dimanche 16 dcembre 2018 12:50:20

Médecine douce : L’ordonnance de la nature

Des maisons artisanales relèvent le défi mais…

PUBLIE LE : 05-12-2018 | 0:00
D.R

Le traitement par les plantes continue de susciter des débats, pour être au cœur d’une grande polémique entre défenseurs de la thèse  de la médecine  moderne, et les amateurs des bienfaits des plantes thérapeutiques, de plus en plus nombreux à utiliser tous les arguments  pour en convaincre les plus réticents.

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, on ne se contente plus du traitement conventionnel. Certains se montrent méfiants et allergiques aux compositions chimiques, jugées saturées, trop «lourdes» même pour des estomacs fragilisés, d’emblée, par le stress et toutes sortes d’inconfort qui représentent une menace, à peine voilée, de nos jours, de par leurs effets indésirables. Le chemin de la médecine authentifiée, certifiée, portée et transmise à l’humanité,  par Hippocrate, depuis des millénaires, ne tente plus de nombreuses personnes qui semblent, de plus en plus, trouver la panacée à leurs maux, en dehors des circuits classiques. Les prescriptions médicales sont,  en train de  perdre la  cote — du moins pour une catégorie de personnes— face à la large et riche gamme des compléments alimentaires mis sur le marché, commercialisés, de surcroît, par des officines très officielles   et en bonne et due forme. Sous forme de tisanes, de comprimes, de gélules ou encore de baumes thérapeutiques, ces derniers garnissent les étals, pas seulement des herboristes et des magasins spécialisés mais aussi nos boîtes à pharmacie puisqu’ils atterrissent dans nos foyers après un passage obligé, par les temps qui courent, dans les milieux pharmaceutiques ou les herboristes. C’est un fait, le retour à la nature s’opère de manière spectaculaire et étonnante, chez-nous, comme partout dans le monde où le combat pour les soins naturels prend  l’aspect d’une démarche, voire une conviction, défendue, bec et ongles, au quotidien par les amateurs de la phytothérapie.  Les défenseurs et les adeptes de la médecine douce se font nombreux, notamment pour des petits problèmes de santé ou encore pour le bien-être. Le traitement naturel se met dans tous ses états pour semer à tout vent. La panoplie des marques et  des  produits également est là,  pour  confirmer  toute l’importance  accordée à  ces produits dans notre vie de tous les jours. Les plantes et autres ressources de dame nature sont «ressuscitées» avec une industrie naissante, de plus en plus forte, qui puise de la nature pour proposer des alternatives à des médicaments connus et boudés par le malade.

L’extraction des huiles essentielles face à la rude concurrence

La  collecte et la transformation des plantes et de certains fruits aussi se sont mises à l’heure de ce chamboulement de nos comportements thérapeutiques. En effet, il existe aujourd’hui de nombreuses entreprises ayant  investi dans ce créneau. Pour les porteurs de ces projets, les dons de la nature n’ont plus de secrets, mais plutôt des vertus  à même de venir à bout de bien de problèmes de santé et également d’embellissement et de lutte contre les radicaux libres, bref, les effets du vieillissement. De nos jours, des personnes de tous les  niveaux et milieux sociaux n’hésitent pas à cacher leur coup de foudre à tout ce qui est bio et sain, y compris lorsqu’il  est question de se soigner. Cet engouement pour la médecine «verte», qui n’est certainement pas étranger à la société algérienne puisque nos aïeux se traitaient déjà par l’eucalyptus, les grains de fenouil et du cumin, l’armoise, la sauge, la mélisse, appelée communément, chez-nous «Louisa» et la liste est longue, explique, en fait, l’émergence d’une industrie à part entière, tournée vers l’exploitation à bon escient des richesses de la nature qui sont restées à l’état pur, d’où leur particularité ou plutôt leur efficacité pour retrouver la pêche.  L’intérêt accru de la population pour les produits de santé naturels a contribué au développement de l’industrie des huiles essentielles. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 80% de la population mondiale a recours aux médecines traditionnelles pour satisfaire des besoins en soins de santé primaire.  Cet intérêt est essentiellement dû au caractère peu onéreux et plus accessible de la médecine traditionnelle par rapport à la médecine conventionnelle importée, plus coûteuse et difficilement accessible. Le marché mondial des médicaments traditionnels à base de plantes est estimé à 60.000 millions de dollars. L’Algérie est restée longtemps en marge de l’évolution mondiale du secteur des huiles essentielles et végétales.

