dimanche 16 dcembre 2018 12:43:44

Algérie - Italie : Les relations économiques appelées à se diversifier

L’appareil diplomatique algérien est résolument engagé, à travers ses services extérieurs (ambassades, consulats généraux et consulats), pour assurer une meilleure visibilité du potentiel de développement du pays, et, partant, des opportunités d’affaires et de partenariats qu’offre l’Algérie aux investisseurs étrangers.

PUBLIE LE : 03-12-2018 | 0:00
D.R

De notre envoyée spéciale à Milan : Sarah A. Benali Cherif

• L’Italie est l’un des premiers clients du gaz algérien.
• 180 entreprises italiennes activent en Algérie. 
• Des échanges commerciaux qui ont atteint les 10 milliards de dollars.

L’appareil diplomatique algérien est résolument engagé, à travers ses services extérieurs (ambassades, consulats généraux et consulats), pour assurer une meilleure visibilité du potentiel de développement du pays, et, partant, des opportunités d’affaires et de partenariats qu’offre l’Algérie aux investisseurs étrangers.

À la faveur du forum économique dédié aux opportunités d’affaires en Algérie, tenu les 29 et 30 novembre dernier, le consulat général d’Algérie de Milan (Italie) a organisé, en collaboration avec l’association professionnelle italienne «Assolombrada», une rencontre à laquelle ont été conviés une dizaine d’hommes d’affaires de renommée internationale. Ces derniers ont montré, à cet effet, un intérêt particulier pour le marché algérien, et exprimé leur réelle volonté à y investir. «Cet événement économique vient s’inscrire dans la continuité du premier forum organisé par le consulat, en mai 2016, qui a connu un large succès auprès des Algériens et des Italiens», a déclaré, à cette occasion, le consul général d'Algérie à Milan.
Le diplomate Abdelkrim Touahria a indiqué que cette rencontre est le prolongement naturel de l’action diplomatique du poste qui vise à promouvoir l’attractivité de l’Algérie, à travers la transformation structurelle des relations commerciales qui lient notre pays à l’Italie en un partenariat économique basé davantage sur les projets d’investissements productifs gagnant-gagnant, à l’instar de ce qui se fait dans le secteur énergétique. «L’objectif principal de ce forum est de fournir une image plus claire du climat des affaires en Algérie, et de présenter ses caractéristiques aux sociétés italiennes qui veulent investir et celles qui activent déjà dans notre pays», a-t-il précisé.
M. Touahria a assuré que l’Algérie continue d’être un partenaire commercial et industriel «important» pour l’Italie, avec des échanges qui ont atteint, en 2017, les 10 milliards de dollars, et affirmé, se référant aux statistiques des neufs premiers mois de l’année 2018, que l’Italie est classée deuxième partenaire commercial de l’Algérie après la Chine, avec un volume total des échanges commerciaux estimé à 7,04 milliards de dollars. L’Italie est le premier client de l’Algérie, avec des exportations de 4,28 milliards USD, soit une part de près de 15% de nos exportations.
Le diplomate a noté que l’objectif est de changer la forme de la relation avec le partenaire italien de relations «commerciales à économiques» qui se basent sur l’investissement italien, proprement dit, à travers l’implication et l’implantation des chefs d’entreprises italiens en Algérie. «Cela permettra de créer de l’emploi, d’acquérir le savoir-faire et surtout de rééquilibrer le volume des échanges», a-t-il expliqué.
De son côté, le secrétaire général du ministère de l'Industrie et des Mines, Kheireddine Medjoubi, a souligné que les relations économiques entre l’Algérie et l’Italie connaissent une dynamique accrue, notamment avec un volume d’échanges commerciaux importants, mais qui nécessite la multiplication de partenariats diversifiés dans les activités productives. «De nombreux domaines d’affaires se présentent, aujourd’hui, devant nous, pour booster nos relations économiques et asseoir les jalons d’un partenariat industriel durable et mutuellement bénéfique à nos peuples», a expliqué Kheireddine Medjoubi, soulignant au passage que l’Algérie et l’Italie partagent, par leur proximité, plusieurs atouts et objectifs communs qui doivent constituer le socle de développement des relations économiques.
Le SG a passé en revue les différentes réalisations économiques et sociales concrétisées par notre pays,  qui lui ont permis de se positionner parmi les pays à revenu intermédiaire supérieur.
«L’Algérie, par les avantages qu’elle offre et sa situation géostratégique, constitue incontestablement une plateforme idoine pour la pénétration du marché africain en pleine expansion», a-t-il soutenu.
À ce titre, M. Medjoubi a fait savoir que cette rencontre permettra de dégager des pistes «concrètes» de développement commun avec le partenaire italien, notamment l’investissement dans les filières industrielles mécaniques, le cuir, les textiles, la pharmacie, l’agroalimentaire, les activités minières, la pièce de rechange et la sous-traitance automobile ou encore la digitalisation et l’industrie 4.0.
Pour sa part, le vice-président de «l’Assolombarda», l’une des plus importantes associations entrepreneuriales du pays de la «pasta», a tenu à remercier les hauts responsables du gouvernement algérien, qui ont répondu à l’invitation et venus faire connaître le contexte politique et industriel de leur pays.
« Ce sont quelque 180 entreprises italiennes qui sont présentes en Algérie activant, notamment dans le secteur des énergies renouvelables et l’agro-industrie, mais également dans les secteurs traditionnels, telles l’énergie, la technologie et la construction à grande échelle», a souligné Mattia Macellari.
Il est à noter que plus de 120 participants, dont 80 entreprises italiennes, sont présents à ce rendez-vous économique, dont les thématiques ont convergé avec les axes fixés par notre gouvernement en matière de diversification de l’économie nationale, avec comme clé de voûte, les secteurs prioritaires (l’industrie, l’agriculture, les énergies renouvelables, la pétrochimie et le tourisme).
S. A. B. C.

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Bientôt des banques italiennes en Algérie ?

Une forte délégation de représentants des banques algériennes est venue discuter avec leurs homologues italiens sur la faisabilité d’une coopération soutenue qui pourrait se traduire, à terme, par une ouverture de succursales de grandes banques italiennes en Algérie.
En effet, en marge de ce forum économique, M. Achour Aboud, président de l’association professionnelle des banques et établissements financiers (ABEF), s’est entretenu avec les représentants de plusieurs grandes banques italiennes.
«Il n’est pas normal qu’aucune banque italienne n’est installée ou ne dispose d’un bureau dans notre pays», a-t-il regretté, avouant que cette situation est d’autant plus «inexplicable» lorsqu’on sait le volume annuel important des échanges commerciaux entre les deux pays et les flux financiers qui en découlent. Le président de l’ABEF reconnait, à cette occasion, l’existence d’une certaine « frilosité » de la part des banques et des organismes officiels italiens vis-à-vis de l’Algérie, attribuée, selon lui, à un «déficit» dans la communication des algériens. Le président de l’ABEF a révélé que des représentants de la SACE, un important organisme italien d’assurance des investissements, et de la banque centrale italienne ont visité récemment l’Algérie pour s’enquérir de la situation.
«Lors de cette visite, nous avons informé nos homologues italiens que le marché est en train d’être occupé par d’autres banques étrangères au détriment des italiennes», a déclaré M. Achour Aboud.
S. A. B. C.
 

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