vendredi 16 novembre 2018 20:06:48

23e Salon du livre d’Alger : Estrade du romancier palestinien Yahya Yekhlef

Exploration de l’œuvre de Ghassan Kanafani

PUBLIE LE : 10-11-2018 | 0:00
D.R

La littérature palestinienne a été au cœur d’une conférence littéraire, animée, jeudi après-midi, par Yahya Yekhlef, ancien ministre palestinien de la Culture, entre 2003 et 2006, dans le pavillon central de la SAFEX, à la faveur de la 23e édition du salon international du livre d’Alger, évoquant le parcours littéraire somptueux de Ghassan Kanafani, ainsi que son parcours de militant héroïque au service de la cause palestinienne, jusqu’à son tragique assassinat au Liban en 1972, par le Mossad.

Présenté par le romancier Amin Zaoui, en sa qualité de modérateur de la rencontre, Yahya Yekhlef est un auteur prolifique. Lauréat du prix Qatara en 2016, Yahia Yekhlef a entre autres écrit « Rakib Eriyah », une narration légendaire de la ville de Haifa avec une plongée dans son histoire millénaire.
Militant politique, il dénonce à travers sa plume acerbe l’injustice de la politique sioniste et le silence de la communauté internationale contre les injustices à l’égard du peuple palestinien. Yahya Yekhlef a également écrit « Tilka layla tawila », un roman sur l’acte de piraterie de l’avion d’Abou Amar dans le désert de la Lybie. « El yed edafia » est un autre roman dont l’intrigue repose sur la narration des anciens contes populaires transmis par voie orale.
Qualifiant Ghassan Kanafani de « fondateur principal de la littérature palestinienne contemporaine », le conférencier a évoqué sa vaste contribution à internationaliser le roman palestinien dans l’univers de la créativité, notamment sur son travail de fond sur l’identité palestinienne, au péril de la disparition en vue des conjonctures de son militantisme. « Ghassan Kanafani a exploré et exporté l’identité palestinienne qui était dans le risque de la disparition dans une conjoncture difficile de l’histoire du pays, notamment après le drame de 1948. Il a donné une magnifique empreinte esthétique de l’identité palestinienne dans son aspect arabe et humain », a-t-il confié. Yahya Yekhlef a rappelé l’influence des écrits de Kanafani sur les exilés palestiniens dispersés partout dans le monde. Il évoque le « socle identitaire » de ses œuvres qui a rassemblé le peuple palestinien à travers l’effet magique de la littérature. Le conférencier est revenu par la suite sur « Retour à Haifa », ouvrage d’anthologie qui a marqué plusieurs générations du peuple palestinien. « Il décrit dans une dramatique histoire entre un autochtone palestinien et un juif d’origine polonaise toute l’injustice du monde actuel.
Le peuple palestinien a hérité de ce grand auteur des leçons de morale dont l’usage du temps ne pourrait effacer de la mémoire de chaque palestinien, ainsi que des icones de résistance, de courage et de liberté dans tous ses œuvres », a-t-il souligné.
De son côté, Louaï Aissa, ambassadeur de la Palestine en Algérie, a rappelé l’influence de l’œuvre de Ghassan Kanafani sur la libération des chaines de la peur chez le peuple palestinien. Il a rappelé que son chef-d’œuvre « Retour à Haïfa » a été écrit dans une conjoncture difficile, et ce, pendant la paradoxale période de la renaissance et du conflit armé qui était à son apogée. « Israël écrit son histoire sur les bases du mensonge et de la diffamation, tandis que nous, pays arabes, nous assistons à l’écriture d’une Histoire triste dont nous subissons tous les maux du passé et du présent », a conclu l’ambassadeur.
Kader Bentounès

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