dimanche 18 novembre 2018 03:43:59

Intoxication au monoxyde de carbone : Sensibilisation, contrôle, rigueur… Où est donc la faille ?

Plus de 2.928 personnes incommodées ou intoxiquées par les gaz brûlés ou le CO ont été sauvées d’une mort certaine. 134 sont décédées durant l’année écoulée.

PUBLIE LE : 10-11-2018 | 0:00
D.R

Durant les huit premiers mois de cette année, 89 personnes ont perdu la vie suite à l’inhalation de monoxyde de carbone, selon la Direction générale de la Protection civile.

Plus de 2.928 personnes incommodées ou intoxiquées par les gaz brûlés ou le CO ont été sauvées d’une mort certaine. 134 sont décédées durant l’année écoulée. Négligence, absence d’aérations, chauffages à gaz commercialisés qui ne répondent pas aux normes de sécurité requises… Ce sont là les principales causes derrière ces dizaines de décès, dénombrés chaque année dans le pays. Les pouvoirs publics œuvrent à réduire le nombre de ces accidents, mais malheureusement, ni les innombrables campagnes de sensibilisation ni les appels à la vigilance et au respect des consignes de sécurité ne sont venus à bout des accidents dus au monoxyde de carbone.

Appareils à gaz, nouvelles exigences de sécurité fixées
 
Le 31 janvier 2016, le ministère du Commerce a publié un arrêté ministériel portant adoption d’un règlement technique  fixant les exigences de sécurité des appareils à gaz combustible. Les dispositions consacrées dans ce texte ont pour principal objectif de renforcer davantage le contrôle de la conformité de ces appareils. À travers cet arrêté, le ministère du Commerce, initiateur de cette mesure, veut “combler le vide juridique en matière de sécurité de ces appareils, pour maîtriser et renforcer le contrôle de la conformité en vue de préserver la santé et la sécurité des personnes. Le nouveau texte prévoit principalement la définition des concepts utilisés, la détermination des conditions nécessaires à la conception, l'installation et l'utilisation des appareils à gaz combustible. Il s'agit des appareils tels que ceux de cuisson, de chauffage, de production d'eau chaude, des équipements destinés à être utilisés dans un appareil, des matériaux et composants utilisés pour la fabrication des appareils et des équipements concernés, des instructions et des informations de sécurité liées à l'installation et au fonctionnement de l'appareil. L’arrêté oblige aussi le fabricant ou l'importateur à fournir, au moins, un certificat de conformité délivré par un organisme accrédité reconnu compétent et qui donne un engagement écrit, que le produit est conforme aux exigences spécifiées. Il est à noter que les dispositions de ce règlement technique ne s'appliquent pas, toutefois, aux appareils spécifiquement destinés à un usage industriel.

