mercredi 16 janvier 2019 14:34:37

2018, Ephémérides Culture : l’année du foisonnement

L’année littéraire : Une moisson généreuse

PUBLIE LE : 09-01-2019 | 0:00
D.R

L’année 2018 tire à sa fin et laisse un goût culturel prononcé. Une année marquée par de prestigieux événements, festivals, colloques, salons… À travers les quatre coins du pays, un large public a eu l’occasion d’assister à des festivals de musique, de théâtre, de danse, de calligraphie et de bien d’autres activités culturelles qui n’attendaient que le lever de rideau pour descendre dans la rue et s’exposer aux amoureux de culture et de curieux scotchés par ce foisonnement artistique.
Le Salon international du livre d’Alger s’est taillé la part du lion, avec la réussite de son édition annuelle, aux côté de l’Opéra d’Alger, dont le programme s’est érigé en must pour les amoureux de cet art. Le cachet international de certains événements n’a fait qu’accroître le prestige de ces institutions et l’engouement des Algériens venus très nombreux s’abreuver d’art et de littérature. La grande majorité des régions d’Algérie étaient au rendez-vous.
Cette année a connu aussi, malheureusement, la disparition de grandes figures de la culture nationale qui ont tous eu droit à de vibrants hommages. Une année qui augure d’un regain certain pour les événements culturels durant les jours, les mois et l’année qui pointent.

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L’année littéraire
Une moisson généreuse

L’année s’achève sur un bilan positif pour le champ littéraire, aidé par un dynamisme remarqué de l’édition algérienne qui s’est distinguée en 2018 par une production prolifique d’oeuvres d’auteurs confirmés et l’émergence de jeunes plumes. Faisant presque fonction de rentrée littéraire, le Sila (Salon international du livre d’Alger) aura été, comme chaque année, l’occasion de découvrir les nouvelles publications des éditeurs locaux. Les romanciers Mohamed Magani et Mustapha Bouchareb auront été les premiers à donner le top départ des publication en cette année avec la sortie, respectivement, de «L’année miraculeuse» et «La fatwa», tous deux chez Chihab, suivis de «Khalil», dernier ouvrage de l’écrivain à succès Yasmina Khadra. A partir du mois de septembre, plusieurs autres oeuvres paraîtront: «Le naufrage de la lune» de Amira-Géhanne Khalfallah, «Nulle autre voix» Maïssa Bey, «Les yeux de Mansour» de Ryad Girod, «Le peintre dévorant la femme» de Kamel Daoud, «Sentiments irradiés» de Djamel Mati, «Aïzer, un enfant de la guerre» de Mohamed Sari, ou encore «Les couffins de l’équinoxe» de Ameziane Ferhani, parmi d’autres. Des journalistes et chroniqueurs de presse, également écrivains depuis quelques années, ont signé leur retour en 2018 avec des romans et des recueils de nouvelles très remarqués à l’image de Mustapha Benfodhil avec son roman «Body Writing», Amari Chawki qui a publié «Balak», ou encore Lezhari Labter qui revient avec «Laghouat ville assassinée» et un ouvrage collectif, «Hiziya mon amour», coordonné par ses soins et rassemblant les textes de plusieurs écrivains et poètes autour du souvenir de Hiziya, un personnage immortalisé par la poésie de Benguitoun. D’autres grands noms de la littérature algérienne d’expression arabe sont aussi revenus au-devant de la scène en 2018 comme Amine Zaoui avec « El Khillan», Abdelwahab Aissaoui qui a signé «El Diwan El Isbarti», ou encore Said Khatibi avec son roman «Hatab Sarajevo»: une cuvée 2018 des plus riches, à laquelle s’ajouteront de nouveaux venus sur la scène littéraire d’expression arabe comme Smail Mehnana, Ali Meghazi, ou encore Lounis Benali.
La tenue des premières «Rencontres annuelles Méditerranée Afrique des jeunes écrivains» avec la participation d’une quarantaine d’écrivaines et le lancement d’un nouveau prix littéraire, «Prix Yamina Mechakra». Dans sa sixième édition le prix littéraire Mohamed Dib a été attribué cette année aux auteurs Mohamed Saadoune pour son roman «la défaite», à Smail Yabrir pour «Maoula El haïra», et à Sami Messaoudene pour «Enza». L’écrivaine algérienne Aïcha Kassoul a remporté cette année le Prix «Escale littéraire» pour son roman «La Colombe de Kant», alors que le roman «1994» de Adlene Meddi avait reçu le prix «Transfuge» du meilleur polar francophone de l’année 2018, une année qui aussi vu la distinction du roman «Zabor ou les psaumes» de Kamel Daoud qui a reçu le Prix méditerranée du Centre méditerranéen de littérature. Le Grand prix Assia Djebar dans sa 4e édition a été quant à lui attribué aux écrivains Nahed Boukhalfa pour sa fiction en Arabe «Sirène, destination d’un homme optimiste», Ryad Girod pour «Les yeux de Mansour» (Français) et Mhenni Khalifi pour son roman en Tamazight « Imehbal « (Les fous). 

