jeudi 14 novembre 2019 16:28:09

Trois jours avec les employés de Sonatrach à Hassi Messaoud : Un gisement de compétences

À la faveur d’une visite de trois jours à Hassi Messaoud, en plein cœur des installations de Sonatrach, on est d’emblée très surpris par la complexité des missions assumées par des professionnels chevronnés et passionnés par leur métier.

PUBLIE LE : 08-01-2019 | 0:00
D.R

Reportage de notre envoyé spécial : Karim Aoudia

À la faveur d’une visite de trois jours à Hassi Messaoud, en plein cœur des installations de Sonatrach, on est d’emblée très surpris par la complexité des missions assumées par des professionnels chevronnés et passionnés par leur métier.

L’on se rend, du coup, à l’évidence que si la prestigieuse compagnie est tellement convoitées par les demandeurs d’emplois, nombreux à souhaiter intégrer son personnel, il n’en demeure pas moins vrai que les métiers des hydrocarbures ne sont nullement de tout repos. Bien au contraire, ils sont plutôt à inscrire parmi les plus pénibles, c’est d’ailleurs ce qui ressort des nombreux avis recueillis, sur les lieux, auprès des responsables, ingénieurs, techniciens où simples employés relevant des différents services. «Un travail difficile», disent-ils, en particulier les missions exécutées en plein désert, sur les champs énergétiques, où les conditions environnementales et climatiques sont des plus extrêmes.
Arguments à l’appui, la majorité des professionnels interrogés au sujet des conditions de travail ont également mis l’accent sur les risques encourus au quotidien suivant une rotation de travail de 12 heures par jour, sur une période d’un mois d’affilée, sans relâche y compris les week-ends, jours fériés, fêtes nationales où religieuses…
Par «ce système des quatre- quatre», répété tel un leitmotiv sur toutes lèvres, l’on comprend que les compétences de Sonatrach mobilisées, ici à Hassi Messaoud, et qui sont issues, nous l’avons vérifié, des quatre coins du pays, ne doivent en aucun cas se soustraire à leur obligations professionnelles pendant quatre semaines successives, auxquelles succède un congé de récupération de même durée. «Pendant ma première semaine de récupération, ils sont vraiment rares les moments où je pointe le nez dehors, tant le besoin de se mettre au repos prend le dessus sur tout autre chose», nous confie Fouad L., jeune ingénieur de Khenchela rencontré au niveau du Complexe industriel sud (CIS), la plus ancienne installation pétrolière à Hassi Messaoud datant de 1958. L’on retiendra en outre les avis des uns et des autres, qu’au-delà d’un rythme de travail plus ou moins effréné, inévitable du reste, dans le domaine des hydrocarbures, celui instauré par Sonatrach à Hassi Messaoud a permis, tout compte fait, d’inculquer un sens de la responsabilité professionnelle de haut niveau, doublé d’une «fierté» d’appartenir à une compagnie-fleuron de l’économie nationale, locomotive du développement par excellence. Cette impression est bien visible, comme le nez au milieu de la figure, chez la majeure partie des employés du groupe pétro-gazier, qu’ils soient «anciens» cumulant des années d’expérience où jeunes recrues débutant leur carrière. S’agissant des conditions de travail et de prise en charge du personnel sur les lieux, les concernés ont été unanimes à faire valoir leur reconnaissance et gratitude en évoquant l’effort consenti par le directeur régional, M. Ali Neghmouch.

