lundi 12 novembre 2018 19:55:00

23e Sila : Donner une plus grande visibilité à la langue et la culture amazighes

Des universitaires, réunis mercredi à Alger, ont appelé les éditeurs publics à élaborer un programme éditorial en Tamazight pour assurer une large diffusion des publications écrites dans cette langue nationale et officielle, enseignée dans la plupart des établissements scolaires du pays.

PUBLIE LE : 08-11-2018 | 0:00
Ph. Louiza M.

Des universitaires, réunis mercredi à Alger, ont appelé les éditeurs publics à élaborer un programme éditorial en Tamazight pour assurer une large diffusion des publications écrites dans cette langue nationale et officielle, enseignée dans la plupart des établissements scolaires du pays.

Intervenant lors d’une rencontre sur la littérature amazighe en marge du 23e Salon international du livre d’Alger (Sila), les participants ont adopté une série de recommandations pour la promotion de Tamazight, appelant à contribution les éditeurs publics pour assurer, à des prix «abordables», la disponibilité d'ouvrages dans cette langue parlée à travers l'Algérie dans ses différentes variantes. L'appel des universitaires s'adresse aux trois éditeurs publics: l'Enag (Entreprise nationale des arts graphiques), l'Anep (Entreprise nationale d'édition et de publicité) et l'Opu (Office des publications universitaires). Les participants à la rencontre recommandent également la traduction d'ouvrages littéraires de et vers le Tamazight pour donner, appuient-ils, une «plus grande visibilité» à la langue et la culture amazighes. Relevant le «manque d'intérêt» des éditeurs publics pour la littérature amazighe, selon lui, Brahim Tazaghart, également auteur, a suggéré la création d’un «fonds spécial» pour le soutien à l’édition en Tamazight, un créneau investi par «quelques» rares éditeurs privés, a-t-il dit. Il s'agit également, ajoute-t-il, d'encourager une «dynamique» d’édition reposant sur la traduction «inter-dialectale» et entre les langues pratiquées en Algérie. Auteur de plusieurs ouvrages vers Tamazight, Brahim Tazaghart estime que la traduction dans vers cette langue permettra au Zénète et au chaoui, des variantes moins loties que le Kabyle par exemple, d'être présents dans le champ littéraire amazighe. Pour sa part, Mohamed Salah Ounissi, a relevé l’absence «flagrante» d’ouvrages littéraires écrits en choui, estimant que le patrimoine littéraire de cette région est «limité aux chants bédouins et aux textes poétiques...», de même que Abdellah Seddiki, enseignant à l’université de Tamanrasset qui note une «absence» de textes littéraires écrits en Tamasheq (berbère parlé par les Touareg). Tahar Abbou, enseignant à l'université d'Adrar, considère que les travaux de recherche de Mouloud Mammeri, qui a consacré des recherches sur l’Ahellil (poèmes polyphonique des Zénètes du Gourara, dans la sud-ouest algérien), ont grandement contribué à la préservation de la langue parlée par les autochtones dans cette région. A ce propos, il a déploré le manque d'intérêt des écrivains pour l'usage du Zénète en tant que langue d'écriture. Dans son allocution d’ouverture de la rencontre, le SG du Haut Commissariat à l’Amazighité (Hca), Si El Hachemi Assad, a rappelé que «le choix de la graphie pour la transcription de Tamazight relève des attributions de l’Académie amazighe» devant être créée d'ici à la fin de 2018.

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L’écho du Salon

Ecrire  pour les lecteurs

«Prix littéraires, tremplins ou consécrations» était l’intitulé d’une rencontre animée, mardi, par des écrivains algériens lauréats de prix nationaux. La romancière Lynda Koudache, lauréat du prix Assia Djebar en 2016, a affirmé que l'objectif de sa participation à ce prix était la promotion de la langue tamazight. « e ne le fais en aucun cas pour l’argent. L'argent est certes utile, c'est évident, mais l’auteur doit penser à ce qu’il doit donner à ses lecteurs. L’auteur doit en outre penser au contenu du sujet pas aux gains qu’il pourra rapporter», a-t-elle dit. Elle a plaidé pour la traduction des romans écrits en tamazight en d’autres langues. Pour elle, les prix littéraires sont une question de choix.
«Le jury se fiera a son instinct tout en prenant considération certains critères», a-t- elle noté. «Le prix doit être décerné selon le contenu du texte. Par exemple, le jury du prix El-Djazair Takra'a, n’a annoncé les critères du choix du meilleur texte. C’est une bonne chose pour l’auteur», a relevé Rafik Taibi.

Concours Cobra  sur le livre  de chevet

Sabrina Chenoufi, étudiante en pharmacie à Alger, est la lauréate du concours Cobra, avec 1.500 commentaires qu’elle a récolté sur les réseaux sociaux après la publication de la photo de son livre de chevet
« Help Me » de l’auteur américain John Green. Le concours consistait à récolter le maximum de commentaires avec la mention «Je vote» sur une photo d'un livre de chevet, publiée dans la page officielle du Salon international du livre d'Alger. Bordji Mustafa, représentant de Cobra, a déclaré que ce concours a été organisé dans le but de promouvoir le livre et de contribuer à le faire aimer auprès des jeunes.

Grand engouement pour le livre du tourisme, hélas introuvable

Nombreux sont les étudiants qui cherchaient des livres du tourisme. Hélas, la plupart des éditeurs du 23e SILA ne proposaient pas ce genre d’ouvrage. A l’exception de certains titres de simple vulgarisation ou de présentation de ville et de site touristiques, les livres sérieux sur l’industrie du tourisme demeure les grands absents au salon international du livre d’Alger, et ce, malgré la demande croissante des étudiants.

Abdelkrim Tazaroute rend hommage à Djamel Allem

Notre confrère, Abdelkrim Tazaroute, ancien journaliste à
El Moudjahid signe son dernier ouvrage «Djamel Allem, de Ourtsrou aux youyous des anges  paru récemment chez ANEP, un beau livre sur le regretté Djamel Allem. Auteur de plusieurs ouvrages sur le patrimoine culturel algérien, Abdelkrim Tazaroute, natif de Bejaia écrit avec l’âme ses sentiments pour ce grand regretté de la chanson algérienne. Plusieurs photographes ont cédé le droit d’exploitation à l’ANEP à titre  gracieux dont les droits seront versés à «l’association de prise en charge des enfants autistes de Bejaia ».
K. B.
 

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