mercredi 16 janvier 2019 14:25:23

M. Abderrahmane Mebtoul, économiste : « L’Algérie n’est pas en crise financière »

Le rôle de l’Algérie dans l’espace maghrébin est «stratégique». Le pays joue aussi le rôle de «pivot» au plan régional. Ce sont les deux qualificatifs qu’a employés hier Abderrahmane Mebtoul, économiste, pour parler de l’Algérie dans l’espace maghrébin, africain et méditerranéen.

PUBLIE LE : 10-01-2019 | 0:00
D.R

Le rôle de l’Algérie dans l’espace maghrébin est «stratégique». Le pays joue aussi le rôle de «pivot» au plan régional. Ce sont les deux qualificatifs qu’a employés hier Abderrahmane Mebtoul, économiste, pour parler  de l’Algérie dans l’espace maghrébin, africain et méditerranéen.

Sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale, l’expert solennise la nécessité d’introduire des «réformes structurelles» pour perdurer ce rôle «primordial». Désigné pour conduire une délégation algérienne au sommet de la société civile des deux rives de la Méditerranée, prévu le 24 juin prochain à Marseille, le Pr Mebtoul précise que le dossier de l’Algérie portant sur la transition énergétique est «le plus important». Préconisant des partenariats gagnant-gagnant, il indique qu’il est grand temps de faire de la Méditerranée, «un havre de paix et de prospérité», ajoutant que les pays du Maghreb «peuvent servir de ponts entre l’Europe et l’Afrique».
Rejetant tout scénario de «sinistrose», l’universitaire précise que «l’Algérie n’est pas en faillite, ni financière, mais en crise de gouvernance». Comment y remédier ? «Les potentialités ne manquent pas. On doit impérativement suivre le train de la connaissance dans un monde digital et de l’intelligence artificielle», recommande-t-il. Il rebondit sur les obstacles de l’investissement productif citant la bureaucratisation, la centralisation, notant une prise de conscience des pouvoirs publics pour décentraliser, un système financier et un système socio-éducatif pas suffisamment performants.
Par ailleurs, l’expert recommande de réorienter la politique de l’industrie automobile, avec, entre autres, des bonifications graduelles en fonction du taux d’intégration et des exportations. «À fin 2018, on a enregistré 3.5 milliards de dollars de sorties de devises en importations de pièces ckd/skd. Ce chiffre risque encore d'augmenter à 10 milliards de dollars, c’est l’équivalent de 40% des recettes de la Sonatrach, si l’on prend un cours de 60 dollars le baril», prévient M. Mebtoul. Rebondissant sur les projections de la Banque mondiale tablant sur 2,3% de croissance en 2019, contre 2% prévu dans son précédent rapport sur les perspectives économiques mondiales, l’économiste recommande un dialogue économique et social efficace, et mener une lutte sans merci contre la corruption et la surfacturation. Abordant le volet énergétique, il a, d’abord, salué les efforts consentis par Sonatrach en matière de management, et préconise, en vue d’une économie productive et diversifiée, une vision stratégique des filières dans le cadre des nouvelles mutations mondiales, et d’aller vers un nouveau modèle de consommation énergétique, de saisir les opportunités dans les domaines agricole, touristique et industriel. Pour ce dernier, l’universitaire préconise de «muter les filières aux valeurs internationales». S’il demeure optimiste quant à la possibilité de voir l’Algérie honorer ses engagements énergétiques internationaux et sa capacité d’exporter jusqu’à 2030, Pr Mebtoul dit qu’au-delà de cette échéance, «la consommation nationale risque d’être au niveau des exportations actuelles qui fluctuent autour de 50 à 55 milliards m3 de gaz naturel et du gaz naturel liquéfié». Les solutions nécessaires seront introduites dans le cadre de l’efficacité énergétique.
 Fouad Irnatene
 

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