Les échanges commerciaux sont dominés par les importations

L’analyse des statistiques du commerce extérieur agricole et des douanes des huiles essentielles montre que les exportations dans cette catégorie de produits restent insignifiantes, comme c’est le cas en 2001 et 2005. Pour l’année 2002, à titre illustratif, les activités de transformation et de valorisation des plantes aromatiques et médicinales ont permis une exportation de près de 1.137 kg d’huiles essentielles et d’extraits divers d’une valeur de 31.255 dollars. De 2003 à 2005, les exportations subissent un fléchissement, avec, respectivement, des volumes de 68.5 et 100 kg, pour une valeur de 1.498 dollars pour l’année 2003 et à 1.000 dollars en 2005. A partir de 2010, les importations en la matière ont été boostées par une forte demande des algériens qui renouent les plantes médicinales  dans leur vie de tous les jours, et très souvent pour introduire celles-ci dans le traitement de certaines pathologies, à l’instar du colon, du stress, l’insomnie et autres. La reprise des exportations, il faut le signaler, s’est précisée depuis 2006,  avec 2.823 kg pour un montant de 7.644 dollars. Le pic des exportations est enregistré en 2008 avec un volume de 22.690 kg et une valeur commerciale de 998.261 dollars. C’est dire le regain d’intérêt, pas seulement pour l’utilisation des huiles à usage thérapeutique, mais aussi à l’extraction de celles-ci.  

Des maisons artisanales relèvent le défi mais…

Aujourd’hui, le marché algérien regorge de marques nationales, à l’instar de Zazia, Afnane, Ibn El kayam qui font leur entrée sur le marché depuis quelque temps. Mais la concurrence est rude face à des marques égyptiennes et autres  qui  ont pignon sur ce type de produits. C’est le cas  de « Elcaptene» (le capitaine) ou encore «Himani». Un herboriste à El Biar nous dira à ce sujet que l'Algérie est un continent. De l'Atlas Blidéen, à l'Ahaggar, de l'Ouarsenis aux hauts-plateaux, en passant par Yemma Gouraya et les monts du Djurdjura, il existe une variété d'espèces végétales inestimables. malheureusement, celles-ci ne sont pas connues, plus grave encore, elles sont en voie d'extinction. "Il est inadmissible d'abandonner un patrimoine floristique des plus riches et des plus variés sans en tirer profit au moment où la phytothérapie  sous d'autres cieux est reconnue comme spécialité",  insistera-il, avant de poursuivre qu'il "existe, certes, de petites entreprises artisanales versées dans l'extraction des huiles essentielles et végétales, néanmoins leur nombre demeure nettement en deçà de nos potentialités réelles". Côté citoyen converge aussi dans le même sens. Du moins pour Fériel, la quarantaine, venue solliciter l'huile des grains de figue de barbarie pour effacer ses rides. "On dit beaucoup de bien de cette dernière, et le seul problème qu'elle est rare et coûte de surcroît très cher. Un petit flacon de 10 ml se vend à 500 ou 600 DA".
Un quinquagénaire, qui se soucie, pour sa part, pour l'état de ses os et ses articulations, rongés par une arthrose sévère, installée depuis des années, est intéressé par "el Acadimia", une composition de plantes sélectionnée par  la même marque, à prendre sous forme de tisane. Cet amateur de la médecine douce affirmera qu'il avait tout essayé jusqu'à ce que son voisin lui vante les vertus de ce produit composé d'une trentaine de plantes, toutes indiquées pour soulager le rhumatisme. "J'en prends tous les jours,  matin et soir,  et je me sens mieux", avant de poursuivre que les médicaments qu'il prenait devenaient insupportables pour lui à cause de leurs effets indésirables. Un sexagénaire est, quant à lui, venu chercher "El Wassila", une huile algérienne pour soigner ses problèmes de prostate.Aujourd’hui, un retour aux sources se précise, réhabilitant  ainsi les soins naturels, et cette nouvelle tendance mériterait que l’on s’intéresse sérieusement à  notre potentiel végétal ou plutôt se soucier du sort de nos plantes médicinales, mais pour cela, il est impératif de répertorier toutes les espèces endémiques et les développer pour leur éviter le triste sort de  bien d’autres qui ont carrément disparu et dont on n’entend plus parler. Il faut savoir que sur les 300 plantes aromatiques et médicales utilisées, à l’échelle mondiale, près de 70% de celles-ci se trouvent en Algérie.
Samia D.

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