jeudi 19 septembre 2019 13:43:57

Conférence internationale de Palerme sur la Libye : aller vers une solution politique

M. Ouyahia expose l’expérience algérienne en matière de réconciliation nationale et appelle au soutien du processus onusien.

PUBLIE LE : 13-11-2018 | 23:00
D.R

- Rejet de toute intervention militaire qui ne fera que compliquer et aggraver la situation actuelle.
- Identifier les étapes d’un processus  de stabilisation.

Le plan de paix des Nations unies mis à jour «fait consensus» chez les deux principales parties libyennes, a déclaré le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, représentant du Président de la République, à la Conférence de Palerme sur la Libye.

«Nous avons enregistré avec satisfaction que le plan de paix mis à jour, que l’ONU a proposé, à savoir une conférence nationale au début de l’année prochaine et des élections présidentielles et législatives qui seront convenues, fait consensus chez les deux parties principales libyennes : le Conseil présidentiel de Tripoli et nos camarades de Benghazi, Haftar compris», a précisé le Premier ministre à l’issue des travaux de cette Conférence. M. Ouyahia a aussi indiqué que les démarches menées par l’Egypte d’unifier les forces militaires de la Libye «fait également consensus entre les deux principaux centres de pouvoir» dans ce pays. «Nous avons été informés que sous l'égide de l’Egypte, il y a des discussions, en cours depuis plusieurs mois, pour unifier les forces militaires de la Libye, l’armée nationale et les autres composantes. Tout cela semble faire un bon consensus», a-t-il ajouté. Revenant sur le déroulement de la conférence convoquée par les autorités italiennes, M. Ouyahia a expliqué qu’il était «tout à fait naturel que l’Algérie y participe, car ce qui concerne ce pays concerne l’Algérie de par le passé et l’avenir communs mais aussi par rapport aux défis que cela pose à la sécurité de l’Algérie». Le Premier ministre a émis le vœu que la conférence nationale qui se déroulera en Libye le printemps prochain puisse «consolider cette volonté commune d’aller vers une solution politique», que constitueront les élections pour redonner la parole au peuple pour résoudre l’équation complexe que vivent les Libyens, à savoir «qui est le gouvernement légitime», a conclu le Premier ministre.
Le Premier ministre a indiqué  que la situation de crise en Libye persiste en raison notamment des divisions qui continuent d’exister entre les parties libyennes, de l’influence de certaines forces négatives, du faible soutien aux efforts de l’ONU en Libye  et des nombreuses ingérences étrangères en Libye avec différents agendas.
M. Ouyahia  a souligné que «certes la tâche de dépasser ces contraintes n’est pas facile, mais elle reste possible si la communauté internationale s’unit autour de quelques points de consensus possibles». A ce titre, M. Ouyahia a mis en exergue «la nécessité d’inscrire tous les efforts en soutien à ceux des Nations unies, ajoutant que l’ONU «nous propose aujourd’hui une démarche passant notamment par une conférence nationale au début 2019 et des élections durant les premiers mois de l'année 2019». Il a relevé également que la solution en Libye «exige un rapprochement entre les Libyens et que, pour cela, ils devront dépasser leurs divergences et s’accepter dans leur pluralité politique et idéologique». «Dès lors que l'ONU leur offre une feuille de route pour les rapprocher, elle doit aussi les contraindre à avancer et que le Conseil de sécurité doit exercer sa pression et même des sanctions contre tout acteur libyen qui entraverait la mise en œuvre du Plan de paix», a-t-il insisté. Abordant le point crucial du rapprochement entre les acteurs libyens, M. Ouyahia a souligné que «cela nécessite l’arrêt des interférences étrangères», ajoutant que «chaque pays est en droit d’avoir ses propres ambitions en Libye, mais chacun doit admettre que la concrétisation de ces ambitions nécessite d’abord une Libye en paix, dans la préservation de son unité et de son intégrité». «Sauvons donc d’abord la Libye avec les Libyens et l’ONU», a affirmé M. Ouyahia qui a appelé à «un soutien plein et entier au Plan de l’ONU, qui évitera une situation d’approches séparées et parfois divergentes». Dans le même temps, il a appelé les responsables libyens à «dépasser leurs propres ambitions au bénéfice de la Libye et de son peuple ainsi qu’au bénéfice de la stabilité de la région». Le Premier ministre a conclu en appelant la communauté internationale à «s’unir pour la paix en Libye et à réparer ainsi les erreurs qu’elle a commises dans ce pays», assurant que l’Algérie «ne ménager aucun effort pour l’aboutissement de cette démarche».

