vendredi 16 novembre 2018 20:06:05

Alimentation : La malbouffe, une malédiction ?

Le verbe manger se conjugue, de nos jours, à tous les temps et à toutes les sauces. Il n'existe point d'exception à la règle quand les «permis» sont autoproclamés d'office.

PUBLIE LE : 08-11-2018 | 0:00
D.R

Le verbe manger se conjugue, de nos jours, à tous les temps et à toutes les sauces. Il n'existe point d'exception  à la règle quand les «permis» sont autoproclamés d'office.

Le marasme alimentaire s'est enraciné pour prendre la forme de pathologies graves et complexes qui touchent toutes les couches de la société y compris les enfants lesquels, à leur tour, n'échappent pas à la malédiction de la malbouffe. On mange en quantité mais point en qualité. Les valeurs nutritionnelles sont renversées avec les fameux hamburgers, les paninis, accompagnés obligatoirement de bouteilles d'un litre ou même plus de soda. S'alimenter répond au seul souci de "bourrage" de la panse. Les temps ont changé et nos habitudes alimentaires ont pris un coup de massue, c'est certain. Les cancers colorectaux ou encore ceux liés au tube digestif  sont là pour témoigner du grand écart entre notre régime alimentaire et les normes de l'OMS qui recommande la consommation de cinq légumes et autant de fruits par jour. Une nourriture saine et équilibrée pour bien vieillir est indispensable —c'est un secret de polichinelle— diraient beaucoup certes, néanmoins veiller à l'application de ces conseils en or est carrément autre chose, pour ne pas dire impossible.
A l'heure des exhaustifs de goût, des colorants et autres additifs alimentaires qui n'ont à vrai dire d'alimentation que le nom, de la cherté de la vie et surtout l'absence de la culture de consommation, faire attention au contenu de son assiette est loin d’être une sinécure, notamment pour les familles nombreuses. Préparer un repas complet et sain n’est pas toujours évident pour la femme active qui a du mal à réunir tous les membres de sa famille autour  d’une même table, y compris pendant les jours de repos ou de fêtes. En fait, ce statut de femme   travailleuse pousse beaucoup d’entre-elles à s’éloigner de la bonne  bouffe, d’où l’encouragement des enfants scolarisés  à réfléchir comment calmer leur faim. Il faut dire aussi, que ce problème est rencontré également par  tous  travailleurs  lesquels adoptent, très souvent, des menus «maigres» qui ne répondent nullement aux bonnes pratiques alimentaires. Nada, mère de trois enfants, tous scolarisés, affirme que son travail lui prend tout son temps et une fois arrivée à la maison, elle est exténuée. Conséquence : prendre avec elle  un repas prêt ; des pizzas généralement quand elle ne prépare pas à la hâte des sandwichs à base de  pâté, de fromage dégoulinants de mayonnaise et de ketchup. «La plupart du temps, j’opte pour des repas rapides et froids, sauf durant le week-end, je m’applique à préparer un menu plutôt consistant afin de remédier aux carences alimentaires cumulées tout au long de la semaine», dira-elle. Lynda,  ayant elle aussi le statut de femme travailleuse, se dit inquiète carrément pour la santé de ses deux enfants, l’un au lycée, l’autre au CEM, qui présentent déjà des signes avancés d’obésité ayant  droit, tous les jours, au déjeuner, un seul et unique menu ; des sandwichs, des pizzas et l’irremplaçable cannette de coca-cola. «C’est dur de concilier entre responsabilité professionnelle et devoirs familiaux quand on est active. Pis, on pousse nos enfants à ingurgiter du n’importe quoi et après  on se mord les doigts quand ils tombent  malades»,  affirmera-t-elle amèrement.

Menu familial, entre hier et aujourd’hui

 Il fût un temps où la ménagère veillait à préparer ses propres épices à la maison. Ces derniers, qui étaient, autrefois, choisis soigneusement, rincés à grande eau, puis passés au mortier pour être conservés dans des conditions hermétiques afin de préserver goûts et saveurs, sont achetés de nos jours des marchés. On ignore très souvent leur composition qui n’échappe pas aussi à l’inévitable procédé de rajout de colorants, dans bien des cas. La modernité,  a, en effet, eu raison de la qualité  de notre alimentation qui se caractérisait, il faut le souligner, par son côté bio. Les familles se nourrissaient de leur «petit» potager et de plantes comestibles aux multiples vertus thérapeutiques diurétiques et anti-oxydantes, de surcroît. Dans chaque foyer, nos grands-mères concoctaient des plats à base de chardon d’Espagne, connu communément chez-nous sous le nom de «guernina». Cette dernière, qui croît spontanément  dans le pourtour méditerranéen, faisait le bonheur de la famille algérienne, à tendance alimentaire végétale par excellence. Le plat de couscous d’orge à la guernina,  très réputé, faisait couler l’eau à la bouche des grands et des petits.  D’autres plantes étaient également très appréciées. Elles entraient dans l’alimentation de la famille algérienne, ayant une double fonction ; alimentaire et médicale. Il existe de nombreuses plantes  consommées et qui ont tout simplement disparu du lexique des ménagères aujourd’hui. On peut citer, dans ce cadre la guimauve, le chêne-liège, le caroubier et bien d’autres dont on ignore leurs noms chez-nous. Quant à leurs vertus, c’est une autre paire de manche. L’Association nationale pour la protection et l’orientation du consommateur ne cesse de dénoncer l’utilisation abusive des pesticides par certains agriculteurs qui sont en plus de mauvaise qualité et même cancérigènes. Le comble c’est que l’agriculteur peut se procurer le fameux produit dans n’importe quelle droguerie ou même au marché. Ces derniers, qui n’ont pas la culture de l’utilisation des pesticides, se préoccupent peu de l’impact de ces derniers sur les récoltes qui portent, d’ailleurs, les traces une fois achetées par le client.
Manger bio est devenu, de nos jours, un leurre, avec tous ces légumes et fruits vendus sur nos marchés gorgés de poisons chimiques.
Il faut rappeler que 46 tonnes de pesticides ont été refoulées en 2017 pour non-conformité. Pour cette année, ce sont 16 tonnes, jusqu’au mois de juin, qui avaient subi le même sort. C’est dire que la bataille de consommer bio est loin d’être gagnée.
Samia D.

 

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