Les malfaçons constatées dans les chauffages à gaz

Les principales infractions constatées par le laboratoire régional du Centre algérien du contrôle de la qualité et de l'emballage (Cacqe) de Constantine portent, notamment sur l'absence du scellage des organes de pression, le mode de raccordement au gaz l'absence de prise de pression et les températures des parties externes. Les comptes-rendus du service du Cnis relèvent que ces produits proviennent généralement de Chine, Turquie et du sud de l'Europe avec de "fausses marques" et des emballages neufs qui ne font pas douter de leur qualité. Ces appareils qui représentent quelque 40.000 unités importées en 2015 et moins de 30.000 en 2016 ne sont pas, pour la plupart, aux normes standards et sont démunis d'équipements d'aération. Il a été, aussi, démontré, selon le laboratoire des essais sur les produits industriels, que la plupart de ces appareils "sont défaillants du point de vue sécurité et ne présentent pas les normes requises pour certaines pièces qui les composent". Les boutons de manipulation sont souvent fragiles et peuvent être retirés sans peine, les moteurs de chauffage peuvent provoquer des incidents si l'on n'est pas vigilant et leur installation n'offre aucune garantie à long terme.
Il est difficile d’imputer la cause de cette hécatombe récurrente à un facteur unique.
 Les produits contrefaits ou qui ne répondaient pas aux normes pullulaient sur le marché, car il y avait un vide juridique qui le permettait. Depuis 2016,  une nette amélioration en matière de mise en conformité des appareils de chauffage à gaz a été enregistrée. En effet, une étude comparative des trois dernières années démontre que le taux de non-conformité des chauffages à gaz a nettement baissé. On est passés de 32% en 2016, à 6% seulement en 2017. Alors qu’en 2015, le taux de non-conformité était estimé à 85%. Les chiffres présentés par le laboratoire régional du Cacqe, confortent le constat général, selon lequel, il y a un véritable travail de proximité des pouvoirs publics auprès des fabricants et des importateurs, mais également des consommateurs. Pourtant c’est le manque de conscience de ces derniers qui est aujourd’hui pointée du doigt. «Il est temps d’éviter le drame», lit-on sur les prospectus de la protection civile pour sa campagne de sensibilisation cette saison.  Il est vrai qu’avec tous ces facteurs il est difficile d’imputer la cause de cette hécatombe récurrente à un facteur unique. Le manque d’information ou de vigilance et parfois tout simplement la précarisation de nombreuses populations des zones rurales, l’inobservation des règles de raccordement, les installations anarchiques, le manque d’aération et l’utilisation d’appareils de qualité médiocre sont autant de facteurs qu’on peut comptabiliser parmi les causes cette hécatombe.
                                                  F. L.


M. Sami Kolli, directeur de la qualité et de la consommation au ministère du Commerce
« Exiger ses droits en matière de sécurisation des appareils »

Depuis l’application du texte spécifique pour les appareils à gaz, la conformité est exigée au niveau des frontières et avant la mise sur le marché, un contrôle est aussi effectué  sur la production nationale, pourtant les appareils défectueux inondent encore le marché. Comment expliquez vous cela ?
« Depuis la mise en application du règlement technique algérien qui est inspiré des normes internationales pour la sécurité et la conformité de ces appareils à gaz, tous les appareils de chauffage importés ou produits localement sont systématiquement contrôlés et ceux non conformes aux règles de sécurité sont interdits. Aujourd’hui, on est loin, même très loin, des 40 000 appareils a gaz déclarés non conformes à la suite de l’enquête réalisée en 2014 par les services du ministère du Commerce. Cette enquête a révélé que, sur un total de 158 échantillons, importés ou fabriqués localement, 155 étaient non conformes, soit près de 98% des appareils de chauffage contrôlés. En 2017, un contrôle analytique et visuel des prélèvements sur 163 appareils a gaz a été effectué systématiquement aux frontières et dans les unités de production, et transmis au laboratoire régional du Centre algérien du contrôle de la qualité et de l'emballage (Cacqe) de Constantine pour s'assurer de leur conformité, 20 appareils importés d’Asie, ont été constatés non conformes. Au 31 octobre  2018, un nombre de 31 appareils ont été testés et 5 ont été déclarés non conformes. Par contre les opérations de contrôle ayant touché les détenteurs pour gaz butane révèlent que ces appareils importés de certains pays d’Asie ne répondent toujours pas aux normes pour la simple raison qu’il faut des détendeurs a débit fixe produits en Algérie par Naftal. Il est donc conseillé aux consommateurs de n’utiliser que ceux commercialisés par Naftal . Ces contrôles s'inscrivent dans le cadre d'un programme élaboré par les services du ministère du Commerce qui se décline en deux volets, agir en amont en établissant un contrôle rigoureux de la conformité des appareils de chauffage importés, et obliger en aval les importateurs et revendeurs  à fournir toutes les informations au consommateur. À ce titre, les opérations de contrôle ont ciblé les opérateurs à tous les étapes de la distribution  (l’importateur, producteur, grossiste et détaillant). J’appelle donc les citoyens à «exiger» leurs droits en matière de sécurisation des appareils de chauffage, à savoir les certificats de garantie et de conformité y afférents ».
Si, comme vous dites, les appareils a gaz ne sont pas forcément la cause des intoxications au monoxyde de carbone car ils sont soumis a un contrôle très rigoureux, comment expliquez vous alors que des familles continuent à être décimées suite à des accidents ?
« Les causes sont dues souvent au non-respect des normes d'installation des équipements, et aux conditions d'aération qui ne sont pas toujours correctes. La majorité des ménages algériens ne recourent jamais à un contrôle annuel de leurs installations. Le mauvais montage des appareils, ainsi que l'absence de surveillance de l'état des gaines techniques ne fait qu'accentuer le risque d’accidents domestiques. La plupart du temps les usagers sous-estiment le risque d'intoxication au monoxyde de carbone et  ne  respectent pas, par inconscience et méconnaissance, les conditions d’installation et de fonctionnement des appareils. Les principales circonstances d’intoxication au monoxyde de carbone sont liées à des appareils de chauffage mal utilisés, mal entretenus ou mal installés. La prévention des intoxications passe surtout par l’entretien et la vérification régulière des appareils à combustion, la bonne ventilation des locaux et l’utilisation appropriée de chauffages d’appoint», a-t-il insisté. Selon lui, les appareils neufs fonctionnant au gaz naturel doivent obligatoirement présenter le marquage CE et pour certains appareils de cuisson haut de gamme, la marque NF GAZ Sélection »
L’association de protection des consommateurs, «El Aman» révèle qu’un projet de loi est actuellement en préparation pour rendre obligatoire l’installation des détecteurs de monoxyde de carbone au niveau des logements collectifs et des nouvelles citées. Qu’en est-il exactement ?
« Il ne s’agit pas de loi mais d’un texte réglementaire qui organisera  l’installation d’un détecteur de carbone au niveau des habitations. Le projet est actuellement au stade des avis et des échanges afin de mettre en place les mesures qui doivent accompagner l’application de ce texte. Il faut savoir que ça va être une opération très couteuse et ce cout doit être supporté et géré. Les concepteurs du projet recherchent  des producteurs locaux pour vulgariser ces détecteurs de monoxyde. J’estime, a mon humble avis, qu’il faut lancer  cette opération dans les plus brefs délais».                                
      Propos recueilli par F. L.


