lundi 12 novembre 2018 19:48:52

Remaniement ministériel en Tunisie

Caïd Essebsi : « Le sort du nouveau gouvernement est entre les mains de l’ARP »

PUBLIE LE : 10-11-2018 | 0:00
D.R

Le président de la République tunisienne, Béji Caïd Essebsi, a déclaré jeudi que «le sort du nouveau gouvernement annoncé dans le cadre du remaniement ministériel proposé est entre les mains de l'Assemblée des représentants du peuple», affirmant qu'«il agira conformément à la Constitution en cas d'obtention du vote de confiance au Parlement». «Je ne serai pas contre cette décision», a-t-il affirmé, lors d'une conférence de presse, jeudi au Palais de Carthage. Le chef de l'État tunisien a tenu à préciser qu’«aucun différend ne l'oppose au chef du gouvernement, Youssef Chahed», rappelant que c'était lui-même qui avait proposé Chahed à ce poste pour ses compétences.
«Le problème réside aujourd'hui dans la concrétisation, car nul n'est valable pour toutes les périodes ni tous les lieux», a-t-il souligné. M. Essebsi a, par ailleurs, critiqué certaines hypothèses le concernant relayées par les médias, en rapport avec le remaniement ministériel, notamment la possibilité de refuser que les nouveaux ministres prêtent serment devant lui ou encore ne pas promulguer le décret présidentiel relatif au remaniement. «Ces hypothèses sont en violation flagrante de la Constitution pouvant engendrer le retrait de confiance du président de la République si elles viennent à être exécutées», a-t-il fait remarquer. Caïd Essebsi a, dans ce sens, rappelé qu'il a été élu par le peuple, et que son principal rôle est de «garantir le respect de la Constitution et de veiller à la mise en application de ses dispositions». Il a, cependant, insisté sur la nécessité de respecter le poste du chef de l'État, ainsi que les normes de l'action politique. Caïd Essebsi a, en outre, précisé qu'il n'est pas attaché au poste du président, et qu'il est prêt à renoncer à ce poste si besoin. Il a fait savoir qu’il n’approuvait pas le remaniement ministériel opéré par le chef du gouvernement, le qualifiant de «précipité». Il s'est dit consterné par la démarche entreprise qui n'a pas respecté les questions procédurales. Selon l’article 92 de la Constitution, a-t-il souligné, le président de la République doit être informé de tout remaniement ministériel. «J'ai demandé au chef du gouvernement de reporter la discussion sur ce remaniement après son retour de Mauritanie (le 6 novembre), mais Chahed a préféré annoncer la composition de ce nouveau gouvernement le jour même» (lundi 5 novembre), a ajouté le président. «Je désapprouve la démarche de Youssef Chahed, dans la mesure où je ne connais pas la plupart des ministres proposés», a-t-il poursuivi. Il a indiqué que sa rencontre avec Youssef Chahed avait porté sur la situation générale du pays et la prolongation de l’état d’urgence, en dépit de son opposition à cette question. Béji Caïd Essebsi a affirmé n'avoir adressé aucune correspondance au parlement sur le remaniement ministériel proposé, précisant que la présidence la République avait transféré, au Parlement, la correspondance de la présidence du gouvernement à la demande de l’ARP.

Nidaa Tounes appelle ses ministres à quitter « immédiatement » le gouvernement

Le mouvement tunisien Nidaa Tounes a appelé, jeudi, ses membres qui  détiennent des portefeuilles ministériels à quitter «immédiatement» le gouvernement, affirmant que «tout non-respect de cette décision est considéré comme un départ définitif du parti et une démission de toutes ses structures», a rapporté l'agence TAP. Le mouvement Nidaa Tounes a contesté le remaniement ministériel annoncé, mardi dernier, par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, qui avait touché 13 portefeuilles ministériels et cinq secrétaires d'État. «Le bloc parlementaire du Mouvement Nidaa Tounes et le bureau politique du parti appellent tous ses membres qui détiennent des portefeuilles ministériels à se retirer immédiatement du gouvernement, et considèrent tout non-respect de cette décision comme un départ définitif du parti et une démission de toutes ses structures», a indiqué le président du bloc parlementaire du parti, Sofiène Toubel, à l’issue d’une réunion entre les membres du bloc et des membres du bureau politique. Selon lui, «la composition du gouvernement représente, à plusieurs égards, une rupture définitive avec l'accord de Carthage et une trahison des partis politiques et sociaux qui lui avaient accordé sa confiance», a ajouté l'agence TAP. Dans une déclaration rendue publique, à l’issue de la réunion et signée par le président du bloc parlementaire, du secrétaire général et du président du comité politique du parti, Nidaa Tounes a estimé que «la composition de ce gouvernement est celle du mouvement Ennahdha, et ne répond pas à la volonté des électeurs qui ont voté pour Nidaa Tounes en 2014». À ce propos, il a appelé les représentants du bloc parlementaire au sein du bureau de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) «à s'opposer à l’examen de la demande du chef du gouvernement de consacrer une session plénière au vote de confiance à la nouvelle formation gouvernementale proposée, compte tenu des irrégularités constitutionnelles et procédurales que recèle le remaniement». Nidaa Tounes avait dénoncé, mardi, lors d’une conférence de presse, le remaniement ministériel annoncé par le chef du gouvernement, le qualifiant de «complot fomenté par le mouvement Ennahdha, pour exercer une mainmise sur la formation gouvernementale par le biais de Youssef Chahed». «Ce remaniement n’a pas fait l’objet de concertations préalables avec les partis, et particulièrement avec Nidaa Tounes, vainqueur des élections de 2014», avait-il souligné.                    R. I.
 

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