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Liberté de culte : L’Algérie dotée de principes d’ouverture et de modération

Lutte contre la radicalisation

PUBLIE LE : 09-12-2018 | 23:00
D.R

Reçu, hier, à l’émission l’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio algérienne, M. Mohamed Aïssa, ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, à souligné que l’Algérie n'a eu de cesse de cultiver les principes d’ouverture et de vivre ensemble pour s’ouvrir et dialoguer avec les autres croyances. Les Algériens sont-ils un peuple intolérant, comme ont tendance à les taxer certaines ONG mal intentionnées ? La meilleure preuve contredisant cette manière de penser, répond le ministre, vient des propos tenus par des hommes de la religion catholique, tout comme du contenu du message adressé par le Pape à l’occasion de cette béatification. Celui-ci, rappelle-t-il, reconnaît les sacrifices des hommes du culte musulman en Algérie, qui, dit-il, ont été assassinés dans les années 90, parce qu’ils n’ont pas cédé leurs mosquées au terrorisme et à l’extrémisme, afin qu’elles ne soient pas utilisées contre leur pays.
Sur la cérémonie de béatification, le ministre a indiqué que «cela émane des notions de l'Islam qui est ouvert sur les autres religions», ajoutant que «l'Algérie est un pays doté de principes et de fondements d'ouverture, de vivre-ensemble et de modération qui lui permettent de s'ouvrir sur les autres religions». A propos de la liberté de conscience, le ministre a souligné que «la liberté d'accomplissement de culte autre que musulman est garantie constitutionnellement en Algérie, à condition de respecter les lois de la République».
Samedi dernier, le ministre avait souligné que l’Algérie, en abritant cet événement religieux, prouve, de par ses dimensions civilisationnelle et universelle, qu’elle est ouverte aux autres, immunisée, et ne craint rien pour son islam. «Ma présence à cette cérémonie comme représentant du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a une signification politique, eu égard à la Constitution algérienne qui consacre dans son article 47 la liberté d’exercer les cultes religieux aux non-musulmans et les garantit», a déclaré le ministre. «Personne n’a désormais le droit de douter sur l’assassinat des moines de Tibhirine tout comme celui d'autres religieux victimes de la barbarie du terrorisme aveugle qui n’a pas épargné 114 imams», a ajouté Mohamed Aïssa. Et de noter que «les familles des victimes, dont des religieux non-musulmans, ont reconnu notre réconciliation nationale et le terrorisme sanglant qu’a connus l’Algérie dans les années 90 et que la loi portant sur la paix et la réconciliation nationale est venue plier ses pages».
Le ministre a félicité, à cette occasion, l’Algérie pour l’organisation de la cérémonie de béatification des religieux catholiques victimes du terrorisme qui ont préféré rester en Algérie en temps de crise. «Ceci est un message au monde que l’Algérie est un pays de pluralisme et d’ouverture, qui exporte son expérience en matière de paix, de vivre ensemble et de prévention contre l’extrémisme», a-t-il dit.  
La cérémonie de béatification a été marquée par la présence de quelque 1.400 personnes sur l’esplanade de la chapelle de Santa Cruz, de délégations représentant des pays chrétiens, de personnalités politiques et diplomatiques, d’hommes du culte et des familles des 19 religieux catholiques. Des imams d’Algérie, le cheikh de la Tariqa (confrérie) Alawiyya de Mostaganem, Khaled Bentounès, et des représentants de la société civile d’Oran étaient également présents lors de cette cérémonie.

Lutte contre la radicalisation

A propos du terrorisme, M. Aïssa affirme que le pays a fini par le terrasser, grâce, déclare-t-il, à la lutte acharnée de son peuple et de ses forces de sécurité, tous corps confondus. Pour éviter d’avoir de nouveau à subir la violence intégriste, il signale que le pays a entamé un vaste programme de lutte contre la radicalisation, basé notamment sur une réforme en profondeur des programmes de formation des imams et une révision des cours de religion islamique dispensés dans les écoles primaires et les lycées. Sur les tentatives d’accaparement des mosquées, l’intervenant note que, depuis 2016, trois imams ont été assassinés, auxquels s'ajoutent les 114 autres tués durant la décennie noire. Il impute ces actions violentes aussi bien à des éléments salafistes qu’à d’autres tendances « qui essayent de s’accaparer des associations de mosquées pour en prendre le contrôle», raison pour laquelle, fait-il savoir, « nous avons décidé de geler le renouvellement des associations religieuses».

Associations à caractère religieux : encadrées par une loi organique

La future loi organique sur les associations, qui est en phase de préparation, prévoit un chapitre encadrant les associations à caractère religieux, a aussi affirmé le ministre. «Nous débattons actuellement de la nouvelle loi organique sur les associations en général où un chapitre sera consacré aux associations à caractère religieux», a déclaré le ministre, précisant que les associations à caractère religieux «concerneront celles des mosquées ainsi que celles de culte autre que musulman».
Estimant qu' «il y a nécessité de garantir que l'association de la mosquée n'accapare pas l'autorité de l'imam», le ministre a indiqué que l'imam doit être décrété comme «l'autorité suprême dans la gestion des mosquées, une sorte de directeur de l'établissement et de l'institution». Le ministre a relevé, par la même occasion, que «l'imam est déstabilisé par des pressions et par des lobbyings qui se font généralement autour de la mosquée par ces associations», critiquant des tendances «islamo-politiques» qui essaient de s'accaparer actuellement des associations de mosquées pour «un éventuel positionnement pré-électoral».
«C'est pourquoi nous avons décrété le gel du renouvellement des associations religieuses», a rappelé M. Aïssa, pour qui la question «ne peut être rediscutée qu'en période post-électorale». Pour le ministre, il s'agira de «mettre en œuvre tout le dispositif juridique pour permettre à l'imam de poursuivre toute personne qui atteindrait à sa dignité ou déstabiliserait l'équilibre de la mosquée», notant que l'imam devait être le «seul guide» de la mosquée.

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