Mme Chafika Madouni, inspectrice principale au contrôle des opérations commerciales des douanes :
Les chauffages à gaz font l’objet d’un circuit de contrôle approfondi

Les services des douanes ont été sollicités pour lutter contre les intoxications au monoxyde de carbonne et ce en renforçant les contrôles au niveau des frontières pour les appareils a gaz importés. Comment s’effectuent ces procédures de contrôle ?
«À l’instar des autres marchandises importées dans le cadre de la revente en l’état, les chauffages à gaz font l’objet, pour leur dédouanement, d’une déclaration en douane orientée automatiquement par le système informatique des douanes vers un circuit de contrôle approfondi dit « circuit rouge ». Ce type de marchandises subi un contrôle minutieux tant au plan documentaire que physique. Pour le contrôle documentaire, le service des douanes habilité procède à l’examen de tous les documents présentés au moment du dédouanement, notamment la facture d’achat domiciliée, les documents de transport, la carte d’immatriculation fiscale, certificat d’origine, etc…

La visite physique mixte (douane-commerce) de la marchandise importée permet de vérifier les quantités réellement importées (dénombrement), l’origine des chauffages à gaz importés, contrôle des emballages, de l’étiquetage, les marques et l’état de la marchandise. Cette visite physique est obligatoirement effectuée en présence des éléments de la direction du commerce (inspection de contrôle de la qualité et de la répression des fraudes aux frontières) qui, à leur tour, procèdent au prélèvement d’un échantillon aux fins de test de contrôle de conformité».