Des installations réhabilitées 

Les propos sont illustrés par de multiples exemples en rapport, entre autres, à la rénovation de complexes industriels comme ceux effectués au niveau des structures du CIS s’étendant sur une superficie de 454 hectares. Ici, tous les axes internes ont été refaits à neuf à la faveur d’une opération de réhabilitation de l’infrastructure couronnée par le bitumage de l’ensemble de voies de son circuit interne dans le sens d’assurer une meilleure flexibilité des déplacements et optimiser les conditions d’interventions sur tel où tel équipement. Idem pour ce qui est de la nouvelle Unité du traitement du brut du sud (UTBS) occupant une superficie de près de 44 ha, ainsi que le Complexe industriel Abdelhamid-Naïli (26 ha), situé dans la division nord du champ de Hassi Messaoud et sa zone industrielle limitrophe (Zcina). Toutes ces infrastructures, ayant bénéficié de travaux de rénovation qui leur offrent un nouvel aspect extérieur, sont désormais bien intégrées dans leur environnement, d’une propreté irréprochable.
Pour l’anecdote, au moment de notre passage au poste contrôle «hyper intelligent» de Zcina, les jeunes ingénieurs, chargés de nous accueillir et de nous fournir les explications nécessaires quant à son rôle et ses missions, nous ont invités à nous «débarrasser» au préalable de nos chaussures pour accéder au privilège d’inspecter les lieux en avançant sur moquette flambant neuf (sic).
Les conditions d’hébergement et de restauration font l’objet par ailleurs, d’une nette amélioration, au grand bonheur des travailleurs, nombreux sont à l’affirmer. Ils se réjouissent notamment du fait que les bases vie de Sonatrach sont connectées en permanence aux réseaux Wi-fi, accessibles aussi bien au niveau des résidences individuelles, où familiales, qu’à l’intérieur des infrastructures annexes, telles que les administrations, foyers, salles de cinéma, etc. La base d’Irara est même dotée d’une pépinière comprenant outre des espaces de jeux pour enfants, un mini-parc zoologique qui reçoit, chaque vendredi, une ruée de visiteurs issus des familles de Hassi Messaoud et d’Ouargla. A la base vie d’Irara, comme dans les complexes industriels, l’action menée, sous la direction de M. Neghmouch, va dans le sens à favoriser la détente des travailleurs après une dure journée de labeur, elle a été saluée en des termes élogieux. «Il a réalisé, depuis sa nomination en 2015, ce que d’autres avant lui n’ont pas fait durant 40 ans», lâche un ancien responsable du département exploitation, proche de la retraite. La messe est dite !

