dimanche 16 dcembre 2018 12:44:24

Rusty Boys, long métrage en compétition : 4 papys pas comme les autres

Réalisé par Andy Bausch, le plus populaire des réalisateurs luxembourgeois,"Rusty Boys" ou (Garçons rouillés) a séduit le public de la salle Ibn Zaydoun de Riadh El Feth.

PUBLIE LE : 06-12-2018 | 0:00
D.R

Réalisé par Andy Bausch, le plus populaire des réalisateurs luxembourgeois,"Rusty Boys" ou (Garçons rouillés) a séduit le public de la salle Ibn Zaydoun de Riadh El Feth. Le film a été projeté mardi dernier dans le cadre des compétitions des films fictions de la 9e édition du festival international du film d’Alger (FICA).
Dans ce long-métrage de 107 minutes, Andy Bausch raconte l’histoire de quatre papys pas comme les autres… une fiction sur le troisième âge, Rusty Boys écrit en compagnie de Frank Feitler. Nuckes, Fons, Lull et Jängi ne sont plus tous jeunes. À eux quatre, ils ne cumulent pas loin de 300 ans. Mais ce n’est pas parce qu’ils sont "vieux et croulants", comme le précise l’affiche du film, qu’ils sont désargentés et un brin dépassés par les nouvelles technologies et l’évolution du Grand-Duché qu’ils vont accepter de se faire dicter leur loi par les jeunes générations et se laisser traiter comme des enfants. Oh que non ! Bien au contraire. Les trois premiers se trouvent dans une maison de retraite. Fons et Lull sont pensionnaires. Nuckes, le jeunot de la bande (65 ans seulement), y travaille en tant que gardien. La directrice a beau être sympathique comme une porte de prison, le manque d’intérêt du personnel pour les résidents fait que les trois, enfin, surtout Fons et Nuckes, s’adonnent à des trafics en tout genre. Quand ils finissent par se faire prendre — offrir une jeune fille de joie à Lull à l’occasion de son anniversaire n’était peut-être pas une bonne idée — ils décident de se lancer dans la création d’une maison, non de retraite, mais pour personnes âgées et surtout solidaires. Et ils embarquent dans ce projet un peu fou Jängi, qui, lui, vit seul dans une petite cabane au fond de son jardin ouvrier. Exception qui confirme la règle, Lull, ancien dentiste qui a clairement eu de l’argent par le passé — ce qui lui vaut, au départ, l’inimitié de Fons, ancien chauffeur de taxi —, mais son comédien raté de fils semble depuis avoir englouti toute son épargne. Le film se poursuit ensuite de surprise en péripétie, avec beaucoup d’humour, pas mal de cynisme et toujours un côté politiquement incorrect très assumé. Le film tape bien et fort, là où ça fait mal. Sur la manière dont on traite nos vieux, sur le racisme ordinaire, sur l’embourgeoisement excessif du pays, sur le côté hautain de certains élus… Et propose surtout une photo très réaliste du pays. Ainsi, Andy Bausch montre son intérêt aux sans-grades, aux petites gens, aux classes sociales les plus défavorisées. Malgré un aspect film choral incontestable, avec 39 personnages parlants, le réalisateur parvient sinon à rendre touchants tous les personnages, du moins à leur donner une véritable profondeur. Il en est de même pour les dialogues, ciselés comme il faut, précis, pertinents et avec pas mal de bons mots qui fusent tout au long des 107 minutes du film, ce qui sied à merveille au franc-parler sans filtre des quatre personnages principaux. Comme quoi l’adage selon lequel « c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe », ce n’est peut-être pas que des paroles en l’air.   
Sihem Oubraham

 

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