Les appareils à gaz importés ne sont donc mis sur le marché qu’après le contrôle des douanes et des services du commerce ?
« L’enlèvement des marchandises n’est accordée par les services de douanes que sur présentation de l’autorisation d’introduction des produits sur le territoire national délivrée par les services du commerce. En résumé, la procédure de dédouanement des chauffages à gaz obéit à la procédure de droit commun (comme pour toutes les marchandises). Cependant et s’agissant d’un produit spécifique pouvant présenter un danger pour la sécurité et la santé du citoyen, l’accent est mis sur l’aspect « conformité » afin d’éviter l’introduction de marchandises non conformes et/ou contrefaites ».

Pouvons-nous avoir des chiffres approximatifssur le nombre d’appareils a gaz interdits à la commercialisation pour non conformité.
« Au niveau de l’inspection de contrôle du port d’Alger, nos services n’ont enregistré aucun cas de non conformité d’appareils importés et  contrôlés  au cours des deux dernières années. Mais il faut dire que le nombre des importations de ces chauffages a beaucoup diminué depuis qu’ils sont produits localement. Par contre on assiste à une évolution des importations des pièces et constituants qui entrent dans la production de ces appareils».                        
Propos recueillis par F. L.


Capitaine Bernaoui Nassim, chef de bureau de l'Information et de sensibilisation à la DG de la Protection Civile
« L’intoxication au monoxyde est suspectée de perturber le développement cérébral et le fonctionnement intellectuel des enfants »