Innovation stimulée, technologies  acquises et environnement respecté

L’obligation d’un meilleur rendement constitue toutefois une règle d’or dans la stratégie de gestions des installations pétro- gazières de Sonatrach à Hassi Messaoud. Une stratégie axée sur «l’innovation et le développement continu», précise le directeur régional de Sonatrach lors d’un dîner professionnel à la base vie d’Irara, en présence de ses proches collaborateurs chargés de la gestion des différentes subdivisions.
 Il a fallu attendre, en effet, cet ultime moment de la journée pour s’entretenir avec M, Neghmouch compte tenu, avance-t-il d’une grande charge de travail sanctionnée par des réunions portant, a-t-il expliqué sur des thèmes d’organisation interne pour certaines d’entre-elles, alors que d’autres traitent de la signature de nouveaux contrats. Ceci, en sus de la visite du commissaire aux comptes désigné par la compagnie, dont la venue à Hassi Messaoud est intervenue simultanément avec notre «voyage d’étude». Pour s’assurer du bon rendement des ingénieurs, mobilisés au niveau des complexes industriels sud et nord du champ de Hassi Messaoud, placés sous sa responsabilité, M. Neghmouch a eu recours à des procédés qui stimulent l’innovation. Des méthodes simples et efficaces qui ont déjà montré leur efficience.
En effet, dans un passé récent, et sur proposition « intelligente» des ingénieurs et cadres diplômés des instituts et université algériens, le complexe Zcina est parvenu grâce à des modifications, pas du tout coûteuses, à presque tripler sa production en condensat, ce riche gaz privilégié sur le marché, qui est passé de 300 à 800 millions de tonnes/jour. Suivant la même méthode, une autre modification du genre a permis au complexe CIS de se doter d’une unité de production de gaz destinée à la vente via les réseaux de transports TRC.
Un véritable filon d’un impact certain en termes de valeur ajoutée. Des propositions de ce genre, sont à l’évidence, gratifiées de reconnaissance des responsables et influent positivement sur la rémunération de leurs auteurs ainsi que sur le plan de l’évolution de leur carrière, fait savoir M. Neghmouch. Cette stratégie est promue, a-t-il indiqué, et pour s’assurer que toute proposition émise par les ingénieurs parvienne à bon port, il a été décidé de doter les infrastructures énergétiques de «boîtes à idées» où les concernés sont invités à adresser leurs projets innovants.
 «Nous sommes à la phase de lancement de cette opération, et pour l’heure nous avons récolté une vingtaine de projets, sauf que nous ne prenons en considération que les plus réalisables d’entre eux, soit les plus efficace en termes d’optimisation des coûts et d’impact sur l’augmentation de la production», indique, en outre, M. Neghmouch. Il nous confie par ailleurs que la protection de l’environnement est hissée au rang d’objectif prioritaire à consacrer à Hassi Messaoud. «Nous venons de signer dans ce cadre, un contrat de 45 milliards de dinars», informe encore le directeur régional de Sonatrach. Dans la même optique, le chef de service exploitation de l’unité UTBS, M. Benabed, nous apprend que cette infrastructure est certifiée à la norme 14001 spécifique à l’environnement. La même unité qui traite jusqu'à 80% de la production du pétrole exploité dans le gisement de Hassi Messaoud, est aussi en cours de certification à la norme 15001 relative à l’efficacité énergétique, fera savoir en outre le même responsable. D’autre part, le centre de contrôle télémétrie se trouvant sur la base d’Irara est l’une des acquisitions technologiques phares de la direction régionale de Sonatrach. Grâce à un système appelé «Scada», bien connu dans le domaine énergétique, les 1.200 puits producteurs de pétrole à Hassi Messaoud sont «gérés, maintenus et surveillés à distance», affirme M. Lahouasna Fawzi, ingénieur en instrumentation rencontré sur place. «La moindre défaillance technique et toutes sortes d’atteintes à la sécurité des puits est aussitôt détectée permettant ainsi une intervention immédiate des services concernés», a-t-il insisté.
Autant d’infrastructures dont dispose la compagnie Sonatrach dans cette partie sud du pays fait que Hassi Messaoud reste en pole position en termes de contribution à l’économie nationale dans le domaine des hydrocarbures.
De plus, eu égard aux aptitudes professionnelles des compétences qui veillent sur le bon fonctionnement de toute cette logistique complexe, d’une part, et les nouveaux projets engagés, d’autre part, en vue d’optimiser la production pétrolière et gazière, ce gisement fructueux depuis plus d’un demi-siècle, est encore promis, assurément, à bel avenir.
K. A.

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Bir Messaoud, entièrement rénové

Le visiteur de Hassi Messaoud ne pourrait rester indifférent à l’œuvre architecturale que représente désormais l’historique Bir Messaoud, situé sur l’axe routier menant vers l’aéroport international Krim-Belkacem et qui a fait l’objet de travaux d’aménagement et de mise en valeur. Il trône au beau milieu d’une esplanade et rayonne de loin aux couleurs de l’emblème national. Bir Messaoud a été baptisé, rappelle-t-on, au nom Messaoud Rouabah, éleveur de dromadaires, qui donna son prénom à la ville de Hassi-Messaoud. Il avait réussi en 1917 à forer le premier puits d’eau dans cette zone aride pour son troupeau de dromadaires, avant que l’administration coloniale n’annonce dans les années cinquante, la découverte de pétrole dans la région, selon des sources locales.
A l'issue de la glorieuse guerre de Libération nationale, la nationalisation des hydrocarbures le 24 février 1971 a ouvert de larges perspectives de développement pour l’Algérie indépendante dans le domaine des hydrocarbures, et Bir Messaoud devint la mondialement connue, Hassi Messaoud !
K. A.

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