d’accord UE-Maroc visant à étendre les préférences tarifaires aux produits originaires du Sahara occidental occupé, une centaine d’eurodéputés de divers horizons politiques, ont déposé le 9 janvier 2019 une proposition de résolution par laquelle ils demandent au Président du Parlement européen "de prendre les mesures nécessaires" à l’effet d’obtenir un avis de la Cour de justice de l’Union européenne sur ledit projet d’accord. Ce projet de résolution, qui rappelle qu’en vertu de l'article 21 du traité sur l'Union, l’Union européenne et ses Etats membres sont tenus de respecter les principes de la Charte des Nations Unies, dont le respect du principe d'autodétermination des peuples, estime "qu'il existe une incertitude juridique quant à la compatibilité de l'accord proposé avec les traités et en particulier avec l'arrêt de la CJUE du 21 décembre 2016" et note, notamment, qu’il "n’est pas possible d’établir avec certitude que les mesures prises par la Commission répondent à l’obligation faite par la Cour concernant le consentement du peuple du Sahara occidental". Cette proposition de résolution fera l’objet d’un vote à Strasbourg le 16 janvier courant, préalablement au vote prévu le même jour sur la résolution de la Commission du Commerce international du Parlement européen (Rapport Schaake ou ex-Lalonde) qui donne son consentement à la conclusion de l’accord UE-Maroc. Si cette proposition est adoptée, elle impliquera automatiquement la suspension de toute la procédure au niveau du Parlement européen, le temps que la CJUE se prononce sur le sujet et donne son avis. Il convient de rappeler que le service juridique du Parlement européen a également émis dans son avis du 13 septembre 2018 "des doutes sur la conformité de la proposition d'amendement de l’accord d'association UE-Maroc aux exigences de l’arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne du 21 décembre 2016", notamment en ce qui concerne l’impératif du consentement du peuple sahraoui, comme l’exige la Cour. D’ailleurs, la nouvelle rapporteuse de la Commission du Commerce International (INTA) elle-même, Marietje Schaake, vient de déposer un amendement, portant sur son propre rapport, et dans lequel elle "demande à la Commission d’explorer les moyens par lesquels les préférences commerciales peuvent être effectivement accordées à l’avenir à la totalité du peuple vivant au Sahara Occidental". Cet amendement, estime une source proche du dossier "détruit à lui tout seul ce projet d’accord, en reconnaissant que ce dernier ne couvre que la partie du Sahara occidental occupée par le Maroc et ne bénéfice donc pas à tout le peuple sahraoui, contrairement à ce que prétend la Commission européenne, ce qui équivaut à une reconnaissance explicite du caractère bancal d’un accord très mal engagé". En effet, il convient de noter aussi que nombre d’eurodéputés affiliés à différents Groupes politiques, dont le Groupe des Socialistes et Démocrates (S&D), deuxième force politique de l’hémicycle européen, ont émis des doutes et n’ont cessé de plaider tout au long de l’année écoulée pour recueillir l’avis de la CJUE, avant d’entériner l’accord au niveau du Parlement. Les socialistes du Parlement européen sont d’ailleurs plus que divisés sur la question notamment à la suite de l’avis du service juridique du Parlement européen et à l’approche du vote de la semaine prochaine. L’un de ses membres les plus influents, l’italien Pier Antonio Panzeri, Président de la Sous-commission des Droits de l’homme (DROI), et ex-président de la délégation Maghreb (DMAG), vient d’ailleurs de co-signer un amendement déposé par le Groupe des Verts/ALE, à travers lequel l’approbation du Parlement européen au projet d’accord avec le Maroc est conditionnée notamment par la mise en place d’un mécanisme de traçabilité fiable permettant d'identifier clairement les produits originaires du Sahara occidental, et ce en total respect de la législation de l'UE en matière de douanes et de protection des consommateurs. Dans ce contexte, le Maroc a intensifié ces dernières semaines ses pressions et son lobbysme, au sein de l’hémicycle européen en particulier, afin de s’assurer un vote favorable. C’est dans ce cadre que le Secrétaire général du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) et ex-Ministre, Nabil Benabdellah a été dépêché à Bruxelles en début de semaine, afin de rencontrer des responsables du Groupe des Socialistes et Démocrates, à quelques jours de la mise au vote de l’amendement sur l’accord agricole.
 


Chaîne italienne Rai Uno
50 minutes pour la cause sahraouie

 

Les souffrances du peuple sahraoui, la situation des détenus politiques dans les geôles de l'occupant marocain et le pillage des ressources et richesses de leur  pays sont les thèmes choisis par un reportage diffusé récemment par la chaine de télévision italienne Rai 1. Dans le cadre de son célèbre programme "Spéciale Tg1", la Rai Uno a diffusé un reportage de plus de 50 minutes mettant en lumière la cause sahraouie et les aspects historique, politique et humanitaire du conflit du Sahara Occidental, rapporte jeudi l'agence de presse sahraouie (SPS). Intervenant, dans ce cadre, le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a rappelé que le Sahara occidental était la dernière colonie d'Afrique en attente de sa décolonisation et que la communauté internationale n'assumait pas pleinement sa responsabilité conformément aux lois et chartes internationales pour mettre fin à la colonisation et appliquer la légalité internationale. Le Maroc continue à se dérober à ses engagements, notamment en ce qui concerne l'organisation d'un référendum, en tant que solution juste et définitive, car il sait pertinemment que le choix du peuple sahraoui sera l'indépendance et le parachèvement de sa souveraineté territoriale, a affirmé le président Ghali. Abordant l’aspect humanitaire du conflit, le long métrage met en avant la baisse de l'aide de nombreuses organisations humanitaires aux réfugiés sahraouis, qualifiée de "douloureuse" et le vécu des familles sahraouies sur les deux rives du mur de la honte, érigé par l'occupant marocain, tout en soulignant la détermination des Sahraouis à avoir une vie décente jusqu’à la concrétisation de leur droit légitime. Par ailleurs, le documentaire met en exergue le pillage ciblant les ressources et les richesses du peuple sahraoui, rappelant les décisions de la Cour de justice européenne (CJUE) à ce sujet. La situation des disparus et des détenus sahraouis dans les prisons marocaines a également été traitée dans ce programme dont le réalisateur a rencontré nombre de responsables et de citoyens sahraouis dans les camps de réfugiés et les territoires libérés, conclut SPS.
 

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