Opter pour le dialogue

M. Ouyahia a indiqué que l’Algérie fait part d'une «grande préoccupation» quant à la situation en Libye et de l’intérêt qu’elle porte au règlement de la crise, en raison «non seulement de l’histoire et du destin communs qui lient l’Algérie et la Libye, mais également des répercussions de cette crise sur les pays voisins, parmi lesquels l’Algérie, et sur l’ensemble de la sous-région». Le Premier ministre a également rappelé les efforts entrepris par l’Algérie pour «accompagner les Libyens dans le cadre du processus politique et son message constant pour la paix et ce dans l’esprit qui a toujours caractérisé l’approche algérienne fondée sur le triptyque : non-ingérence, équidistance et appropriation». Dans ce cadre, il a indiqué que la solution à la crise libyenne «doit émaner des acteurs libyens qui doivent s’approprier eux-mêmes le processus politique dans leur pays. Tout comme la volonté des Libyens doit être respectée afin qu’ils puissent eux-mêmes choisir leurs dirigeants et leur devenir». M. Ouyahia a, par ailleurs, mis l’accent sur le caractère de la solution à la crise libyenne qui doit être politique, comme il a réitéré par la même occasion «le rejet de toute intervention militaire en Libye qui ne fera que compliquer et aggraver la situation actuelle». Il a également insisté sur la nécessité pour toute solution recherchée de «préserver l’unité du peuple libyen et l’intégrité de son territoire». Pour ce faire, cette solution «doit être fondée sur le dialogue inclusif et la réconciliation nationale». M. Ouyahia a également souligné que «les interférences étrangères dans la crise libyenne entretiennent la division entre les acteurs libyens et éloignent les perspectives de la solution politique tant attendue».
Avant les travaux de la Conférence, les chefs d’Etat et Premiers ministres des pays voisins de la Libye dont l’Algérie, la Tunisie, le Niger et l’Egypte, se sont réunis, a indiqué une source diplomatique.
Il s’agit pour l’Algérie de rappeler et mettre en exergue son approche pour une solution qui consiste notamment à opter «pour le dialogue inclusif comme seul moyen de règlement sous l’égide des Nations unies, lequel doit aboutir à la mise en place d’institutions capables de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye ainsi que son unité et la cohésion de son peuple, de même qu’à faire face aux nombreux défis auquel est confronté ce pays frère et voisin, à commencer par la menace terroriste». L’Algérie n’a pas cessé de déployer des efforts pour rapprocher les différents acteurs libyens et accompagner le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Libye dans sa démarche.

L’expérience algérienne  en matière de réconciliation  nationale exposée

Le Premier ministre a exposé l'expérience algérienne en matière de réconciliation nationale et du vivre ensemble. Rappelant la lutte algérienne contre le terrorisme durant la tragédie nationale, M. Ouyahia a souligné que «l’Algérie, qui a vécu une décennie terrible, a pu se relever grâce aux politiques de concorde civile et de réconciliation nationale, menées par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika». Grâce à ces politiques, a poursuivi le Premier ministre, «nous avons, enfin, découvert une chose, c’est qu’il nous fallait du courage politique pour nous rendre compte que nous pouvons tous vivre ensemble, gérer notre avenir et gérer nos ambitions politiques. C’est ce que nous espérons pour nos frères libyens», a ajouté le Premier ministre qui était accompagné par le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel. Cette réunion, qu’a présidée le président du Conseil des ministres italien, Giuseppe Conte, a vu la participation des Présidents tunisien Beji Caid Essebsi, égyptien Abdelfattah Al-Sissi, du Premier ministre russe Dmitri Medvedev, du président du Conseil européen, Donald Tusk, du ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, et du représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Libye, Ghassane Salame.
Du côté libyen, le président du Conseil présidentiel libyen, Faïz Serraj, et le maréchal Khalifa Haftar ont pris part à cette réunion.
Les participants ont été briefés par le représentant du Secrétaire général des Nations unies pour la Libye, Ghassane Salame, qui a rappelé les points saillants de ses propositions faites au Conseil de sécurité, le 8 novembre dernier, en vue d’une sortie de crise en Libye.
Les autorités italiennes, qui ont initié la Conférence de Palerme, soulignent que la rencontre s’appuie sur deux axes : la responsabilité de la partie libyenne et le respect du parcours prévu par l’ONU pour résoudre la crise libyenne dans ce pays. Elles considèrent que «la présence de tous les principaux acteurs libyens à Palerme est destiné à soutenir les conditions de sécurité et de développement économique» du pays.
 

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