samedi 15 dcembre 2018 15:54:58

M. Amara Zitouni, président du Conseil de la concurrence : « Pour un traitement transparent des dossiers »

La neutralité des règles de la concurrence était, hier, au centre des débats, à l’occasion d’une journée d’étude, organisée à Alger par le Conseil de la concurrence.

PUBLIE LE : 06-12-2018 | 0:00
Ph. Nacera I.

La neutralité des règles de la concurrence était, hier, au centre des débats,  à l’occasion d’une journée d’étude, organisée à Alger par le Conseil de la concurrence.

S’exprimant, dans ce cadre, le président du Conseil de la concurrence, Amara Zitouni, a coupé court aux rumeurs, concernant le favoritisme dans le traitement des dossiers, rassurant avec insistance que le Conseil traite les plaintes des entreprises sans aucun favoritisme. «Il n’y a aucune différence dans le traitement des dossiers, que ce soit pour les entreprises publiques ou privées», a-t-il indiqué. S’agissant des objectifs de cette journée d’étude, animée par des experts nationaux et étrangers, il a souligné qu’elle a permis d’aborder des problématiques de l’application du droit de la concurrence aux entreprises publiques et privées. Mettant à profit cette occasion, il a insisté sur la nécessité de respecter et d’appliquer en toute transparence les règles de la concurrence, qui permettra, a-t-il dit, la mise en place des produits de qualité et des prix raisonnables accessibles aux citoyens. En réponse à une question sur le nombre des plaintes enregistrées durant l’année 2018, il a indiqué qu’«on ne peut pas évaluer l’impact ou le rendement de notre conseil par rapport au nombre des plaintes déposées, mais l’évaluation se fait par rapport à l’impact sur le marché où, ces deux dernières années, nous commençons à le sentir».
Appuyant ses dires, il a cité, à titre d’exemple, l’autorité autrichienne de la concurrence, indiquant que «celle-ci a fait une évaluation, et ce après 50 ans depuis sa création». Il a souligné que «depuis que le conseil a commencé à organiser des campagnes de sensibilisation, nous commençons à recevoir des plaintes des entreprises étrangers installées en Algérie», avant de préciser que «les plaintes viennent de la part de ces entreprises, car cette culture de la concurrence est ancrée au sein de leur société». M. Zitouni a rappelé que «le Conseil de la concurrence, créé en 1995, peine à assumer son rôle. Des années après, on s'emploie à réactiver ses missions, après une éclipse de plus de dix années». Intervenant à cette occasion, Mme Mahtout, maître de conférences à l’université de Tizi Ouzou, a fait une présentation sur le thème «Le principe d’égale concurrence entre les opérateurs économiques publics et privés». Elle a insisté sur la nécessité du principe d’égale concurrence qui doit être bien compris dans l’hypothèse d’opérateurs bénéficiant de statuts différenciés sur un même marché. «Le bon fonctionnement de la concurrence n’implique pas nécessairement que tous les opérateurs se trouvent dans des conditions d’exploitation identiques.
On observe, aujourd’hui, l’application d’un principe d’égale concurrence aux opérateurs publics, qui se manifeste, notamment, au travers de la nécessaire neutralité de leur statut et de l’égalisation des conditions de concurrence», dit-elle. Pour sa part, Slimani Djilali, membre du Conseil algérien de la concurrence, a souligné que «l’entreprise publique est porteuse de risque pour le jeu de la concurrence, car elle évolue dans deux domaines principaux qui interagissent et souvent s’opposent à la poursuite de l’intérêt général et du comportement marchand».
Makhlouf Ait Ziane
 

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