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FIBDA-2018
LA QUESTION MIGRATOIRE  À TRAVERS UN OUVRAGE COLLECTIF

Des dessinateurs et des scénaristes algériens et arabes présentent, lors du 11e Festival international de la bande dessinée d’Alger (Fibda), organisé à Alger, un ouvrage collectif de bande dessinée sur la migration dans les pays africains et arabes. Paru en Tunisie en 2017, cet ouvrage aborde les conditions de vie difficiles dans lesquelles vivent les migrants et les déplacés des pays subsahariens et des pays arabes en dehors de leur pays d’origine ainsi que les différentes formes de racisme qu’ils subissent. En dépit de leur style accessible et expressif, ces bandes dessinées inspirent tristesse et douleur. La majorité des dessinateurs ont incarné les personnages des migrants dans une image de corps sans âmes tout en utilisant le noir et blanc reflétant ainsi l’affliction et le colère qu’ils éprouvent face à cette réalité.
Le dessinateur algérien Kamel Zakour et la scénariste Abir El Kasmi présentent, pour leur part, une histoire dramatique sur le destin tragique d’une famille nigérienne qui migre vers le Nord et qui meurt de soif dans le désert. Le dessinateur et scénariste égyptien «Migo» critique, quant à lui, la réalité socio-économique de son pays à travers l’histoire d’une famille égyptienne qui migre clandestinement vers l’Europe à bord d’une barque.

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9e ÉDITION DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU CINÉMA D’ALGER
I’M NOT YOUR NEGRO PRIMé

La neuvième édition du Festival international du cinéma d’Alger a pris fin à la salle Ibn Zeydoun, en présencedu ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi. Après l’annonce du palmarès, un vibrant hommage a été rendu au cinéaste tchadien Mahamat Salah Haroun, suivi de la projection de son dernier film, une Saison en France.
Dans une salle archicomble, une des réussites remarquables de ce festival qui rassemble les férus du septième art, un véritable débat intellectuel est créé sur les questions actuelles de l’engagement dans
le monde. A l’annonce des lauréats pour la section «film documentaire», le président du jury, le cinéaste sénégalais Ousmane William Mbaye, a décerné une mention au film «True Warriros» de Ronja Von Wurmb-Seibel et Niklas Schenck, un film qui a su émouvoir en montrant que la culture triomphe toujours de l’obscurantisme et de la violence. Le prix spécial du jury documentaire a été octroyé au film «Free men» d’Anne-Fréférique Widmann qui, par ses plans larges, ses travellings, la présence sonore, son point de vue esthétique, le discours joyeux et créatif des personnages, traduit la volonté de vaincre la mort par la création et l’amour en hommes libres.
Enfin, le grand prix du jury revient à «I’m not your negro» de Raoul Peck, immense film qui touche toutes les générations et tous les publics.
Pour la section «long-métrage de fiction», le président du jury, Nabil Boudraa, a annoncé que le récipiendaire du prix spécial du jury est le cinéaste Gerard Mordillat pour son film «Mélancolie ouvrière», ayant marqué le jury par sa force d’engagement et par sa qualité cinématographique.
Pour ce qui est du grand prix du FICA, le jury a décerné à l’unanimité le grand prix au film «L’autre côté de l’espoir» du cinéaste finlandais Aki Kaurismaki. Nabil Boudraa a annoncé que le jury a été impressionné par sa dimension humaniste et engagée.
Ce film a su traiter avec brio le thème de l’immigration, sujet actuel et ô combien sensible, avec un jeu d’acteurs remarquable, une lumière magnifique et un décor très fidèle.

