dimanche 18 novembre 2018 07:56:06

Attitudes et Comportements : Discipline et rigueur, un déficit coupable

Notre pays a réussi à vaincre sur son propre territoire la pire des calamités qui continue d’exister encore ici et là, à travers la planète, à savoir le terrorisme, tous azimuts.

PUBLIE LE : 07-11-2018 | 0:00
Ph. Wafa

Notre pays a réussi à vaincre sur son propre territoire la pire des calamités qui continue d’exister encore ici et là,  à travers la planète, à savoir le terrorisme, tous azimuts. Mais il y a deux carences criantes qu’elle n’a pas encore  éradiquées tout à fait, car elles semblent encore bien ancrées dans le quotidien des habitants.

Il s’agit du déficit flagrant en matière de discipline dans les attitudes et comportements sociétaux, d’une part, et du manque de rigueur dans ce qui est entrepris, dans quelque domaine que ce soit, d’autre part.
Eh oui, à force d'erreurs maintes fois répétées ça et là, l’actuel mauvais classement au palmarès des nations, pourtant si prévisible pour les esprits avisés, nous laisse à présent incrédules, pantois. En dépit des nombreux défis de tout ordre —socio-économique et politique, culturel et scientifique, etc.— pourtant relevés avec brio depuis des années par nos compatriotes à tous les niveaux de l’activité nationale, notre pays n’a malheureusement pas encore accompli tout à fait la métamorphose salutaire attendue de notre société dans le sens idoine de son insertion dans la modernité. 
En vérité, et en dépit des nobles principes connus —pour avoir été maintes fois mis en exergue— d’un savoir vivre ensemble propre au tempérament algérien pourtant connu pour sa capacité légendaire à transcender les choses de quelque nature qu’elles soient, de trop nombreux «concitoyens» —par conformisme et/ou par opportunisme— n’aiment que ce qui leur est habituel, familier. Bref, ils n’aiment que ce qu'ils connaissent, et cela est appréhendé à travers leur propre prisme, quand bien même il serait déformant. Autrement dit, dans la foulée, on croise plus de superficiel que d'authentique, plus de superfétatoire que d'essentiel, et toute la théâtralité qui va avec.
Ces faux citoyens n’aiment, en fait, que trop le côté frivole de l'existence : les flatteries, les cérémonies, le lustre... Bref, ils aiment tout ce qui brille, même si, en leur for intérieur, ils se doutent bien que tout ce qui brille n'est pas or.
Mais ces mêmes faux citoyens continuent malgré tout de déverser leurs ordures à tout moment de la journée et à ciel ouvert dans les rues, quelques fois à partir des étages d'immeuble et jusque dans quelques rares places publiques où ont été installées des vasques à plantes et à fleurs, transformées aussitôt, du moins pour certaines d'entre elles, en poubelles par défaut. A leur décharge donc, ces faux citoyens qui traversent la rue juste à côté du passage protégé mais sans jamais l’emprunter, ne daignent même pas réparer les lampes grillées dans leurs magasins, encore moins leurs enseignes lumineuses endommagées, le tout dans un environnement où, en certains endroits, des trottoirs défoncés ressemblent plutôt, dans le meilleur des cas, à des parcours de combattants. Bref, dans une capitale comme Alger où on compte un peu moins de... quinze urinoirs publics fonctionnels répondant aux normes, pour près de... cinq millions d'habitants !, ces faux citoyens se complaisent dans leur indifférence, à marcher, parfois à faire des slaloms sur des trottoirs défoncés ou rapiécés à n'en plus pouvoir, à peine praticables la nuit tombée, de surcroît dans un décor naguère urbain mais entre-temps ruralisé à l'extrême, voire clochardisé.
Quelle société, en effet, que celle où vos compatriotes vous empoisonnent quotidiennement la vie, ne serait-ce qu'en vous bousculant sans ménagement sur les trottoirs, alors que vous «slalomez» éperdument pour les éviter ! Cette réalité-là, ces faux citoyens ne la voient pas. Elle ne les intéresse pas !

La solution ou plutôt les solutions, car il y’en a au moins une…

Plutôt que de nettoyer les vitrines poussiéreuses —au point de devenir opaques— et les auvents loqueteux de leurs magasins, de contribuer à déboucher les égouts, les avaloirs et les gouttières des toits qui débordent à chaque averse, et de se préoccuper de ce que fait réellement la voirie municipale en ce sens, plutôt que de s’impliquer pour faire réparer par l'APC les dessous des balcons qui s'écroulent par pans entiers sur les passants, plutôt que de ne pas piétiner les rares plates-bandes installées ça et là pour diminuer quelque peu la mororosité ambiante dans les quartiers, plutôt que de déposer et collecter régulièrement les détritus qui s'amoncellent et pourrissent dans les coins de nos rues et ruelles, plutôt que de cesser de déverser, à partir des étages, les eaux usées sur les passants, ces faux citoyens sont persuadés, campés en cela dans leur «vertueux» et non moins pathétique entendement de musulmans «b.c.b.g», du prestige de leur  culture malmenée, de leur religiosité surfaite, de leur «vigilance» qui, pourtant, confine insidieusement à une curiosité voyeuriste, malsaine.
En définitive, si tout le monde, dans notre pays, se plaint depuis belle lurette de l’incurie et la gabegie ambiantes,  personne n’y a encore trouvé remède.
Il faut se dire, là encore, que les mêmes causes ne peuvent que produire les mêmes effets : outre l'incivisme criant, devenu proverbial, d'un nombre de plus en plus important de «sous-citoyens», voire de «non citoyens», il va sans dire que des structures administratives —pas toutes heureusement, faut-il en convenir— n’y sont pas étrangères, elles en sont même, quelques fois, les premières responsables, à telle enseigne, d'ailleurs, qu'il faudrait être une anthologie pour connaître toutes les procédures administratives requises par ces mêmes structures, alors qu’en haut lieu, on ne cesse de tout entreprendre pour alléger ces mêmes procédures.
Et, au besoin, permettre à l’usager de s'en servir éventuellement contre les «terroristes» du guichet, lesquels ont beaucoup de facilités à continuer de «sévir» particulièrement envers de pauvres vieilles personnes, analphabètes de surcroît.
Conséquence prévisible : le «vivre ensemble en paix» sur notre méridien, au lieu du plaisir qu’on serait en droit d’en attendre, est, de façon récurrente, devenu un véritable supplice...                                   
La solution ? Ou plutôt les solutions, car il y’en a au moins une, après tout : c’est, pour l’heure, sensibiliser certes, sévir au besoin.
Mais c’est surtout, surtout, apprendre d’ores et déjà à nos enfants, en de très courtes séances quotidiennes, les premiers rudiments de ce qu’on appelle communément la discipline, la rigueur, l’intérêt général bien compris dans tout ce qu’ils vont entreprendre quand ils seront adultes.
Cet apprentissage-là, seule l’école, une école normée, car réhabilitée dans ses fondements modernes, universels, peut l’assurer.
Pour peu, bien entendu, que les charlatans de tous bords, embusqués H/24 car c’est là leur seul fonds de commerce, ne viennent pas entre-temps saborder tout ce qu’elle entreprendrait dans ce bon sens. 
Kamel Bouslama

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