 Les victimes de fuite de gaz se succèdent ces derniers temps en Algérie. On dénombre un grand nombre d'asphyxies au monoxyde de carbone et de décès liés à des accidents de gaz les services de la protection civile sont les premiers à intervenir pouvez-vous nous faire un état des lieux du phénomène et quels en sont les principales circonstances de ces intoxications selon vous ?
    Chaque année, plusieurs cas de décès par asphyxie causés par les gaz et autres combustibles sont enregistrés par les unités de la protection civile. Ainsi, les statistiques enregistrées durant l’année 2017 font état de 2.928 personnes incommodées ou intoxiquées par les gaz brûlés, ou  monoxyde de carbone, sauvées et 134 victimes sont malheureusement décédées, asphyxiées, dont 100 personnes intoxiquées par le monoxyde de carbone, et durant les 8 premiers mois de l’année en cours, 89 personnes décédées asphyxiées, dont 66 personnes intoxiquées par le monoxyde de carbone. Le monoxyde de carbone est un gaz incolore et inodore. Sa densité est voisine de celle de l’air. Sa présence résulte d’une combustion incomplète, et ce quel que soit le combustible utilisé : bois, butane, charbon, essence, fuel, gaz naturel, pétrole, propane. Il se diffuse très vite dans l’environnement. Ces accidents sont souvent la conséquence de la mauvaise aération ou de son absence, de la non-conformité des équipements de chauffage, du montage et de la mise en œuvre aléatoire de ces équipements par un personnel non qualifié. Il agit comme un gaz asphyxiant très toxique qui, absorbé en quelques minutes par l’organisme, se fixe sur l’hémoglobine. L’intoxication aiguë est spectaculaire car souvent plusieurs membres d’une même famille sont touchés. Dans une majorité des cas, les accidents résultent de la mauvaise évacuation des produits de combustion, conduit de fumée obstrué ou mal dimensionné, de l’absence de ventilation dans la pièce où est installé l’appareil (pièces calfeutrées, sorties d’air bouchées, du défaut d’entretien des appareils de chauffage et de production d’eau chaude ainsi que les inserts, poêles, cuisinières, chauffages mobiles d’appoint…
Comment se manifeste une intoxication au monoxyde de carbone et  quelles en sont les conséquences au cas où les victimes ne succombent pas à l’accident ?
Il existe deux types d’intoxication, l’intoxication aiguë, qui entraîne une intervention des secours en urgence et se manifeste par des vertiges, une perte de connaissance, une impotence musculaire, voire un coma puis le décès, et l’intoxication chronique, qui entraîne des maux de tête, des nausées, une confusion mentale. Difficilement détectable, elle peut entraîner, à la longue, des troubles cardiaques ou respiratoires. Ce type d’intoxication est actuellement suspecté de perturber le développement cérébral des enfants et notamment leur fonctionnement intellectuel.
Les services de la protection civile ont l’expérience de l’intervention d’urgence en cas d’intoxication au monoxyde, quels sont les premiers gestes à faire et qui peuvent être salvateurs ?
Les premières réactions sont simples. Il faut aérer immédiatement les locaux en ouvrant portes et fenêtres ; faire évacuer les locaux et vider les lieux de leurs occupants ; appeler les secours ; ne réintégrer les locaux qu’après le passage d’un professionnel qualifié qui recherchera la cause de l’intoxication et proposera les travaux à effectuer. Pour ce qui est des conseils pratiques de tous les jours, il est indispensable de faire entretenir votre chauffage par un professionnel qualifié ; faites vérifier votre chaudière avant la période hivernale. Demandez une fois par an à un professionnel qualifié de venir faire une vérification complète si nécessaire ; veillez à ce que le conduit de cheminée soit en bon état si le chauffage est raccordé, quel que soit le matériau qui le compose (conduit maçonné, éléments emboîtés ou tubage, réalisés en aluminium ou en acier inoxydable) et que sa vacuité ; vérifiez que l’évacuation des fumées s’effectue en dehors de l’immeuble. Attention, les appareils mobiles de chauffage d’appoint fonctionnant au butane, au propane, au pétrole, qui déversent des gaz de combustion chargés en monoxyde de carbone et en oxyde d’azote, ne doivent être utilisés que par intermittence exclusivement dans des locaux ventilés. Ils doivent être munis de dispositifs de sécurité. Ne vous chauffez jamais avec des panneaux radiants prévus pour des locaux de grand volume très ventilés, même s’ils sont munis de sécurité, ni avec des radiateurs de camping destinés à l’extérieur, ni en allumant le four de la cuisinière, porte ouverte. Ne vous chauffez absolument jamais avec des appareils radiants de chantier dépourvus de tout dispositif de sécurité. N’utilisez les petits chauffe-eau sans évacuation de fumée que de façon intermittente et pour une courte durée, 8 minutes maximum. Ils doivent être installés dans une pièce suffisamment grande et aérée. Le volume minimal pour une pièce doit être de 8 m3 lorsqu’on utilise un appareil de cuisson et de 15 m3 avec un  petit chauffe-eau. Ils sont interdits dans une salle de bains ou une douche, une chambre à coucher ou une salle de séjour, et dans les logements d’une seule pièce (studios).
Il est interdit d’installer une hotte raccordée à l’extérieur dans une pièce où se trouve également un appareil raccordé à une conduite de fumée. Cela peut perturber gravement le fonctionnement de celui-ci. Préférez une hotte à recyclage d’air et consultez un installateur (il peut se produire des perturbations).
Les appareils récents à gaz, raccordés à une conduite de fumée en tirage naturel, possèdent désormais un système de sécurité contre le refoulement des produits de combustion, appelé Spot (Système permanent d’observation du tirage thermique), dont le fonctionnement doit être testé lors des opérations d’entretien.
Il faut par ailleurs nettoyez et de façon régulière les brûleurs de la cuisinière à gaz (on doit voir une flamme bleue et courte dans chaque orifice). S’ils sont encrassés le mélange air-gaz ne s’effectue pas dans de bonnes conditions et le brûleur peut s’éteindre, notamment quand il est au ralenti. Une flamme bien réglée ne doit pas noircir le fond des casseroles.
Chaque année la protection civile organise des campagnes de sensibilisation appelant  la population à prendre des précautions nécessaires, pourtant chaque année on enregistre un nombre croissant d’intoxications, ne croyez-vous pas qu’il faut passer à d’autres actions plus rigoureuses et à d’autres messages de prévention ?
Plutôt que d’être la conséquence de circonstances imprévues, la majorité des décès par asphyxie causés par des gaz sont dus à une erreur de prévention en matière de sécurité. Ces erreurs se résument, en général, dans la mauvaise ou le manque de ventilation, la non-conformité des équipements de chauffage, le mauvais montage et mise en œuvre de ces équipements par un personnel non qualifié. La direction générale de la Protection civile, convaincue du fait qu’il s’agit d’un problème de prise de conscience, a lancer une campagne de prévention et de sensibilisation des citoyens sur le danger d’asphyxie au niveau de l’ensemble du territoire national et ce à partir du 28 octobre 2018 dernier et qui continuera tout cet hiver. Au cours de cette campagne des journées portes ouvertes seront organisées au niveau des unités de la Protection civile et des caravanes locales sillonneront les différentes localités pour faire de l’information de proximité et diffuser des messages à même sensibiliser les citoyens sur le danger d’asphyxie et les comportements à adopter afin de préserver leurs vies et les dommages qui peuvent être générés. En impliquant d’autres partenaires et intervenant dans le même cadre, pouvant contribuer à la réussite de cette campagne et atteindre le large public, comme les médias (des émissions télé, radio), presse écrite, les réseaux sociaux, Sonelgaz, Naftal, le ministère de Commerce, le ministère des Affaires religieuses (organisations de prêche au niveau des mosquées). Aussi, les citoyens et les associations ont été invités à prendre part à ces activités en se rapprochant des services  de la Protection civile au niveau des wilayas du pays.
Que pensez-vous des détecteurs de monoxyde de carbone, les conseillez-vous ?
Il existe sur le marché des détecteurs de monoxyde de carbone, de différentes marques, pour lesquels des procédures d’évaluation sont en cours. Cependant, ces détecteurs sont un moyen d’être alerté s’il y a existence de monoxyde de carbone, mais ils ne suffisent pas pour éviter les intoxications. La prévention des intoxications passe donc prioritairement par l’entretien et la vérification réguliers des appareils à combustion, la bonne ventilation des locaux et l’utilisation appropriée des chauffages d’appoint.
Propos recueillis par F. L.


