jeudi 20 juin 2019 13:25:42

Migration en 2018 en Europe : Recul des arrivées et hausse de la mortalité

Les flux de migrants clandestins en méditerranée ont connu durant l'année 2018, un recul sensible, laissant dire que la crise était "surpassée", toutefois pas moins de de 2.262 personnes sur les 113.482 qui ont tenté de rejoindre la rive nord de la mer ont péri au cours de leur "aventure".

PUBLIE LE : 07-01-2019 | 0:00
D.R

Les flux de migrants clandestins en méditerranée ont connu durant l'année 2018, un recul sensible, laissant dire que la crise était "surpassée", toutefois pas moins de de 2.262 personnes sur les 113.482 qui ont tenté de rejoindre la rive nord de la mer ont péri au cours de leur "aventure".

Le chiffre de 2.262 personnes mortes en Méditerranée dans leurs tentatives de rejoindre l'Europe en 2018, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), illustre à quel point ce drame humanitaire fait appel à la mobilisation internationale, étaient unanimes les organisations à travers le monde.
La méditerranée est l'un des couloirs migratoires les plus meurtriers du monde, d'après le projet de rapport de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) sur les migrants disparus (MMP). Un total de 113.482 migrants et réfugiés ont atteint illégalement les côtes européennes en 2018, via deux routes principales : une occidentale, pour la traversée du Maroc vers l'Espagne, et l'autre orientale qui fait référence à la traversée maritime de migrants à partir des pays centraux et orientaux de la région —principalement la Libye­— vers l'Italie. L'Espagne, y compris les enclaves de Ceuta et Mellila, a enregistré, durant l'année écoulée, 120.205 arrivées, au moment où l'Italie, a connu un véritable soulagement au cours la même année en n'enregistrant que 23.371 arrivées, beaucoup moins qu'en 2017 avec un lot de 119.369 migrants, selon le HCR, qui a également avancé le chiffre de 32.497 arrivées illégales, par voie maritime, en Grèce. En 2018, le premier pays d'origine des migrants et refugiés arrivés dans le vieux continent était la Guinée (13.068 personnes), suivi du Maroc (12.745) et du Mali (10.347). La Syrie n'était que le quatrième pays de départ de migrants ayant fait le périple migratoire, suivie de l'Afghanistan et de l'Irak. Ces chiffres marquent une chute drastique par rapport au "pic" de 1,015 million d'arrivées dans le vieux continent en 2015, mais la mortalité a d'ailleurs relativement augmenté en 2018 par rapport à l'année précédente.

Crise diplomatique en Europe

 Cependant, le recul en matière d'arrivées migratoires n'a pas permis aux Européens de s'entendre sur une doctrine de gestion de ce phénomène. Au contraire, l'année 2018 a été marquée par un débat controversé entre les pays de l'Union européenne (UE) autour de l'accueil des migrants illégaux parmi lesquels se trouvent toujours des réfugiés. Lors d'un sommet en juin, les dirigeants de l'UE, 28 pays, avaient convenu de rechercher une solution pérenne à la question du débarquement des migrants secourus en méditerranée, sous la pression de l'Italie, qui avait même fermé ses ports aux navires d'ONG. Mais ces discussions piétinaient et les bras de fer diplomatiques étaient souvent engagés entre capitales européenne après chaque opération de sauvetage. C'est pourquoi plusieurs navires humanitaires ont été contraints de rester en rade au large de la grande bleue depuis l'été, faute de trouver un port où accoster. Chaque situation s'était débloquée avec un accord trouvé dans l'urgence entre pays européens pour la répartition des migrants secourus d'une mort certaine. Pour le commissaire chargé des migrations de l’UE, Dimitris Avramopoulos, la crise migratoire "a été surpassée", mais cet afflux pose d’autres problématiques aux sociétés européennes comme la montée de l’extrême droite, dans plusieurs pays européens. Il s’agit, pour lui, d’ouvrir un dialogue avec les pays du sud et traiter ces problèmes sous tous les aspects, y compris l’intégration des migrants en Europe, la lutte contre l’extrémise et le terrorisme. Face à une telle exacerbation du phénomène, l’UE s'est évertuée à trouver l'alternative miracle en optant pour l'implication des pays de transit.

"Pas de sous-traitance"  en Afrique du Nord

 L'Union européenne a d'ailleurs proposé, fin juin, d'installer des centres de traitement de demandes d'asile dans les pays d'Afrique du Nord, cette demande de "sous-traitance" a été catégoriquement refusée. Dans une déclaration, le Premier Ministre, Ahmed Ouyahia a déclaré que "l'Algérie n'acceptera pas d'accueillir ce genre de centres que la Libye et la Tunisie ont aussi refusé pour la énième fois". Les pays d'Afrique du Nord, notamment en leur qualité de pays de transit, refusent d'être "pris en sandwiche" entre les pays pourvoyeurs de réfugiés et de migrants, majoritairement ceux de la bande sahélo-saharienne, et les pays d'accueil de la rive nord de la méditerranée. Les pays du Sud, donc d'Afrique du Nord, appellent à traiter la question à la source, invitant les pays européens à coopérer d’avantage pour lutter contre les causes de ces migrations, quelles soient d’ordre économique, social ou sécuritaire.
 Au moment où le débat reste ouvert sur ce fléau, l'Assemblée générale de l'Onu - 165 pays - a ratifié, en première étape, le 19 décembre, à une très forte majorité, le Pacte mondial pour les migrations, destiné à renforcer la coopération internationale pour une "migration sûre, ordonnée et régulière". Le document, non contraignant, vise en premier lieu à renforcer "la coopération relative aux migrations internationales sous tous leurs aspects". Les pays ayant rejeté le Pacte ont fait valoir qu'ils voulaient conserver une gestion nationale des flux migratoires et qu'ils redoutaient l'utilisation du Pacte lors de recours devant la justice.
 

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