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THÉATRE
LE PRIX « MOHYA D’OR »  INSTITUTIONNALISÉ

Le prix «Mohya d’or» de la meilleure dramaturgie en tamazight est «institutionnalisé» par le ministère de la Culture, à partir de cette année, a indiqué à Tizi-Ouzou, Nabila Goumeziane, directrice locale de la culture.
Ce concours, instauré au niveau local en 2014 et qui est à sa 5e édition, sera promu désormais à l’échelle nationale. «Le ministère de la Culture a décidé de soutenir le concours afin de mettre en relief l’oeuvre de Mohya, l’écriture dans le domaine du 4e art et la promotion de la langue amazighe», a-t-elle précisé, à l’occasion des 10es journées théâtrales en hommage au dramaturge disparu le 7 décembre 2004.
Il sera décerné chaque année aux meilleur texte dramaturgique écrit en tamazight, en garantissant sa diffusion à l’échelle nationale et accompagné par l’octroi d’une compensation conséquente à son auteur. Un appel à participation sera lancé incessamment et le prix sera décerné au mois d’avril prochain.
«Son oeuvre, fruit de plus de trente années de travail, d’interprétation et de réflexions philosophiques, constitue un gisement littéraire inépuisable d’expression amazighe et une oeuvre novatrice monumentale qui mérite d’être promue et étudiée», a-t-elle encore souligné lors d’une allocution à l’ouverture de ces journées.
Son nom et son oeuvre, a-t-elle ajouté, demeurent «incontournables et resteront une référence dans la connaissance de notre patrimoine culturel», estimant qu’il est «nécessaire, de nos jours, que son legs puisse être mieux exploité et plus enrichi». Par ailleurs, des universitaires, participants à une conférence sur son oeuvre, ont soutenu que celle-ci «constitue une preuve de grande réceptivité qui caractérise la langue et la culture amazighes» qui, de ce fait, «peut aussi, aisément être une langue émettrice envers ces cultures desquelles elle reçoit».
«La profusion des oeuvres traduites ou adaptées par Mohya de différentes langues vers sa langue maternelle prouve qu’elle possède d’énormes capacités de réceptivité et d’ouverture sur les autres cultures auxquelles elle peut aussi donner», a souligné, à ce propos, Amar Laoufi, enseignant de littérature kabyle au département de langue et culture amazighes de l’université de Bouira.

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GRAVURES RUPESTRES  EN TIFINAGH-ZÉNÈTE
UNE CIVILISATION AMAZIGHE SÉCULAIRE DANS LE GOURARA

L’existence de gravures en Tifinagh-zénète à travers divers vestiges disséminés dans la wilaya déléguée de Timimoune témoigne du passage de civilisations amazighes dans ces vastes étendues du Gourara, selon des chercheurs et archéologues.Les caractères de la variante Tifinagh-zénète, gravés sur des ruines de citadelles et de vestiges archéologiques, établissent l’hypothèse d’existence d’une langue ancestrale de communication entre les populations de la région, a affirmé Maâmar M’hamdi, archéologue intéressé par le patrimoine amazigh zénète. Pour cet archéologue, «le Gourara constitue un musée à ciel ouvert pour une panoplie de composantes du patrimoine amazigh zénète, dans ses aspects matériel et immatériel (oral), à travers les graphèmes sculptés sur les murailles et parois d’anciens monuments et bâtisses».
Le déchiffrement de certains caractères et signes de Tifinagh-zénète révèlent parfois des messages et informations, tous sujets et domaines confondus, entre individus d’une même société s’exprimant en cette variante amazighe, a-t-il ajouté.
Il cite, à titre d’illustration, ceux gravés au vieux Ksar de «Tamana» (Sud de Timimoune), renvoyant, ditil, à un dialogue entre deux interlocuteurs ayant trait à un rendez-vous pour rendre visite à un parent (oncle maternel), en plus d’autres signes existant au vieux Ksar de «Samouta» (nord de Timimoune).
L’enseignant et poète en variante amazighe-zénète, cheikh El-Berka Ghantioui, a, de son côté, estimé que «le patrimoine amazigh-zénète constitue un fichier monographique de la région du Gourara, à ajouter au legs national, riche en sites et vestiges archéologiques témoignant encore de l’histoire ancienne de la civilisation amazighe-zénète dans le Gourara.

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