Détecteur de monoxyde de carbone
« Un avant-projet de loi pour son installation obligatoire» selon l’association «El Aman »


A quand l’installation des détecteurs de monoxyde de carbonne dans les logements collectifs et les nouvelles citées ? « Pour bientôt », selon M. Hacène Menouar, président de l’association de protection des consommateurs «El Aman» qui révèle qu’un avant-projet de loi pour l’installation obligatoire du détecteur de monoxyde de carbone dans les nouvelles habitations est actuellement en cours de préparation. Le texte qui en est à sa phase de rédaction finale sera soumis au gouvernement puis au Parlement pour adoption, a indiqué
M. Menouar. Le document rendra ainsi obligatoire l’installation de détecteur de monoxyde de carbone dans tous les logements. Le groupe chargé de la préparation est composé de représentants de la Creg, de Sonelgaz, du ministère de l’Industrie et d’El Aman ; y est associé aussi l’Ordre des architectes pour la wilaya d’Alger (Cloa). Le détecteur est devenu, selon le président d’El Aman, une nécessité face au nombre de décès en croissance de personnes par le monoxyde de carbone. La réflexion est, aujourd’hui, pour la recherche et le développement d’un produit local. Deux chercheurs ont mis au point un modèle algérien, équipé non seulement d’un détecteur de monoxyde de carbone mais aussi d’un détecteur de fumée et d’une lampe LED, au prix de 3.000 DA l’unité. Le concepteur est actuellement à la recherche d’un industriel pour financer la production industrielle de ce prototype. Pour l’instant, ces détecteurs sont importés de l’étranger à 4 000 DA/l’unité.  Le concepteur et l’association El Aman table sur l’avant-projet de texte portant obligation pour une installation de cet équipement dans les 8 millions de logements que compte le parc immobilier. Il boostera ainsi la demande, espère M. Menouar.
F. L.
 

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