jeudi 17 janvier 2019 21:28:29

Ghardaïa : un rituel jalousement préservé

Puisant ses sources dans nos traditions multiséculaires, Yennayer, le nouvel an amazigh, continue de jalonner le temps dans la région du M’zab (Ghardaia) par des rituels jalousement préservés qui résistent encore aux mutations des temps modernes.

PUBLIE LE : 08-01-2019 | 0:00
D.R

Puisant ses sources dans nos traditions multiséculaires, Yennayer, le nouvel an amazigh, continue de jalonner le temps dans la région du M’zab (Ghardaia) par des rituels jalousement préservés qui résistent encore aux mutations des temps modernes.  Célébré la nuit du 6 au 7 janvier dans la région du M’zab, Yennayer obéit à un référentiel d’essence agraire basée sur les différents cycles de végétation et annonce le début de la saison hivernale et l’année agraire dans cette contrée au climat aride et sec, selon les notables locaux amazighophones.
La célébration, qui coïncide également avec la fin de la cueillette de la production phoenicicole, constitue une étape cruciale pour passer en   revue la situation environnementale des palmeraies et annoncer le début de l’opération de soins et de toilettage des palmiers dattiers productifs, a indiqué à l’APS Hadj Abdallah, propriétaire d’une petite palmeraie à   Bounoura.
Cette opération consiste à couper à la scie tranchante ou à la hache les palmes sèches, les rémanents et autres arbustes morts, la pousse des   rejets, le lif et les restes des hampes florales pour permettre au sol de conserver l’humidité et les éléments nutritifs afin de réduire les dangers d’incendie, a-t-il expliqué.
L’opération de toilettage touche également les séguias et autres réseaux de partage des eaux d’irrigation des palmeraies, a précisé ce connaisseur des travaux saisonniers agricoles. 
Pour Ammi Omar de Ben-Ghanem, Yennayer est étroitement lié au calendrier agraire, marqué par le rythme des saisons et évoque une harmonie entre la vie humaine et la vie végétale, soumises aux mêmes lois et aux mêmes vicissitudes de la nature.
 Pour fêter et accueillir le nouvel an amazigh, les familles amazighophones de la wilaya de Ghardaïa ont recours à une recette typique composée d’ingrédients aux couleurs blanches pour préparer un plat ancestral du terroir appelé "arfis", incontournable lors de la célébration de Yennayer.
Chaque année, Yennayer est célébré à la manière des ancêtres avec la même ferveur, le même recueillement et tout le cérémonial habituel autour des plats spéciaux minutieusement préparés pour la soirée du nouvel an amazigh et qui doivent présager une nouvelle année de paix et de bonheur.
Réalisé à base de semoule, sucre, lait et œufs, que la ménagère fait cuire   sous forme de galette qui, effritée, est passée à la vapeur avant d’être imbibée de Smen (graisse naturelle) et décoré avec du raisin sec et des œufs durs, le plat de "arfis" réunit toute la famille la nuit du 6 au 7 janvier de chaque année marquant Yennayer, le début de l’année. Les réunions de familles pendant cette nuit autour de ce délicieux met, accompagné d’un thé, permettent de consolider les liens de parenté, de renforcer les liens familiaux, a fait savoir Ammi Abdallah.
Des plats spéciaux sont aussi préparés à cette occasion tels que chercham, chekhchoukha ou couscous, consommés collectivement dans un même plat et cela même dans des localités arabophones de Ghardaia la nuit du 11 au 12 janvier, signale-t-on.
Loin d’être un vestige évanescent de l’histoire, Yennayer tend à être plus largement célébré, notamment avec l’officialisation de cette journée nationale par le Président de la République Abdelaziz Bouteflika et qui s’inscrit également dans le cadre de la réhabilitation de la culture, du   patrimoine, des valeurs et des traditions amazighs, qui font partie intégrante de la culture nationale dans toute sa diversité.
Plusieurs cérémonies festives ont été programmées dans les différentes   structures scolaires de la wilaya de Ghardaia, à l’initiative du ministère de l’Education nationale pour inculquer aux écoliers, collégiens et lycéens   l’histoire et la culture ancestrale de l’Algérie dans toute sa diversité, ont indiqué les responsables locaux du secteur. Ils ont relevé également que l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé 2019 Année internationale des langues autochtones, afin de préserver, mettre en valeur et revitaliser les langues parlées.

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